Le gouvernement espagnol met les banques au régime
ESPAGNE. Les nouvelles menaces de récession que le Fonds Monétaire International a laissé planer ces jours-ci sur l'économie espagnole confortent Mariano Rajoy dans sa volonté d'accélérer sa réforme du secteur bancaire.
Une nouvelle réforme visant à assainir un milieu toujours fragile, malgré les nombreux efforts -et les milliards d'euros- consacrés à cette restructuration, dont l'un des plus lourds tributs restera le prix du sauvetage de la CAM, soutenue à hauteur de 5,8 mrds€ par un fonds de garantie de l’État, et cédée pour un euro symbolique à Banc Sabadell. Bien décidé à trouver une solution à long terme avant l'été 2012, le chef du gouvernement espagnol a donc montré le cap de sa nouvelle réforme : une concentration plus forte du secteur bancaire, avec à la clé la réduction d'au moins 20% des effectifs et du nombre d'agences ! Il faut rappeler que, depuis 2008, le regroupement des caisses d'épargne espagnoles a déjà contribué à faire disparaître 10 000 emplois, et a provoqué la fermeture de 2 600 agences. Pour inciter les acteurs bancaires à s'engager dans cette nouvelle « cure d’amaigrissement », Mariano Rajoy veut durcir les exigences de trésorerie ; notamment en ce qui concerne les investissements immobiliers, avec l'obligation dans ce cas de provisionner au moins 30% de la valeur des biens. Dès le mois de février 2012, le parlement espagnol doit aussi adopter une loi obligeant les banques et caisses d'épargne du pays à financer à hauteur de 50 mrd€ -d'ici 2013- la dévalorisation des crédits hypothécaires et des actifs immobiliers. Ces mesures doivent inciter les entités bancaires à se regrouper au plus tôt. Ce qui ouvre par conséquent des opportunités de croissance pour les plus grandes banques espagnoles : Santander, BBVA et CaixaBank. Les premières annonces de regroupements sont attendues pour le printemps 2012. Francis Mateo, à BARCELONE
Mardi 24 Janvier 2012
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