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Le gouvernement libanais se donne 48 heures pour résoudre la crise de l'EDL




Kamal el-Hayek, directeur général de l'EDL. (crédit EDL website)
Kamal el-Hayek, directeur général de l'EDL. (crédit EDL website)
LIBAN. Depuis des mois, l'institution de l’Électricité du Liban connaît des mouvements de protestation de la part des journaliers de l'entreprise. La situation s'aggrave depuis ces derniers jours, avec une escalade de la violence et des manifestations sur l'ensemble du territoire. Le gouvernement se donne 48 heures pour agir.

Au cœur du problème, le non paiement par l’Électricité du Liban (EDL) des salaires de mai et juin 2012 des employés journaliers. Déjà, depuis plusieurs mois, de vives tensions apparaissaient au sein de l'institution concernant le statut de ces journaliers, qui réclamaient d'être cadrés.

Or, l’Électricité du Liban renvoie la balle pour le paiement des salaires à un groupe de trois entreprises privées. Dans le quotidien l'Orient le Jour, un responsable de l'EDL déclarait que le paiement des salaires ne constituait plus désormais "une prérogative de l'institution", mais de ces trois entreprises privées. Celles-ci ont remporté un appel d'offre lancé par l'EDL pour la prise en charge du réseau de distribution de l'électricité.
Un argument dénoncé par ces trois entreprises, déclarant dans un communiqué que "contrairement à tout ce qui a été dit et entendu dernièrement, nous n'avons reçu aucune somme de la part de l'EDL".

Les journaliers décidaient donc d'entrer en grève, en bloquant l'accès aux différents bureaux de l’Électricité du Liban, ainsi qu'au siège, dans le quartier de Mar Mikhail. Des tentes se dressaient dans l'enceinte du siège et des grévistes s'y relaient en permanence, empêchant l'accès au site aux employés cadrés, mais aussi aux citoyens.

Lundi 16 juillet 2012, la grève tournait à l'affrontement, causant plusieurs blessés, à la suite de clashes entre grévistes, citoyens en colère et forces de sécurité. Dans le reste du pays aussi, les grévistes bloquaient les bureaux de l'EDL et coupaient parfois des routes et brûlait des pneus. Certains grévistes entamaient même une grève de la faim.

Cette situation découle de longs mois de protestation de la part des journaliers de l'EDL. Dans un premier temps, ceux-ci réclamaient d'être cadrés, une revendication qui a finalement donné lieu à un vote du Parlement libanais, début juillet. Le projet de loi accordait aux journaliers une embauche sur la base d'un temps partiel, mais les députés chrétiens, craignant un déséquilibre confessionnel au sein de l'institution ne votaient pas le texte.

Le patron d'EDL tire la sonnette d'alarme

La crise de l'EDL, qui paralyse depuis plusieurs mois l'institution, mais aussi la perception des factures et la bonne maintenance des réseaux, a connu lundi 16 juillet 2012 un nouveau rebondissement.

Le directeur de l'institution, Kamal el-Hayek, soulevait la menace d'un effondrement pur et simple de l'EDL si une solution n'était pas trouvée rapidement. "EDL va s’effondrer si les journaliers ne mettent pas fin à leur mouvement de protestation", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse. "Les manifestations entravent les travaux de maintenance et empêchent les citoyens de régler leurs factures", ce qui pourrait aussi compromettre le paiement des salaires des employés de l'EDL pour le mois d'août.

Mardi 17 juillet 2012, Kamal el-Hayek rencontrait le ministre de l'Intérieur, Marwan Charbel. Ce dernier demandait de lui laisser 48 heures pour résoudre la crise. "Nous espérons que (la crise) sera résolue, dans le cas contraire nous aurons une autre réunion et nous annoncerons les mesures nécessaires", déclarait Marwan Hayek au sortir de la réunion.

Pendant ce temps, les Libanais restent soumis quotidiennement au rationnement du courant, avec pour Beyrouth intra-muros, trois heures de coupure par jour, tandis que la banlieue et le reste du territoire souffrent de coupures de dix à douze heures par jour. Une situation de plus en plus mal vécue par les Libanais, contraints de recourir à l'usage de générateurs, occasionnant encore des frais supplémentaires.




Mercredi 18 Juillet 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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au groupe d’analyse
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