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Le gouvernement grec au pied du mur de la dette

Plombée par une dette colossale et un déficit public désormais évalué à 12,7% du PIB, la Grèce doit s'engager dans un plan de redressement exceptionnel. Le nouveau gouvernement socialiste cherche désormais à convaincre l'Europe de sa volonté de réforme mais il devra aussi se battre en interne pour faire passer des mesures difficiles pour sa population.


Le premier ministre grec devra convaincre ses partenaires nationaux et internationaux (Photo DR)
Le premier ministre grec devra convaincre ses partenaires nationaux et internationaux (Photo DR)
GRECE. Grève générale jeudi 17 décembre 2009, baisse de la notation financière par l’agence Standard & Poor’s mercredi 16 décembre huit jours seulement après une même dégradation par Fitch Ratings, la Grèce vit des jours difficiles. Et le nouveau gouvernement socialiste peine à convaincre banques et investisseurs internationaux de ses capacités à assainir les finances publiques.

Désigné comme le mauvais élève de la zone euro sur laquelle il fait peser la menace d'une grave crise,  le pays est plombé par une dette de 300 mds€ - 113% de son Produit intérieur brut (PIB) - les analystes estimant même qu’elle pourrait représenter jusqu’à 130% du PIB d’ici quelques années. Quant au déficit public, il atteint 12,7% du même PIB, un chiffre récemment doublé par le gouvernement ce qui a contribué à accentuer la défiance des marchés financiers à l'égard de la Grèce.

Jeudi 17 décembre, le ministre des Finances George Papaconstantinou a évoqué un projet de privatisations qui pourrait rapporter quelques 2,5 mds€ à la Grèce. Cette annonce faisait suite à la présentation par le Premier ministre Georges Papandréou d’un plan de redressement de l’économie destiné à rassurer ses partenaires européens et qui, assure-t-il, doit permettre de ramener le déficit à moins de 3% du PIB en 2013, à un rythme annuel de -2% à partir de 2011.

Une bataille contre de vieilles habitudes

Dans ses grandes lignes, le projet prévoit une cure d’austérité pour la fonction publique afin d’en réduire le coût de 10% ou encore de supprimer les bonus dans les banques publiques et de taxer lourdement ceux des banques privées.

La bataille ne se jouera pas «contre les salaires» mais contre l'évasion fiscale, l'économie immergée, la «corruption systémique» et la mauvaise gouvernance, a indiqué le Premier ministre grec qui rejette toute idée de faire appel au Fonds monétaire international (FMI).

Ce volontarisme a été salué par Bruxelles qui attend toutefois des explications plus concrètes et les mesures détaillées qui assureront une consolidation rapide des finances publiques. Ce sera pour le mois de janvier 2010 avec la présentation du programme national de stabilité que la Commission européenne passera alors au crible.

D’ici là, le gouvernement devra convaincre ses partenaires politiques et sociaux de le soutenir dans sa quête d’une plus grande orthodoxie financière et des efforts qui pèseront sur les salaires et l’emploi. Ce ne sera pas le plus facile.


Fanny Llorca


Jeudi 17 Décembre 2009



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