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Le contrat social algérien malmené


La chute des revenus tirés de la vente des hydrocarbures sur le marché mondial n’a pas amélioré la condition des salariés algériens. Il s’avère toutefois que cette détérioration est antérieure à la dégradation de la conjoncture pétrolière.



Les chômeurs manifestent régulèrement contre la précarité (photo DR)
Les chômeurs manifestent régulèrement contre la précarité (photo DR)
ALGÉRIE. La précarité du salariat algérien progresse à grand pas. A l’occasion d’une rencontre sur les femmes au travail organisée en juin 2015 à Alger par le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest),  Soumeya Salhi, syndicaliste de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), a rappelé que 70% des travailleurs ne sont pas déclarés à la sécurité sociale.

Cet état de fait, qui découle en partie de l’importance de l’économie informelle, menace tout le système de sécurité sociale.

Les femmes salariées ne s'avèrent pas les dernières victimes de cette situation. Profitant de la démocratisation du système éducatif postindépendance, presque la moitié d’entre elles sont titulaires de diplômes universitaires rappelle Soumeya Salhi.

Mais la précarité de l’emploi à travers les différentes formes de travail contractuel font que 84% des femmes occupant des postes de pré-emploi sont des universitaires.

Tendance à la généralisation du Contrat à durée déterminée

Nouredine Bouderba, spécialiste des relations de travail et ancien syndicaliste, abonde dans le même sens. Il rappelle « qu’en Algérie, les CDD représentent plus de 40% de la structure de l’emploi salarié total (80% chez le privé) et il n’est pas rare de trouver des travailleurs en CDD durant dix voire quinze ans grâce aux techniques d’espacement des dates entre deux contrats… »

Rappelant que  le salaire net moyen -des travailleurs du secteur privé algérien- demeure le plus bas du Bassin méditerranéen, Nouredine Bouderba précise que la part des salaires dans la répartition du revenu national est passée de 34,7% en 1993 à 26,1% en 2013 après une chute « au-dessous de la barre des 20% en 1999-2000. Ce ratio s'établit à 36% au Maroc, 37% en Tunisie et dépasse les 50% dans les pays de l’OCDE, atteignant pour certains d’entre eux 75%. »

Cette situation difficile devrait s’accentuer à l’avenir. Un avant-projet de nouveau Code du travail en gestation depuis une dizaine d’années prévoit, selon Nouredine Bouderba, l’octroi aux employeurs de « facilités de licenciement à moindre coût », le droit de prolonger unilatéralement les horaires de travail, de reporter la journée de repos hebdomadaire, de lever « l’interdiction d’affecter les femmes ou les apprentis au travail de nuit »…

L’Algérie n’échappe pas à la dynamique générale de la globalisation

Dans une déclaration à econostrum.info, Rachid Tlemçani, politologue, a estimé que « la plupart des emplois créés ces dernières années sont précaires parce que l'économie algérienne est de type rentier et de bazar et ne crée pas des emplois ayant une valeur ajoutée. La plupart des emplois reste des CDD ».

La précarisation du travail constatée en Algérie conforte la carte du monde établie par l'Organisation internationale du travail (OIT) et en vertu de laquelle 50 à 75% des travailleurs algériens ne disposent pas de contrats de travail permanent. Selon les statistiques de 2014, toujours de même source, ils se trouvaient exactement 76,57% dans ce cas.

Récemment publiés à Genève dans le cadre de l’étude annuelle de l’OIT sur l'emploi, ces chiffres montrent que l'Algérie s'inscrit dans une réalité planétaire : seulement un quart des travailleurs dans le monde bénéficient d'un emploi stable.
Ce rapport qui couvre 180 pays, totalisant 84% de la main d'œuvre mondiale, relève que les trois-quarts de ces travailleurs ont des contrats temporaires ou de courte durée, des emplois informels souvent sans contrat ou des emplois familiaux non rémunérés.

Parmi les travailleurs salariés, moins de la moitié (42%) disposent d'un contrat à durée indéterminée.


Acia Kaci, à ALGER


Mardi 30 Juin 2015



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