partager partager

Le Portugal renforce les mesures d'austérité

Les Portugais lancent une grève générale contre l'austérité dans un contexte économique morose.


Banderole syndicale pour la grève génerale du 24 novembre 2011 (photo ML Darcy)
Banderole syndicale pour la grève génerale du 24 novembre 2011 (photo ML Darcy)
PORTUGAL. Les deux grandes centrales syndicales portugaises, la CGTP et l’UGT, ont lancé un appel à la grève générale de 24 heures, afin de protester contre l’austérité et le budget de rigueur prévu pour 2012.

« L’adhésion importante que nous observons est un message politique fort adressé à nos gouvernants » a déclaré Manuel Carvalho da Silva, secrétaire général de la CGTP - la Confédération générale des travailleurs (proche du PC). Les transports publics sont particulièrement affectés, ainsi que la santé l’éducation et les services administratifs.

C’est ce jour de grève générale que l’agence de notation Fitch a décidé de baisser la note du Portugal, de "BBB-" à "BB+", avec une perspective négative, enfonçant le Portugal un peu plus dans la catégorie des émetteurs à risque. L’agence de notation affirme avoir confiance dans la capacité du Portugal à imposer la rigueur, mais mise sur une contraction de 3 % du PIB portugais en 2012.

Le gouvernement portugais a lui-même annoncé cette aggravation de la récession l’an prochain. La dette publique du Portugal actuellement de 96% de son PIB pourrait atteindre 110 % à la fin de l’année. Le taux de chômage atteint 13 % de la population active et devrait encore augmenter en 2012. La décision de Fitch vient d’être qualifiée de « mauvaise nouvelle » par des responsables du Parti social démocrate au Pouvoir.

Une austérité renforcée

Le gouvernement qui maintient son objectif de ramener le déficit public à 4,5 % à la fin de 2012, et à 3 % à la fin de 2013, met la dernière main à son budget pour 2012.

Un budget qui sera voté définitivement le 30 novembre 2011 et qui met l’accent sur l’augmentation des recettes fiscales, notamment par l’aggravation des impôts indirects et la suppression des avantages fiscaux.

Le gouvernement a prévu aussi des mesures qu’il annonce comme temporaires : la suppression des 13e et 14e mois dans la fonction publique (primes de vacances et de Noël) ou l’augmentation du temps de travail non rémunéré dans le privé. Des mesures très impopulaires que les syndicats espéraient voir abolies.

La baisse de la notation du Portugal pourrait conduire le gouvernement à prendre de nouvelles mesures de contention. Au risque de l’impopularité et de la généralisation du  mécontentement.



Marie-Line Darcy, à LISBONNE


Jeudi 24 Novembre 2011



Lu 1120 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.