Le ministre algérien des Finances confirme l'obligation des importateurs de s'associer avec un local
Karim Djoudi, ministre des Finances (photo DR)
ALGERIE. Le ministre des Finances, Karim Djoudi, a annoncé le 29 mai 2009, sur les ondes de la radio algériennes que l’Algérie avait le plus faible taux de pression fiscale de tout le bassin méditerranéen. « Ce taux continuera à être réduit tant que cela sera possible » a-t-il poursuivi.
Le premier argentier du pays a confirmé la décision gouvernementale imposant à toute société importatrice étrangère d’intégrer, d’ici au premier janvier 2010, un partenaire algérien à hauteur de 30%. Cela permet, selon lui, aux pouvoirs publics de réaliser une sorte d’écrémage sur la rente commerciale, qui n'entraîne pas une activité de production. Revenant sur la croissance vertigineuse du montant des importations, ces dernières années, Karim Djoudi déclarera : « En 2008, l’Algérie a été importatrice de 37,7 mdS de dollars de biens et de 11 mds de dollars de service. Nous avons besoin qu’une production qui vienne se substituer à ces importations. Nous avons besoin de développer une industrie qui va graduellement devenir exportatrice. » Le rapport aujourd'hui défavorable à l'Algérie entre les devises doit aussi évoluer pour le ministre. Entre les devises qui sortent et celles qui rentrent, l’Algérie devra avoir un plus, les projets viseront à créer une dynamique de substitution aux importations. Pour M. Djoudi, « cette mesure rentre dans la logique de protection de nos grands équilibres internes et externes. » La convertibilité du dinar en capital est qualifiée de dangereuse
Karim Djoudi a rappelé que le taux de change du dinar est à l’équilibre ou proche de l’équilibre, de l’avis même du FMI.
Rappelant « que le taux de change est un élément clef entre nous et le reste du monde et qu’il peut constituer un élément stabilisant mais également un élément déstabilisant », il indiquera que « le débat sur la convertibilité ou d’élargissement du champ de convertibilité du dinar vers des opérations en capital est un débat extrêmement dangereux dans une économie qui n’a pas assis au moins trois critères fondamentaux que sont la diversification de ses revenues internes et externes, la stabilisation de son cadrage macroéconomique durant de nombreuses années et une parfaite confiance des agents détenteurs du dinar dans leurs monnaie nationale. » La privatisation des banques publiques n'est plus à l'ordre du jour pour cause de crise mondiale
En ce qui concerne la privatisation des banques publiques, le ministre expliquera que le marché international étant des plus incertains, crise financière oblige, il s’avère difficile de savoir ce qu’il y a réellement dans le bilan des banques.
Il y une crise de confiance et les experts se demandent si les banques ont été suffisamment transparentes en matière de pertes. Il en conclura que « nous ne sommes pas dans un contexte de privatisation. Toutefois, si demain le contexte devait s’améliorer et que la privatisation soit de nouveau à l’ordre du jour, la logique que nous avons développée accorderait une majorité algérienne. » Le marché algérien des assurances est prometteur
Le marché algérien des assurances a connu une croissance de plus de 20% avec un taux de pénétration de moins de 1%, ce qui en fait un marché prometteur.
D’autant que l’offre de service n’est pas suffisamment développée avec un point pour 28 000 habitants. En matière d’assurance toujours, Karim Djoudi précisera que le contentieux avec les compagnies françaises a été réglé et qu’elles peuvent désormais accéder au marché algérien, selon les conditions que fixe l’autorité du marché. Il annoncera que la MACIF a passé un accord avec la SAA en vue de constituer une filiale d’assurances individuelles et qu’il existe d’autres demandes d’agréments, dont celle de la compagnie AXA. Enfin et concernant le problème de l’endettement bancaire des ménages en matière de crédits à la consommation, il indiquera qu’il s’élève à 70 MDS de dinars. Amal Belkessam, à ALGER
Vendredi 29 Mai 2009
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