partager partager

Le gouvernement marocain "vole" au secours de Royal Air Maroc


Royal Air Maroc va pouvoir repartir sur de nouvelles bases (photo F.Dubessy)
Royal Air Maroc va pouvoir repartir sur de nouvelles bases (photo F.Dubessy)
MAROC. L’État va accompagner Royal Air Maroc (RAM) dans son programme d'investissement et de restructuration de 9,3 mrds de dirhams (800 M€) à hauteur d'une contribution de 1,6 mrd de dirhams (145 M€) durant la période 2011-2016. Jeudi 22 septembre 2011, en présence des ministres de l’Économie et des Finances, de l’Équipement et des Transports, le chef du gouvernement, Abbas El Fassi, et Driss Benhima, Pdg de la RAM s'entendaient sur les termes de l'accord.

Driss Benhima a souligné les difficultés subies par Royal Air Maroc notant "un environnement fortement concurrentiel, avec un trafic qui est passé de 3 à 6,5 millions de passagers et un taux des passagers en continuation qui est passé de 5 % à 40 %" ainsi que par le renchérissement des prix du carburant et la stagnation du trafic aérien. Royal Air Maroc résiste tout de même puisqu'elle devient cette année deuxième compagnie d’Afrique par son chiffre d’affaires et troisième par le nombre de passagers.

Selon, Driss Benhima, le contrat-programme "reflète les ambitions du gouvernement et définit les engagements et les aspirations du transporteur marocain, qui occupe une position pionnière au niveau africain".

De son côté, le ministre de l'Économie et des Finances, Salaheddine Mezouar, a souligné "l'importance de cet accord qui accompagne les aspirations nationales en matière de transport aérien et ses objectifs stratégiques tendant à faire de Casablanca un axe stratégique de transport aérien et un pôle africain en la matière".

Le contrat détaille les engagements respectifs de l’État et de la RAM afin de réadapter la compagnie nationale à la libéralisation du ciel marocain. Il s’agit d’arriver en 2015 à une flotte moderne de trois ou quatre types d’avions au lieu de six précise le communiqué du RAM.

Le contrat prévoit également de permettre à la compagnie d'honorer ses engagements financiers, d'optimiser le réseau, la qualité de service et de réduire ses charges d'environ 1 mrd de dirhams (89 M€), de mettre à disposition des infrastructures aéroportuaires adaptées à Casablanca et productives.

Un plan de restructuration drastique

Des objectifs ne pouvant se faire sans plan de restructuration. L'entreprise vise à se séparer de dix appareils (quatre Airbus A321, cinq Boeing B737-500 et un B767), mais aussi de recevoir d’ici fin mars 2012 deux B737-800. En ramenant la nouvelle flotte de la compagnie marocaine (46 appareils) à un âge inférieur à cinq ans, les coûts d’exploitation et de maintenance seront réduits et permettront de diminuer le coût par siège de 20%. 

La vente de billets par Internet convainc l'entreprise de fermer des points de vente. En France par exemple, il ne devrait en rester que deux à Paris et Marseille. Mais le Maroc est aussi concerné, les villes de Casablanca et Rabat disposeront d’un seul point de vente chacun.

En outre, la RAM a lancé le 19 août 2011 un plan de départs volontaires de 1 560 employés sur deux ans. À la fin du mois, elle n’avait enregistré que 535 demandes. Afin d'accélérer les demandes de départ, l'accord vise à renforcer "l'accès à une retraite convenable pour tous les agents âgés de 45 ans et plus". La compression du personnel va s’étendre aux représentations commerciales.

Enfin, certaines lignes jugées non rentables seront supprimées vraisemblablement des lignes secondaires qui ne transitent pas forcément par le hub de Casablanca, soit des vols moyen-courriers.

Ce nouveau programme devrait donc exclure, normalement, toute privatisation pendant la durée du Contrat Programme.


Astrid Jousset


Vendredi 23 Septembre 2011



Lu 4088 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.