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Le Tunnel sous le Bosphore met l'Europe à 15 mn de l'Asie





Nécessitant un investissement privé de plus de 1,2 mrd$, le tunnel autoroutier Avrasya relie désormais les deux rives asiatique et européenne d'Istanbul. Il permet d'effectuer le trajet en 15 mn contre plus de 100 avant son ouverture.



Le tunnel Avrasya a été réalisé en duplex (photo : Yapi Merkezi)
Le tunnel Avrasya a été réalisé en duplex (photo : Yapi Merkezi)

TURQUIE. Relier en voiture l'Europe et l'Asie en 15 mn devient désormais possible. Recep Tayyip Erdogan inaugurait, mardi 20 décembre 2016, le premier tunnel autoroutier sous le détroit du Bosphore entre Kazlıçeşme et Göztepe. Il l'avait déjà parcouru, en avant-première, en octobre 2016.

Long de 5,4 km - dont 3,34 km sous le Bosphore - cet ouvrage baptisé Avrasya (Eurasie en Turc) devrait permettre d'éviter les longs embouteillages sur les ponts mettant les deux rives d'Istanbul en passant de 100 (au minimum) à 15 minutes de trajet. Le projet inclus au total 14,6 km de routes permettant l'accès au tunnel depuis l'Asie et l'Europe.

Les dix-huit millions d'habitants ont désormais l'embarras du choix en fonction de leur patience. Selon les autorités stambouliotes, ce tunnel devrait voir passer 120 000 véhicules par jour dans les deux directions. Il s'agit également de la route la plus rapide entre les deux aéroports de la ville Atatürk (rive européenne) et Sabiha Gökçen (rive asiatique). La rapidité aura cependant un coût puisque le tunnel est équipé d'un péage fonctionnant à l'aide d'un badge (aucun paiement n'est possible en cash ou en carte bancaire).

L'alternative aux ponts - dont un troisième (Yavuz Sultan Selim) vient d'être inauguré en août 2016 - existait depuis octobre 2013 et l'ouverture du tunnel ferroviaire sous-marin Marmaray de quatorze kilomètres dont 1,4 immergés.


1,2 mrd$ d'investissement

Le tunnel a nécessité un investissement de 1,245 mrd$ (photo Yapi Merkezi)
Le tunnel a nécessité un investissement de 1,245 mrd$ (photo Yapi Merkezi)
Mobilisant 2 124 ouvriers et 250 engins, le chantier titanesque de l'Avrasya a été mené par un consortium (Ataş - Avrasya Tüneli Insaat Isletme ve Yatirim) rassemblant le groupe privé turc Yapi Merkezi et le sud-coréen SK Engineering & Construction.

Débutée en février 2011, la construction de ce tunnel d'un seul tube mais disposant de 2 x 2 voies de circulation en duplex a nécessité une foreuse spéciale (capable d'avancer de huit à dix mètres par jour) pour descendre jusqu'à une profondeur maximale de 106,4 mètres sous le niveau de la mer. Le tunnel a été conçu pour résister aussi bien aux tremblements de terre, jusqu'à plus de 7,5 sur l'échelle de Richter, qu'aux tsunamis.

Le consortium Ataş, signataire en janvier 2009 du contrat BOT (Built Operate Transfer – Construire Exploiter Transférer) sur trente ans, en assurera la gestion et la maintenance. A l'issue de cette période, le tunnel sera ensuite transféré au public.

L'investissement total de 1,245 mrd$ s'appuie sur des prêts internationaux d'un montant total de 960 M$. La Banque européenne d'investissement (BEI) a financé 350 M$, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) 150 M$. Le solde a été accordé par l'Export-Import Bank of Korea ainsi que d'autres institutions bancaires coréenne (K-Sure), turques (Türkiye İş Bankası, Garanti Bank et Yapi Kredi), japonaises (Sumitomo Mitsui Banking Corporation et Mizuho Bank), britannique (Standard Chartered) et allemande (Deutsche Bank).

Ces prêts sont complétés par un apport de 285 M$ de Yapi Merkezi et SK E& C sur fonds propres. L'enveloppe réunit donc intégralement des fonds privés.



Vendredi 23 Décembre 2016




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Razika Adnani, philosophe et écrivaine. Associée au groupe d'analyse de JFC Conseil.