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Le changement climatique au coeur des enjeux de la Méditerranée


Face aux changements climatiques, les différents acteurs de la Méditerranée doivent agir ensemble, au Nord comme au Sud, comme le démontre une nouvelle fois la conférence sur la coopération régionale en matière d'énergie et de changement climatique, organisée à Marseille par le Consulat général du Portugal et l’Ocemo avec la collaboration de l’Avitem.



Les politiques doivent prendre des engagements clairs pour que les investisseurs fassent leur travail insiste Teresa Ribeiro (photo F.Dubessy)
Les politiques doivent prendre des engagements clairs pour que les investisseurs fassent leur travail insiste Teresa Ribeiro (photo F.Dubessy)
MÉDITERRANÉE. « Le grand défi reste de lier les priorités et les préoccupations des pays avec les efforts à effectuer au niveau régional, mais aussi au niveau de la planète.» Organisée à Marseille jeudi 18 juin 2015 par le Consulat général du Portugal et l’Ocemo avec la collaboration de l’Avitem, la conférence sur la coopération régionale en matière d’énergie et de changement climatique, dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UpM), s’ouvre sur cette phrase de Teresa Ribeiro, secrétaire générale adjointe pour l’énergie de l’UpM. 
 
Le changement climatique reste encore et toujours au cœur des discussions. Au niveau mondial des objectifs sont posés, mais la Méditerranée « demeure un petit monde à part, un trait d’union entre des pays » commente Joël Guiot, directeur de la fédération de recherche ECCOREV (Ecosystèmes Continentaux et Risques Environnementaux). 

"Nous ne sommes pas responsables des problèmes climatiques mais, nous les subissons. Donc, nous devons être proactifs. Il faut un engagement de tout le monde au Nord comme au Sud, d'où l'importance de la coopération régionale" souligne Saïd Mouline, directeur général de l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique du Maroc (ADEREE). Hugues Ravenel, directeur du Plan Bleu, le rejoint dans cette nécessaire approche holistique de la Méditerranée, dans l'esprit de la Medcop21 qui s'est déroulée à Marseille le 5 juin 2015.

"Les énergies renouvelables sont les énergies de la paix" souligne Saïd Mouline (photo F.Dubessy)
"Les énergies renouvelables sont les énergies de la paix" souligne Saïd Mouline (photo F.Dubessy)
La centrale solaire de Ouarzazate, qui vient de réunir l'ensemble de son financement, demeure un parfait exemple. "D'accord pour construire une centrale solaire mais dans le cadre d'une stratégie qui vise l'indépendance énergétique du pays, l'intégration industrielle créatrice d'emploi, le développement régional et la mobilisation des financements verts. Une approche qui intègre tout le monde pour mobiliser les financements rendant les projets plus rentables. Cela justifie alors un tel projet pour un pays du Sud " commente Saïd Mouline.

Le directeur de l'ADEREE continue à croire au transport de l'énergie entre le Sud et le Nord. "À condition que les règles soient transparentes entre les partenaires, demain, le Sud, peut produire une partie de l'électricité pour le Nord avec le renouvelable. Et le renouvelable, impossible de le couper comme le gaz. Les énergies renouvelables sont les énergies de la paix" conclue Saïd Mouline.

Manque d'engagements clairs des politiques

Hugues Ravenel insiste : "Les besoins existent aussi au Sud" (photo F.Dubessy)
Hugues Ravenel insiste : "Les besoins existent aussi au Sud" (photo F.Dubessy)
Pour Hugues Ravenel, « l’enjeu va au-delà des projets. L’utopie de construire des centrales solaires au Sud pour exporter 90% de la production au Nord n'existe plus. Les besoins existent aussi au Sud. » Mais, ils se heurtent aux financements comme le souligne Teresa Ribeiro : « Les liquidités existent en nombre dans le monde mais les investissements ne sont pas suffisants par manque d'engagements clairs venant des politiques. Les investisseurs ont besoin de signes forts, d'où l'importance de Cop21. »
 
« Les scientifiques ne donnent jamais de certitude, ils essayent de rendre compréhensible leur message » explique Joël Guiot. « Les scientifiques ont besoin d’être appuyés politiquement. Les scientifiques démontrent leurs idées, les politiques choisissent », insiste Teresa Ribeiro. La chaîne se met alors en place et les investisseurs deviennent moins frileux.


Frédéric Dubessy, avec Ludivine Tur


Mardi 23 Juin 2015



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Jeudi 1 Décembre 2016 - 10:48 La Tunisie engrange 14 mrds€ d'investissements


Commentaires

1.Posté par CORNUT le 24/06/2015 15:59
Soyons réalistes et un plus pratiques que ces discours trop détachés des réalités: Il n' a aucune opportunité pour des investissements qui ne seraient pas proches de la rentabilité. Or l'électricité solaire par capteurs cylindro-paraboliques comme la coûteuse centrale de Ouarzazate-phase 1 de 160MWe qui a requis près de 250millions d'Euros de subventions de FDE marocain et de quelques organismes (voir mon commentaire dans l'article sur son financement), n'est pas rentable. Et hélas il y a au Maroc énormément plus de subventions pour le butane (1milliard € par an !) et pour Ouarzazate que pour la transition vers plus d'efficacité énergétique, alors que c'est l'étape nécessaire et primordiale avec la réforme progressive mais déterminée des tarifs et de la fiscalité des énergies.

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avis d'expert

Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
de la Turquie, associée
au groupe d’analyse
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