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Le capital risque tunisien reste trop timide


En dépit de quelques structures dynamiques comme Diva Sicar, le capital risque reste trop limité en Tunisie. Il ne représente que 10% des investissements dans les entreprises et s’apparente la plupart du temps à du capital investissement. Diva Sicar vient de décider de trois investissements dans des sociétés en phase d’amorçage et devrait finaliser une dizaine d’autres projets d'investissements dans les prochains jours.



Aicha Ennaïfar, directrice générale de Diva Sicar, intervient à tous les stades du financement des entreprises, y compris le capital risque (photo C. Apothéloz)
Aicha Ennaïfar, directrice générale de Diva Sicar, intervient à tous les stades du financement des entreprises, y compris le capital risque (photo C. Apothéloz)
TUNISIE. Diva Sicar, la société de capital risque du groupe Tunisie Telecom, est sur le point de réaliser ses premiers investissements. Le comité d’investissement de cette Sicar créée il y a un an vient de donner son feu vert à trois projets. Une dizaine d’autres projets devrait suivre dans les huit jours, nous révèle Aicha Ennaïfar, directrice générale de Diva Sicar, en marge d’un séminaire organisé par Finances & Conseil Méditerranée, à Gammarth, en Tunisie.

Diva Sicar a été créée par Tunisie Telecom pour investir dans les secteurs des technologies innovantes de l’information et de la communication. Cette Sicar ne s’interdit toutefois pas des incursions dans d’autres secteurs, s’ils sont innovants.

Les trois premiers projets d’investissement sont du vrai capital risque. Il s’agit, pour le premier, d’une plateforme d’échange d’informations dans le secteur financier. Celle-ci doit permettre à un client de passer ses ordres d’achat ou de vente d’OPCVM directement via internet. Le projet mobilise un investissement de 700 000 DT auxquels Diva Sicar participe à hauteur de 50 000 DT.

2,5 M€ d'engagements

Le financement des créateurs d'entreprises devient un enjeu économique national (photo F.DUBESSY)
Le financement des créateurs d'entreprises devient un enjeu économique national (photo F.DUBESSY)
Le deuxième projet consiste en une « cité technologique », une sorte de technopole réunie dans un bâtiment offrant aux entrepreneurs espaces et services innovants. L’investissement total atteint 60 millions de DT. Un premier tour de table de 2 MDT (1M€) est en cours auquel Diva Sicar va contribuer pour 800 000 DT (430 k€). Le troisième projet est une plateforme d’échange de données informatisées.

« Avec la dizaine de projets devant être validée dans les prochains jours, nous aurons engagé 5MDT (2,5 M€) au total », nous précise Aicha Ennaïfar.

Diva Sicar est une des rares structures en Tunisie faisant du vrai capital risque. « Selon une étude réalisée dans le cadre du programme de modernisation de l’industrie, la contribution du capital risque aux investissements tunisiens est de l’ordre de 10%. Ce n’est pas encore assez ! », analyse Aicha Ennaïfar. « On devrait faire plus et nous rapprocher davantage des entreprises pour être un acteur beaucoup plus actif de l’investissement en Tunisie ».

Nouveau pôle de financement des PME

Le gouvernement tunisien a fait de la lutte contre le chômage (13,9%) et surtout celui des jeunes (21,7%) un de ses axes prioritaires. L’aide au développement des entreprises privées ou à la création d’entreprises est un des moyens d’y parvenir.

Dans cette perspective, un pôle financier spécialisé dans le financement des petites et moyennes entreprises vient d’être créé. Il s’agit du regroupement de structures existantes, la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) créée en 2005, de la société tunisienne de garantie (SOTUGAR) créée en 2002 et des sociétés régionales d'investissement (les SICARs régionales) sous un holding commun nommé Al Moubadara.

Les structures conservent leur autonomie mais leurs stratégies devraient être harmonisées. « Nous allons pouvoir embrasser toute la problématique du financement des PME, être plus proche des promoteurs (c'est-à-dire des chefs d’entreprises, NDLR) et pouvoir contribuer au schéma de financement de manière plus facile », explique Slim Siala, de la BFPME.

D’autant que la BFPME vient d’obtenir le droit d’investir en fonds propres. « Nous n’avons jamais pu le faire. Désormais nous allons pouvoir intervenir en fonds propres grâce à une dotation d’avances remboursables ce qui permettra aux entreprises d’obtenir des prêts bancaires », précise Slim Siala.

Acquérir une culture du risque pour favoriser les jeunes créateurs d'entreprises

Pour Mohamed Baraket, directeur d'investissement chez Fina Corp., le cadre législatif est là.(photo C Apothéloz)
Pour Mohamed Baraket, directeur d'investissement chez Fina Corp., le cadre législatif est là.(photo C Apothéloz)
Pour Mohamed Baraket, directeur d'investissement chez Fina Corp., le cadre législatif est là.(photo C Apothéloz)
Pour Mohamed Baraket, directeur d'investissement chez Fina Corp., le cadre législatif est là.(photo C Apothéloz)
« La BFPME a été créée pour répondre à un problème : 80% des demandes de financements étaient rejetées. On attend près de 100 000 jeunes diplômés par an dont la majeure partie ne trouve pas de travail. La solution est de financer la création d’entreprise et de ne pas demander de garantie qu’un jeune diplômé ne peut pas apporter», poursuit le banquier.

« L’absence de garantie était un des gros blocages. Nous nous interdisons de demander la moindre garantie, nous sommes couvert par la Sotugar », précise ce dernier.

La BFPME intervient pour des tickets compris entre 50 000 DT et 5 MDT (25 000 à 2,5 M€). En dessous de 300 000 DT (150 k€), elle finance seule. Au-delà, elle co-finance avec d’autres établissements.

Reste que le vrai capital risque est trop limité en Tunisie. « Depuis une dizaine d’année, le gouvernement tunisien a créé la BFPME et renforcé les Sicars et les fonds communs de placement à risque pour participer au financement des PME en leur accordant des privilèges fiscaux. Le cadre législatif est là et il est très incitatif mais il reste à acquérir la culture du risque. Le capital risque est très limité en Tunisie », admet Mohammed Baraket, directeur de l’investissement à la société d’intermédiation financière Fina Corp., selon lequel « les PME souffrent du manque de financement ».


Aliette de Broqua, à GAMMARTH


Mercredi 23 Juin 2010



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