Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

Le Plan solaire méditerranéen passe d’une volonté politique à une réalité économique


A dix ans de l’échéance visant à créer 20 GW d’énergies renouvelables supplémentaires d’ici à 2020 dans les pays du bassin méditerranéen, le Plan solaire méditerranéen commence à séduire politiques et industriels.



Les éoliennes restent en pointe en matière d'énergies renouvelables (photo Siemens)
Les éoliennes restent en pointe en matière d'énergies renouvelables (photo Siemens)
MEDITERRANEE. Vingt gigawatts de capacités additionnelles de production d’électricité bas carbone au sud et à l’est de la Méditerranée d’ici à 2010. L’objectif du Plan solaire méditerranéen (PSM) apparaît ambitieux.

Né officiellement en juillet 2008, lors du Sommet de Paris qui l’a établi comme l’une des six initiatives prioritaires de l’ l’Union pour la Méditerranée (UpM), ce plan vise à favoriser le lancement de projets régionaux et à développer des lignes d’interconnexion permettant l’exportation d’une partie de cette électricité verte vers l’Union européenne.
 
Au centre de la problématique se trouve un constat : les combustibles fossiles représentent l’essentiel de l’énergie utilisée dans le bassin méditerranéen. Or, d’ici 2020, la demande d’énergie y augmentera de 70%. Trouver des alternatives en recourant aux énergies renouvelables s’impose donc. Et pas seulement avec le photovoltaïque comme pourrait le suggérer le nom choisi (Plan solaire méditerranéen) qui ne reflète pas toute la substance de ce projet englobant aussi l’éolien et l’hydraulique. 
Il faudra mobiliser au total un investissement de près de 50 mds€ d’ici à 2020 pour atteindre les 20 GW.  

Intérêt manifeste des industriels et des investisseurs

Forum de Paris en avril, Conférence sur le Plan solaire méditerranéen à Valence (Espagne) en mai, Mediterranean Green Development Investors Forum à Athènes en octobre, aucune manifestation méditerranéenne d’envergure n’a fait l’impasse sur le PSM en 2010, véritable année de son lancement. Et les projets régionaux, base de ce PSM chargé de leur donner l’impulsion, fleurissent. 

 « Nous observons maintenant un intérêt manifeste des industriels et des investisseurs » souligne Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne et d’investissement (BEI) en charge du PSM. « D’une volonté politique, nous sommes passés à une réalité économique. Les chefs d’entreprises sont demandeurs, prêts à investir sur les liaisons électriques, le transport ». Des projets comme Desertec, création d’un réseau interconnecté alimenté par des centrales solaires du Maroc à l’Arabie saoudite puis par des câbles sous-marins à l’Europe, et Transgreen, construction d’un réseau sous-marin de transport d’électricité entre l’Afrique et l’Europe, le prouvent. 

L'éolien mieux maitrisé que les autres technologies

Le vice-président français de la BEI croit à l'effet mobilisateur au niveau régional du PSM (photo BEI)
Le vice-président français de la BEI croit à l'effet mobilisateur au niveau régional du PSM (photo BEI)
A dix ans de l’échéance, la Femip (Facilité euro-méditerranéenne d’investissements et de partenariat), qui a investit 3,7 mds€ dans le secteur de l’énergie de 2002 à 2009, identifie quatre-vingt dix projets liés au PSM pour un total de 10 GW. « La mobilisation est bien là. Mais la très grande majorité d’entre eux reste au encore au stade préliminaire » observe Philippe de Fontaine Vive.

L’étude de la Femip évoque cependant dans ce lot, un tiers de projets éoliens déjà bien avancés qui doivent finaliser leur plan de financement.
 
« L’éolien constitue une technologie bien maîtrisée qui va se développer dans les années à venir. Par contre, pour le solaire, des mesures gouvernementales doivent être prises. Le tarif d’électricité adopté par les pays méditerranéens reste trop faible pour obtenir une rentabilité. Cette dernière passe par une nouvelle réglementation, une connexion à l’Europe et un relèvement des tarifs » souligne Philippe de Fontaine Vive.

Le coût de production de l'électricité solaire dépasse encore celui de toutes les autres formes d'énergie, alors que l'électricité doit être mise à disposition de la population et des entreprises au meilleur prix grâce à des subventions et des crédits carbone. « Une prévisibilité apparaît indispensable pour attirer les investisseurs. Ceci suppose des prix et un cadre réglementaire durables. C’est un pari que prend l’Europe avec les pays du bassin méditerranéen » poursuit-t-il. 

Ouarzazate, prototype du PSM

Tous ces chiffres s’entendent hors Turquie. Ce pays semble capable à lui seul d’atteindre les 10 GW en 2020 soit la moitié de l’ambition du PSM. « La Turquie est plus proche de l’Union européenne que les autres pays du bassin méditerranéen. Dès 2011, elle disposera d’une boucle électrique avec l’Europe alors que les autres devront attendre 2013 ou 2014. Cette synchronisation et proximité de la Turquie font qu’elle peut exporter plus facilement en Europe » commente le vice président français de la BEI. 

La conférence de Valence a permis d’organiser la coopération entre les différents bailleurs de fonds. Celle d’Athènes de mobiliser les politiques sur les changements climatiques à l’appel de George Papandreou, le premier ministre grec.

Projet phare : la centrale solaire de Ouarzazate (Maroc) de 500 MW devrait très prochainement obtenir un prêt de la BEI, l'Agence Française de Développement (AFD), la KfW (groupe bancaire public allemand) et la Banque mondiale. Elle s’intègre dans le cadre du projet solaire marocain qui prévoit l’installation de cinq centrales thermo-solaires pour une capacité installée de 2 000 MW. Celle de Ouarzazate sera la première à voir le jour en 2015.

« Cet accord représente le prototype du PSM » assure Philippe de Fontaine Vive qui se projette vers les 20 et 21 novembre 2010, date du prochain sommet de l’UpM. « Nous souhaitons qu’à Barcelone, s’organise très concrètement la liaison entre le secrétariat de l’UpM, la BEI et les projets sud-méditerranéens. Nous voudrions qu’un de nos agents soit présent à Barcelone auprès du secrétaire de l’UpM » dévoile le vice-président de la BEI.


Article réalisé en partenariat avec la BEI


Mardi 2 Novembre 2010




Lu 3712 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >
















Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA