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Le Plan Bleu valorise les bienfaits de l’environnement marin

« Les écosystèmes marins méditerranéens : valeur économique des bénéfices soutenables » c’est l’étude que publie le Plan Bleu pour la Méditerranée.


La pêche concerne 300 000 professionnels du pourtour méditerranéen et des millions de consommateurs (photo MN)
La pêche concerne 300 000 professionnels du pourtour méditerranéen et des millions de consommateurs (photo MN)

MEDITERRANEE. Les « bénéfices soutenables provenant des écosystèmes marins de Méditerranée » représenteraient une valeur d’au moins 26 mds€, selon une étude du Plan Bleu, Centre d’activités régionales lié au Plan d’action pour la Méditerranée et au Programme des Nations Unies pour l’Environnement et menée par Anaï Mangos, Jean-Pascal Bassino et Didier Sauzade. « Il ne s’agit pas du coût estimé des dégradations provoquées de l’environnement, mais bien de la valeur estimée du bien être que les populations méditerranéennes tirent de leur environnement marin commun en un an » précise Anaï Mangos.  

Autrement dit, les produits de la pêche que permet le maintien d’un environnement favorable au développement des espèces marines, mais aussi l’activité touristique littorale, ou encore l’économie de budgets publics consacrés à la restauration de côtes abîmées, tout ceci peut être exprimé en valeur. A condition qu’on établisse des critères de calcul fiables.  

Ainsi les trois chercheurs peuvent ils, au bout du compte, avancer par exemple qu’en première analyse, la valeur de ces bénéfices provenant des écosystèmes marins représente 9,2 mds€ en Italie. Elle est de 4,6 mds€ pour l’Espagne, 3,1 mds€ pour la Grèce, et de 2,2 mds€ pour la France. Mais au sud, c’est à la fois moindre (480 M€ pour le Liban, 680 M€ pour l’Algérie) et plus flou. « Les études et statistiques sur lesquelles s’appuient ces évaluations sont soit à réaliser soit à préciser », poursuit Mme Mangos.

 


Un capital non renouvelable et des bénéfices "soutenables"

Le linéaire côtier est largement construit, entraînant des coûts collectifs et dans certains cas un recul des herbiers de posidonies (photo MN)
Le linéaire côtier est largement construit, entraînant des coûts collectifs et dans certains cas un recul des herbiers de posidonies (photo MN)

C’est qu’approcher cette fameuse valeur des bénéfices provenant des écosystèmes marins suppose de résoudre quelques problèmes théoriques et pratiques pas piqués des vers marins…  « C’est une étude exploratoire » souligne l’étude. On parle depuis peu d’années de monétiser les bienfaits de la nature, et les outils d’évaluation sont en construction. Ainsi si les bienfaits d’un écosystème marin comme l’herbier de posidonies – une véritable pouponnière à futures prises de pêche – peuvent être quantifiés par le produit ultérieur de la pêche, il est moins aisé de l’appréhender comme un capital au sens économique du terme compte tenu de son renouvellement particulier.

Une autre difficulté est de définir la soutenabilité des bénéfices. Ils ne doivent pas dépendre de la dégradation de stocks considérés comme critiques. Et leur valeur ne peut s’apprécier qu’au cas par cas, service par service, écosystème par écosystème.

L’étude du Plan Bleu considère cinq écosystèmes : l’herbier de posidonies, les concrétions coralligènes, les fonds rocheux, les fonds à substrat meuble, et l’immensité marine appelée ici « mer du large ». La richesse la plus évidente qu’ils rendent c’est le poisson, plus d’un million de tonnes par an, capturé par 300 000 pêcheurs. L’autre richesse économique connue, c’est le tourisme littoral. Mais les 35 000 km² d’herbiers de posidonies permettent aussi de stocker chaque année 1,2 millions de tonnes de CO², qui ont leurs équivalents en permis d’émissions échangeables.

 « Estimer la valeur des bénéfices provenant des écosystèmes constitue ainsi une première étape pour l’intégration des considérations environnementales dans la sphère du développement » conclut Anaï Mangos.

 



Michel Neumuller


Lundi 18 Octobre 2010



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