partager partager

Le marché marocain de l’assurance est appelé à doubler d’ici à 2015

Le contrat programme du secteur de l’assurance devrait permettre de doubler la taille du marché d’ici 2015, notamment en étendant l’obligation d’assurances. L’automobile, la santé et la retraite bénéficient de belles perspectives.


Circulation à Casablanca (photo Christelle Marot)
Circulation à Casablanca (photo Christelle Marot)
MAROC. Avec 21,8 milliards de dirhams (1,9 mrd €) de primes émises en 2010, le Maroc est le deuxième plus gros marché d’assurances sur le continent africain, derrière l'Afrique du sud.

« L’industrie de l’assurance au Maroc s’inscrit dans la démarche Solvency II. Au niveau du contrôle interne et de la maîtrise des risques, il s'agit du seul marché arabe et africain à ce niveau », affirme Bachir Baddou, directeur général de la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR).

Avec chacune 30% du chiffre d’affaires du secteur, l'automobile et l’assurance vie sont au coude à coude.

Le secteur, qui compte seize assureurs et un réassureur, est dominé par Wafa Assurance (20,6% des parts de marché), filiale d’Attijariwafa bank, et par RMA Watanya (20,3%), filiale du groupe industriel et financier Finance Com, suivis de CNIA Saada (13,6%), Axa Assurance Maroc (13,6%), Sanad (5,6%) et Atlanta (5,4%).

Le pays compte 1 600 agents généraux et courtiers.

Contrat programme 2011-2015

Siège de Wafa Assurance (DR)
Siège de Wafa Assurance (DR)
« Le taux de pénétration de l’assurance au Maroc, environ 3% du PIB, reste dans la moyenne des pays émergents. Ce marché croît aujourd’hui autour de 5-6% par an, plus vite que le reste de l’économie, souligne Jean-Charles Freimuller, directeur de Wafa Assurance. Les besoins de sécurité pour accompagner le développement de l’économie apparaissent vastes, tant au niveau des entreprises que des particuliers, mais aussi au niveau des grands chantiers d’avenir, comme les autoroutes, les ports, les énergies renouvelables ».

Tirée par le contrat programme 2011-2015 signé entre les pouvoirs publics et les compagnies d’assurances, cette industrie s’attend ainsi à doubler de taille d’ici quatre ans.

L’extension de l’obligation d’assurance devrait constituer l’un des principaux leviers.

Parmi les nouveautés : la responsabilité civile habitation. L’obligation de garantie sera également étendue aux constructions, aux établissements recevant du public, aux établissements scolaires et aux professions à risque (chirurgiens, architectes, etc.).

L’assurance maladie devrait également être généralisée, à destination des indépendants et professions libérales. D’autres assurances verront le jour pour couvrir les risques naturels, les aléas climatiques et les inondations.

Refonte du système de retraite

« Mais les meilleures perspectives résident dans l’assurance automobile », assure le directeur de Wafa Assurance.

Au Maroc, le taux de motorisation atteint seulement 7 voitures pour 100 habitants. Il est le double en Turquie et en Algérie. Le développement des infrastructures routières, l’accès au crédit à des taux raisonnables et la baisse du prix des véhicules favorisent l’accessibilité.

D’autant que la plupart des voitures sont assurées en responsabilité civile et rarement contre les dommages matériels. Un créneau porteur, dans lequel Wafa tente d’innover, en proposant Wafa Drive, un produit pour l’indemnisation rapide des sinistres, à un coût très raisonnable : 1 dirham par jour pour s’assurer contre le dommage collision à hauteur de 18 000 dirhams (1 600 €).

Jusqu’à présent, plutôt tourné vers l’automobile justement, le groupe AXA Maroc prévoit, lui, de s’orienter vers les entreprises, notamment les PME-PMI, mais aussi vers la prévoyance et la retraite.

La refonte du système de retraite, en cours de discussion, devrait effectivement voir une participation plus large des assureurs. Le régime de répartition ne pouvant suffire seul à garantir une retraite convenable au plus grand nombre.

« Nous visons 10% de croissance par an au cours des cinq prochaines années. Un objectif que nous devrions atteindre grâce à une meilleure exploitation de notre portefeuille, au doublement de la taille du réseau, et bien sûr aux retombées du contrat programme », indique Michel Hascoet, directeur général d’Axa Assurance Maroc.

Avec ce contrat programme, au final, 200 milliards de MAD (17,7 mrds €) devraient être placés sur le marché financier en 2015, contre 102 milliards en 2010.

Les assureurs détiennent aujourd’hui 30% environ des placements de la bourse de Casablanca.

Voir l'ensemble du dossier l'Assurance au Maghreb


Christelle Marot, à CASABLANCA


Vendredi 7 Octobre 2011



Lu 1854 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.