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Le coup de gueule de Hédi Djilani, président du patronat tunisien

Hédi Djilani, président du patronat tunisien, fustige le peu d’intérêt de l’Europe pour son pays et la faiblesse des échanges économiques dans le Maghreb.


Hédi Djilani, président du patronat tunisien
Hédi Djilani, président du patronat tunisien
TUNISIE. Hédi Djilani dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas à en croire les applaudissements qui a salué son intervention du Forum Tunisie-Europe (lire notre article), le 1er décembre 2008 à Tunis.

« Depuis 1995, je suis un acteur du rapprochement entre l’Union européenne et la Tunisie. Cette ouverture a été extrêmement positive. Elle nous a permis de nous remettre en cause. Notre économie n’est pas capable de répondre à toutes les demandes d’emplois de nos jeunes diplômés. Il faut donc attirer ici des IDE (ndlr : investissements directs étrangers) ».

Ce constat fait, le président de l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie et de l’artisanat), n’en oublie pas les critiques. « Je suis déçu par le faible nombre d'IDE réalisés en Tunisie depuis l’accord de libre échange».

Demande d'un visa très long terme

Hédi Djilani réclame haut et fort « la création d’un visa très long terme pour permettre aux entrepreneurs de se rendre plus facilement en Europe. La Tunisie est à la pointe du libre-échange, l’Europe doit plus nous aider ! ».

Le patron des patrons fustige certaines priorités. « Je ne suis pas contre l’Asie mais il faudra dresser le bilan de ce que l’Asie a apporté l’Europe par rapport à ce qu’elle en a tiré. Il faudra également évaluer les risques d’un libre échange total entre la Tunisie et la Commission européenne. On ne peut pas demander à nous citoyens du sud de faire l’effort de nous mettre à niveau pour devenir euro-méditerranéens alors que nos moyens sont dix à quinze fois inférieurs».

Hédi Djilani ne réserve pas ses critiques qu'à l'Europe. Président de l’Union maghrébine des employeurs, il fustige le manque de relations dans cette zone géographique. « Il est anormal que les échanges économiques entre les pays du Maghreb soient nuls. Ils ne représentent que 6% dans mon pays. J’ai honte de ça ! Chaque fois que nous faisons des percées, elles sont sabotées par le pouvoir politique ».


Frédéric Dubessy


Lundi 1 Décembre 2008



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