Le marché automobile italien déprime
L'industrie automobile méditerranéenne n'échappe pas à la crise. Tous les pays la subissent de plein fouet, mais le soutien de l'Etat (et aussi de la BEI pour les Européens) limite la casse. Primes pour favoriser le changement de voiture, aides directes aux constructeurs, baisses momentanées de TVA, les parades jouent bien leur rôle.
En Italie, le marché patine. Le groupe Fiat envisage des partenariats industriels avec ses concurrents.
Le Lingotto, siège du groupe Fiat à Turin (Photo Groupe Fiat)
ITALIE. Le marché automobile transalpin a attaqué l’année 2009 comme il avait fini 2008: patraque. En janvier, les immatriculations de voitures neuves ont chuté de 32,6% (en moyenne annuelle), obligeant le gouvernement Berlusconi à dégainer en urgence un plan de relance début février. Comme en France et en Allemagne, l’une des mesures phares de cet arsenal anti-crise est une prime à la casse d’un montant de 1 500 euros pour les Italiens acceptant de troquer leur véhicule de plus de dix ans pour un modèle neuf moins polluant. Ce coup de pouce a immédiatement produit son effet. En février 2009, les transalpins ont retrouvé le chemin des concessionnaires. Les commandes de véhicules neufs ont progressé de 4% par rapport à février 2008 (220 000 contre 213 000). Ce regain a permis de ralentir le déclin du marché, la baisse du volume des ventes sur un an n’étant plus que de -24,4% contre - 2,6% un mois plus tôt.
Rebond des ventes en février
Le groupe Fiat (marques Fiat, Alfa Romeo & Lancia) a été l’un des principaux bénéficiaires de ce redémarrage. Premier employeur privé du pays avec 78 000 salariés, la firme turinoise a vu ses ventes bondir de 50% en février par rapport à janvier et de 30% par rapport à la même période de 2008. Ce boom a profité en premier lieu aux véhicules fonctionnant avec du méthane (gaz naturel pour véhicules, GNV) dont les ventes ont été multipliées par cinq en un mois. Ce retour de la demande a permis au constructeur de suspendre les mesures de chômage partiel qu’il avait prévu d’imposer à 8 200 ouvriers de ses chaînes de montage.
Gel des investissements
Le succès de la nouvelle Fiat 500 peine à masquer la crise (Photo Groupe Fiat)
Malgré cette embellie, la santé du constructeur transalpin reste précaire. Fin janvier 2009, en présentant les résultats 2008 du groupe, le patron de Fiat Sergio Marchionne reconnaissait que le constructeur traversait "l’une des pires périodes de son histoire". En dépit du succès de la nouvelle Fiat 500, nombre de clignotants restent au rouge au Lingotto, siège turinois du groupe. En cinq ans, son endettement s’est encore gonflé de 11%, atteignant le chiffre stratosphérique de 5,9 mds€. Ce boulet a obligé le constructeur à effectuer des coupes sombres dans son budget . En 2009, ses dépenses d’investissement vont fondre de 20% (de 5 à 4 mds€). Cette cure d’austérité va le conduire à geler son programme de lancement des nouveaux modèles, dans l’attente des jours meilleurs.
Alliances industrielles
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