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Le gouvernement algérien soutient de grandes entreprises publiques

La Société nationale des véhicules industriels (SNVI) reçoit 22 mds de dinars de commande et se prépare à l’ouverture de son capital. C'est l'un des multiples contrats signés par de grosses entreprises publiques avec l'Etat algérien.


Le ministère de l'intérieur principal client de la SNVI (photo DR)
Le ministère de l'intérieur principal client de la SNVI (photo DR)
ALGERIE. Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales vient de passer plusieurs contrats avec de grosses entreprises publiques algériennes, pour un montant dépassant les 40 mds de dinars.

Le premier a été signé avec la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) à Rouiba, à l’ouest d’Alger. Il porte sur la fourniture de 2 870 camions de nettoiement, d’hygiène et de salubrité destinés à la collecte des ordures ménagères au niveau des communes.

Ce même contrat, d’un montant de 22 mds de dinars financé sur le Fonds commun des collectivités locales, prévoit l’achat de 300 minicars chargés d’assurer le transport scolaire des écoliers sur l’ensemble du territoire algérien.

La formation de 1000 agents communaux chargés d’assurer l’entretien et la maintenance, ainsi que la gestion de tous ces véhicules, sera également assurée par la SNVI. L'entreprise publique algérienne s’engage enfin à fournir les pièces de rechange nécessaires, à procurer une assistance technique et à procéder aux réparations de ce parc roulant.

Deux autres contrats ont été passés par le ministère de l’Intérieur avec l’Entreprise nationale de matériels de travaux publics (ENMTP). Le premier prévoit l’acquisition de 1 840 engins de travaux publics, et le second concerne l’achat de 585 tracteurs ainsi que 2 094 matériels d’accompagnement, le tout pour une enveloppe de 18,23 mds de dinars.

Effets positifs sur l'emploi

Ce n’est pas la première fois que le ministère de l’Intérieur passe commande auprès d’entreprises publiques industrielles.

En 2005 déjà, 1 300 minicars avaient été achetés à la SNVI. Les ministères de la Défense et de l’Enseignement supérieur ont également contracté des marchés avec la SNVI.

L’Etusa (Entreprise de transport urbain et suburbain d'Alger) a en revanche préféré importer des bus plutôt que de les commander à la SNVI.

Ce nouveau contrat devrait améliorer la situation financière de cet ancien fleuron de l’industrie publique algérienne qui exporte par ailleurs, en Afrique et dans le monde arabe, pour 90 M$.

Il devrait également permettre la création de plus de 500 emplois directs à la SNVI, ainsi que de 500 emplois indirects chez les 400 sous-traitants qui gravitent autour d’elle. En 1999, cette entreprise de mécanique employait plus à 13 000 salariés. Ils sont moins de 7 000 aujourd’hui.

Les effets de ces commandes sont encore plus importants pour l’ENMTP, puisqu’ils représentent 65% du chiffre d’affaires attendu par l’entreprise pour la période 2009-2011.

Une aide de l'Etat pour permettre l’ouverture du capital

Les deux entreprises ne sont pas pour autant sorties d’affaire.

L’endettement de la SNVI à l’égard de l’Etat reste de l’ordre de 60 mds de dinars, alors que son découvert bancaire avoisine les 42 mds de dinars.

Le Pdg de l’entreprise a demandé à l’Etat d’intervenir pour éponger les dettes contractées. Il affirme préparer l’ouverture de son capital.

A noter que le carrossier français BTK détient 60% du capital d'une filiale de la SNVI, la carrosserie de Tiaret, au Sud-Ouest d’Alger.


Amal Belkessam, à ALGER


Lundi 29 Juin 2009



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