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Le gouvernement syrien alterne carotte et bâton


Le jeu de dominos se poursuit. Après la Tunisie, l'Egypte et la Libye, la Syrie pourrait bien être le 4eme pays Arabe en révolution. Tout en organisant une répression meurtrière, le président Al-Assad promet des réformes pour calmer la contestation.



Les manifestations gagnent Damas. Photo DR.
Les manifestations gagnent Damas. Photo DR.

SYRIE. Sale temps pour les dictateurs. Comme ses homologues tunisiens, égyptiens, yéménites ou encore libyens, le président de la Syrie Bachar Al-Assad gardera un mauvais souvenir de ce début d'année 2011.

 


La contestation gagne progressivement toutes les villes de Syrie, s'étendant de Deraa à une dizaine d'autres villes, alors que la répression reste toujours aussi violente. Les manifestations de vendredi 25 mars ont fait une dizaine de morts rien qu'à Sanamein. Le bilan sur l'ensemble du pays pourrait être beaucoup plus lourd.



20.000 manifestants avaient déjà crié leur colère jeudi 24 mars au cimetière de Deraa, une ville située au sud de la Syrie, où ils enterraient plusieurs dizaines de victimes de la sanglante répression qui a frappé une manifestation organisée la veille. Les forces anti-émeutes avaient alors tiré à balles réelles dans le cortège, faisant une cinquantaine de morts. Jeudi les kalachnikov n'ont pas craché la mort, mais la situation apparaît extrêmement tendue. «Le sang des martyrs ne sera pas versé en vain» hurlait la foule, qui demande la fin de la corruption et plus de libertés. Le 15 mars, les premières manifestations de ce printemps syrien avaient ainsi donné lieu à plus de 800 arrestations.


48 ans d'état d'urgence

La Syrie vit sous état d'urgence depuis 48 ans, sous la botte d'un parti Baas qui contrôle tous les rouages du pays et de la redoutable police secrète, le Mukhabarat. Bachar Al-Assad accumule les « casseroles » depuis sa prise de pouvoir en 2 000 : il est soupçonné d'être le commanditaire de l’assassinat du libanais Rafic Hariri et de soutenir aux cotés de l'Iran plusieurs groupes terroristes. La famille Al-Assad ne craint pas faire verser le sang : en 1982, sous le présidence du père de Bachar Al-Assad, 20 000 sympathisants des Frères musulmans avaient payés de leur vie leur volonté de changement.



Comme pour la Tunisie ou l'Egypte, les pays occidentaux se sont jusqu'à présent satisfaits de cette chape de plomb qui pèse sur 22 millions de Syriens, garantissant une stabilité appréciable pour les milieux d'affaires. La Syrie a ainsi annoncé dernièrement qu'elle prévoyait de capter 55 milliards de dollars d'investissements étrangers dans les cinq prochaines années, notamment en s'appuyant sur des privatisations qui ont fait la fortune du cousin de Bachar el Assad, Rami Makhoulf.


promesses

Les manifestations actuelles tombent donc très mal. Bachar Al-Assad, semble vouloir alterner carottes et bâtons pour conserver son pouvoir. Un de ses conseiller a annoncé le jour même des enterrements l'augmentation immédiate de 30% des salaires des fonctionnaires, la création d'une commission chargée de préparer la levée de l'état d'urgence et la mise en place d'une nouvelle législation moins liberticide en matière politique et de liberté de la presse. Des mesures anti-corruption ont également été promises.



Un pas en avant qui apparaît pour beaucoup trop tardif pour calmer une population désireuse d'imiter l'exemple de ses cousins arabes. Il ne s'agit plus aujourd'hui de demander quelques réformes, mais d'exiger un changement radical.



Gérard Tur


Vendredi 25 Mars 2011



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