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Le coût de la pollution représente jusqu'à 7% du PIB

En publiant un ouvrage complet sur le coût de la dégradation environnementale, la Banque mondiale espère sensibiliser les leaders de la Méditerranée à l'importance économique et sociale de la protection de leur environnement.


La pollution de la mer, un véritable problème pour toute la région Méditerranée (photo BC)
La pollution de la mer, un véritable problème pour toute la région Méditerranée (photo BC)
MÉDITERRANÉE; De 2,1 à 7% du PIB, c’est le coût que représente la dégradation environnementale pour les pays de la région Moyen Orient et Afrique du nord (MENA). Ces chiffres sont au cœur de l’ouvrage (1) publié en juillet 2010 par la Banque mondiale et qui vient d’être officiellement présenté à Marseille à l’occasion de la 4ème Semaine économique de la Méditerranée.

« Notre objectif est de sensibiliser les décideurs sur l’ampleur de la dégradation de l’environnement et de contribuer à l’augmentation des budgets destinés à sa protection », explique Lelia Croitonu, l’une des auteures du livre, elle même économiste de l’environnement au département MENA de la Banque mondiale.

Depuis 2000, l’institution de Washington a engagé une série d’études sur ce thème, d’abord autour de la Méditerranée puis dans d’autres régions du monde. Le principe désormais est bien de mettre en évidence l’impact financier de la dégradation de l’environnement sur la santé, la productivité ou le tourisme par exemple (une côte polluée sera délaissée par les visiteurs) pour mieux faire admettre le coût de sa protection. « La dégradation de l’environnement a des conséquences économiques et sociales majeures qui doivent être au cœur des choix politiques », insiste Gilles Pipien, conseiller pour l’Environnement et le Développement durable pour le département MENA de la Banque mondiale.

Un impact considérable sur le PIB

Le coût de la dégradation environnementale (CDE) dans la région MENA (World Bank)
Le coût de la dégradation environnementale (CDE) dans la région MENA (World Bank)
L’ouvrage de Lelia Croitonu et Maria Sarraf  tente de dresser une vue d’ensemble de la situation dans la région à partir d’études engagées, pays par pays, depuis dix ans autour de cinq thèmes cruciaux : la dégradation de l’eau, la déforestation, la dégradation des terres agricoles, la pollution de l’air et les conflits.

L’impact de ces problèmes environnementaux sur le PIB varie beaucoup d’un pays à l’autre mais le coût de la dégradation de l’eau est un sujet majeur pour l’ensemble de la région qui représente à lui seul de 0,5 (Tunisie) à 3% (Iran) du PIB.

L’ouvrage met aussi en évidence l’impact environnemental de la guerre à l’image de ce qui s’est passé entre juillet et août 2006 au Liban. « Ces trente jours de conflit ont eu un impact environnemental considérable, estimé à 3,5% du PIB annuel, essentiellement en raison de la marée noire qui a suivi le bombardement d’une centrale électrique et de la quantité de déchets de démolition », remarque Lelia Croitonu.

1 md$ de plus en 10 ans pour protéger l'environnement

Selon elle, les études de la Banque mondiale sur le coût de la dégradation environnementale ont permis de contribuer à la hausse de 1 md$ (765,5 M€) des budgets pour la protection de l’environnement dans la région MENA. Des pays se sont également engagés dans des réformes à l’image du Maroc et de ses programmes nationaux sur les eaux usées et sur le traitement des déchets solides municipaux. Mais il reste beaucoup à faire et notamment inscrire ce problème à une échelle plus régionale. Car le laisser aller des uns ou des autres a des conséquences sur l’ensemble d’un bassin méditerranéen extrêmement fragilisé.
 
(1) « Le coût de la dégradation environnementale : Etudes de cas dans la région Moyen Orient et Afrique du Nord  »  
  
 


Brigitte Challiol


Jeudi 2 Décembre 2010



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