Le gouvernement algérien tente de mettre fin à la révolte des jeunesLes affrontements entre groupes de jeunes et forces de police se sont poursuivis dans l’après-midi du 8 janvier 2011 puis dans la nuit qui a suivi dans différents quartiers de la capitale ainsi que dans la majorité des villes et villages du pays. Le bilan provisoire, le 9 janvier 2011, est de 3 morts, 826 blessés et plus de 1 000 arrestations. Sur le plan politique, le gouvernement a dénoncé une tentative de déstabilisation politique tout en annonçant une série de mesures destinée, selon lui, à faire baisser les prix.
ALGÉRIE. La révolte de la jeunesse algérienne se poursuit désormais depuis le mardi 4 janvier 2011.
Le bilan officiel annoncé le 8 janvier 2011 par le ministre de l’Intérieur fait état de 3 morts. Deux jeunes ont été tués par des balles de la police, l’un à Aïn Hadjel (wilaya de M’Sila située au Sud-Est d’Alger) et l’autre à Bousmaïl; dans la wilaya de Tipasa. Un cadavre non identifié a par ailleurs été retrouvé brûlé dans un hôtel incendié à Tidjellabine (Est d’Alger). Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur, a également annoncé que 763 policiers et 63 protestataires avaient été blessés alors que plus de 1 000 personnes ont été arrêtées. Des jeunes interpellés ont commencé à passer devant des juges d’instruction. Aucune estimation officielle des dégâts matériels n’a encore été donnée, mais il ne fait pas de doute qu’ils soient considérables : institutions étatiques (mairies, centres postaux, établissements scolaires…), magasins, voitures… Les médias publics autorisés à communiquer
Les services du Premier ministre ont annoncé une série de mesures à caractère économique (photo DR)
Après avoir totalement passé sous silence, les deux premiers jours, la révolte qui gagnait rapidement l’ensemble des villes et villages du pays, le gouvernement a fini par autoriser les médias publics (télévisions, radios et journaux) à communiquer.
Les Algériens, de leur côté, s’informent depuis très longtemps sur les chaînes de télévision étrangères (El Djazira, France 24, Médi 1…) et communiquent par internet (You tube, blogs, messages…) ou par téléphone portable. Le blocage, dans l’après-midi et la soirée du 6 janvier 2011, des SMS n’a pas entravé outre mesure les communications. L’envoi des SMS était à nouveau possible le 7 janvier 2011 au matin. Mesures en faveur des importateurs et distributeurs
Les affrontements entre groupes de jeunes et forces de police se sont poursuivis dans l’après-midi du 8 janvier 2011 (photo archives DR)
A la suite d’un Conseil interministériel tenu dans la journée du 8 janvier 2011, les services du Premier ministre ont annoncé une série de mesures à caractère économique destinées à provoquer une baisse des tensions inflationnistes sur certains produits de base (huile, sucre…) et un retour à la normale sur le plan social.
Avec « l’accord du chef de l’Etat », le Conseil a exceptionnellement décidé d’exonérer temporairement (jusqu’au 31 août 2011) le sucre roux et les matières de base entrant dans la fabrication des huiles alimentaire des droits de douane (5%), de la TVA (17%) et de l’impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS). Ce dernier est de 19% pour les activités de production et de 25% pour celles de la distribution. En échange de ces exonérations qu’il évalue à 41% du prix de revient de ces produits, «le gouvernement attend des producteurs et des distributeurs d’en répercuter, en urgence, les effets sur les prix de vente aux consommateurs.» Remise en cause du « quasi monopole sur le marché local du sucre »
Affirmant sa détermination à mettre un terme à une situation de « quasi monopole sur le marché local du sucre », le gouvernement a décidé d’exonérer, toujours à titre exceptionnel et temporaire (du 1er janvier au 31 août 2011), les « droits de douane et de la TVA exigibles à l’importation du sucre blanc. »
Au cours de la même période, les pouvoirs publics annoncent qu’ils définiront, en concertation avec les importateurs et grossistes, «un système de stabilisation permanente des prix du sucre et des huiles alimentaires» afin de se prémunir contre les effets des fluctuations de prix sur le marché international. Enfin, le gouvernement interdit aux producteurs de sucre et d’huiles alimentaires d’exiger des grossistes le règlement par chèque, cette mesure ne devant entrer en application qu’au début du mois d’avril 2011. De même met-il en garde les mêmes producteurs contre la tentation d’imposer aux grossistes distributeurs une documentation nouvelle en lieu et place des pouvoirs publics ou de définir des délais excessifs en matière de livraison des produits de base. Reste à savoir si ces mesures seront à même de ramener les prix de l’huile et du sucre à des niveaux moins élevés et de désamorcer la contestation violente de la jeunesse. Lire aussi: Après la Tunisie, la révolte sociale gagne l’Algérie Le climat social se détériore en Algérie Amal Belkessam, à ALGER
Dimanche 9 Janvier 2011
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