Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

Le Portugal rattrapé par les déficits publics


Le Portugal n'arrive pas à répondre aux exigences de ses prêteurs. Il n'arrivera pas à tenir son déficit public sous la barre des 4,5% du PIB en 2012 malgré les énormes efforts consentis par le pays notamment sur la masse salariale des fonctionnaires et la suppression de certaines primes.



Le tage à Lisbonne vu du château São Jorge (marie-line darcy)
Le tage à Lisbonne vu du château São Jorge (marie-line darcy)
PORTUGAL. Les objectifs de maîtrise des déficits fixés par le gouvernement portugais en 2012 ne seront pas atteints. Selon l’accord passé avec le Fonds monétaire international  (FMI), la Banque centrale européenne  et l’Union européenne, le Portugal doit ramener son déficit public à 4,5 % du PIB en 2012, puis à 3 % à la fin de 2013. Selon un bilan intermédiaire sur les cinq premiers mois de l’année en cours, le Portugal se dirige vers un déficit de 5,7 % du PIB. 

Pour le ministre des Finances Vitor Gaspar, les dépenses de l’État ne seraient pas à l’origine de ce nouveau dérapage : la masse salariale globale des fonctionnaires publics a reculé de 7,3 %, c’est plus que prévu. Et le ministère des Finances compte aussi sur la suppression de la prime de vacances (le 13e mois) pour diminuer encore le poste budgétaire. Le contexte économique serait responsable de la diminution des recettes de l’État.

Avec un taux de chômage de 15,2 % de la population, les cotisations sociales diminuent, alors que dans le même temps, le financement du chômage coûte de plus en plus cher au pays.

Autre facteur qui contribue à la mauvaise tenue des comptes publics, le recul du recouvrement de la TVA, estimé à - 3 %, résultat du net recul du pouvoir d’achat des Portugais. La consommation recule, y compris en ce qui concerne les biens essentiels, alimentaires ou de santé.

Une situation prévisible

Le premier ministre Pedro Passos Coelho arrivé au pouvoir il y a tout juste un an, nie toute intention de renforcer l’austérité déjà appliquée en vertu de l’accord passé avec les bailleurs de fonds internationaux qui ont concédé un prêt de 78 mrds € au Portugal.

Mais pour la première fois, le chef du gouvernement a aussi admis qu’il « fera ce qu’il faudra » pour tenir ses engagements. En clair, il y a fort à parier que le gouvernement devra recourir á des levées d’impôts exceptionnels, comme la ponction de 50 % de la prime de Noel (14e mois) sur les revenus au-delà de 485 € par mois (Smig portugais), déjà appliqué à la fin de 2011.

Le gouvernement mise aussi sur l’avancée de dossiers difficiles d’ici à la fin de l’année, comme notamment les renégociations des PPP, les Partenariats Public-Privé (secteur de la construction, de la banque et d’audit principalement) afin de diminuer les charges de l’État. Un dossier « politique » extrêmement délicat compte tenu des acteurs économiques concernés.

Le gouvernement de Pedro Passos Coelho a affronté sa première motion de censure, soumise par le Parti Communiste. Disposant d’une confortable majorité au parlement grâce à son alliance avec le parti CDS-PP (Chrétiens Démocrates/parti Populaire), le parti Social Démocrate du premier ministre a pu rejeter cette motion de censure. Concomitante avec l’annonce des mauvais résultats intermédiaires, elle a cependant pris les allures d’un véritable avertissement.
 

Les Portugais vident leurs comptes épargne


La population portugaise est de plus en plus asphyxiée par l’impact de la crise et des mesures d’austérité.

Quelques indicateurs montrent combien la marge des manœuvres des Portugais est réduite. Pour faire face à leurs difficultés quotidiennes, ils vident leurs comptes épargne : 1 mrd € retirés des comptes depuis janvier 2012. Autre chiffre symptomatique, celui de la remise des émigrants qui s’élève à 822 M€, soit le niveau d’il y a dix ans. Un chiffre qui traduit deux situations concrètes, à la fois l’augmentation de l’émigration des Portugais et le phénomène de solidarité, qui consiste à aider les proches restés au pays. 
 
Une situation de fuite en avant qui serait sur le point d’atteindre son niveau de rupture.

Le gouvernement portugais va devoir convaincre ses partenaires européens au sommet de jeudi 28 et vendredi 29 juin 2012 qu’il a encore la possibilité de tenir ses engagements et de convaincre les investisseurs à acheter de la dette portugaise à la fin de 2013.




Mardi 26 Juin 2012



Lu 1550 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >
Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.















RÉflexions

Réflexion

La Méditerranée orientale entre permanences stratégiques
et enjeux contemporains


avis d'expert

Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
de la Turquie, associée
au groupe d’analyse
de JFC Conseil


 




Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA















Suivez econostrum.info en direct sur Facebook








  L'actualité économique
en Méditerranée, avec le soutien
de nos partenaires :
Anima       BEI
 
PlanBleu          avitem
 
Euromediterranee
Région PACA        EDF
 
AeroportMP            Femise