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Le bras de fer continue entre les gardes communaux et le ministre algérien de l’Intérieur


Les gardes communaux rassemblés depuis le 3 avril 2011 à la place des Martyrs à Alger sont déterminés à rester sur place jusqu’à satisfaction de leurs revendications.



Une autre nuit à la belle étoile attend les gardes communaux algériens (photo AB)
Une autre nuit à la belle étoile attend les gardes communaux algériens (photo AB)
ALGÉRIE. Le bras de fer qui oppose plusieurs milliers de gardes communaux au ministère de l’Intérieur continue. Leur sit-in permanent à Alger initié le 3 avril 2011 durera, selon un de leurs représentants interrogé par econostrum.info, "un mois, un an, peu importe. Nous resterons jusqu’à satisfaction de nos revendications." 

Délégué de Aïn Essafra - wilaya de Naâma située au sud-ouest d’Alger –, Ali Sekkouri poursuit : " Nous sommes 40 000 à avoir réussi à nous déplacer ici et à dormir à la belle étoile. Nombre de nos camarades n’ont pas eu la chance d’arriver jusqu’ici. Ils ont été refoulés au niveau des barrages de gendarmerie. D’autres, originaires de régions éloignées, ont subi des pressions. Une partie de ceux qui ont réussi à venir se sont vu enlever leur tenue officielle au niveau des barrages routiers." 

Selon les gardes communaux rencontrés à la place des Martyrs, des sit-in locaux se tenaient ce 5 avril 2011 au niveau de trente wilayas différentes. Ils exhibaient les fax de soutien de leurs collègues qui, faute de pouvoir rejoindre la capitale, organisaient au même moment des sit-in dans leurs wilayas respectives.

Pour rappel, les gardes communaux revendiquent, entre autres, la retraite après quinze ans de service, le droit au logement rural, une couverture sociale 24h sur 24h plutôt que 8 heures par jour, une augmentation de salaire et de retraite ainsi que l'intégration éventuelle à la police ou la gendarmerie.

Les menaces du ministre de l’Intérieur

Daho Ould Kablia, ministre de l'Intérieur, affirme qu'un accord a été signé (Photo DR)
Daho Ould Kablia, ministre de l'Intérieur, affirme qu'un accord a été signé (Photo DR)
Le 4 avril 2011, les choses se sont envenimées lorsque le ministre de l’Intérieur a déclaré que la quasi-totalité des gardes communaux adhéraient aux mesures adoptées par les autorités. 

Daho Ould Kablia considère en effet que onze des quatorze revendications ont été satisfaites et qu’un accord avait été signé entre les deux parties. Qualifiant en conséquence le mouvement d’illégal, il a menacé ceux qui le poursuivraient d’exclusion de ce corps de sécurité.

Du côté de la place des Martyrs, on entend un tout autre son de cloche. Les protestataires déclarent : " C’est faux. Nous n’avons jamais rien signé. Une délégation de gardes communaux a rencontré des représentants du ministère de l’Intérieur. Ces derniers nous ont fait des propositions. Nous les avons transmises à la base qui les a rejetées globalement et dans le détail. Lors d’une seconde rencontre avec les représentants du ministère, nous les avons informés de la décision de la base. Il est clair, dans ces conditions, que nous ne pouvions signer aucun accord. Mais eux entendent faire appliquer ces décisions rejetées " poursuit Ali Sekkouri, entouré de plusieurs de ses collègues qui acquiesçaient à ses déclarations.

Les regards sont tournés vers le palais d’El Mouradia

Les ponts semblent donc coupés entre le ministère de l’Intérieur et les protestataires qui attendent désormais un geste du président.

Pour rappel, le 3 avril 2011, une délégation s’était déplacée au siège de la présidence de la République à El Mouradia. Elle avait été reçue par le "responsable des contentieux" à qui elle avait transmis les revendications du mouvement.

La balle se trouve désormais entre les mains de Abdelaziz Bouteflika, pour arbitrage. La détermination des gardes communaux semble inébranlable. « Dix-sept ans de sacrifices durant la lutte antiterroriste et 4 000 martyrs du devoir ne peuvent être effacés d’un coup de crayon», nous déclare le délégué d’Aïn Essafra. Et de conclure : " Un sit-in à la Place des Martyrs est moins contraignant que les actions que nous menons dans les montagnes et les oueds."


Amal Belkessam, à ALGER


Mercredi 6 Avril 2011



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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