Le PDG de Costa Crociere s'attend à être poursuvi en justicePier Luigi Foschi, PDG de Costa Crociere SpA, a confirmé lundi 16 janvier 2012 lors d’une conférence de presse que le navire Costa Concordia avait dévié de sa route habituelle alors que les circonstances météorologiques ne le justifiaient pas.
Pier Luigi Foschi, pdg de Costa Crociere SpA, charge son capitaine (photo NBC)
ITALIE. « Une seule fois le Costa Concordia est passé à 500 m des côtes de l’île de Giglio en août 2010 lors de la fête de San Lorenzo, saint patron de cette île. Cette fois-là, le paquebot avait obtenu l’autorisation des autorités locales et de la compagnie. Le commandant doit suivre l’itinéraire et aucune déviation n’est autorisée sauf en cas de changement des conditions météorologiques. Dans une situation normale, le navire doit suivre sa route. Ce soir-là, il a voulu saluer l’île de Giglio », a indiqué lundi 16 janvier 2012, le PDG de Costa Crociere SpA Pier Luigi Foschi.
Selon un expert en assurance, le PDG de Costa charge à dessein le commandant : « la faute du capitaine exonère l’armateur de sa responsabilité ». Pier Luigi Foschi a confirmé que le commandant se trouvait à la passerelle lorsque le navire a heurté un rocher et a précisé que le commandant n’est pas homme à boire de l’alcool. « L’équipage est soumis à des tests de drogues et d’alcool », a ajouté le PDG qui s’est refusé à divulguer le nombre de personnes encore portées disparues après l’échouage vendredi 13 janvier 2012 du Costa Concordia. Lundi après-midi les recherches à bord du paquebot se poursuivaient encore tandis que le dernier bilan provisoire faisait état de seize personnes encore disparues, une quinzaine de blessés et six morts. À bord, ce soir-là, 4 234 personnes, passagers et membres d’équipage. Pertes d'exploitation attendues
Interrogé sur des poursuites en justice des passagers ou des familles des victimes, le président de Costa a indiqué qu’ils allaient être « dédommagés » et que la compagnie allait « étudier cette question de façon collective. Nous allons prendre à notre charge tous les bagages et effets restés à bord. La responsabilité juridique sera déterminée, mais il est prématuré de répondre à ces questions. Nous nous préparons à être poursuivis en justice ».
Par ailleurs, une autre menace plane sur ce navire qui avait fait ses opérations de soutage et chargé de 2 400 tonnes de combustible. « Le Costa Concordia possède 17 réservoirs chargés de fuel lourd et 4 chargés de gasoil. Nous travaillons en coordination avec le ministère de l’Environnement », a-t-il précisé. Le navire qui avait fait l’objet d’un contrôle en novembre 2009 par le RINA, la société de classification italienne, avait été audité sur les systèmes d’évacuation des passagers et « aucune observation n’avait été émise », toujours selon M. Foschi. Interrogé sur les possibilités de renflouement du navire, couché sur l’île de Giglio, le Pdg de Costa a précisé que « l’urgence était de s’occuper des passagers et des membres d’équipages.» En ce sens, il a également indiqué que les passagers qui avaient également réservé une croisière sur le navire allaient être redirigés mais qu’il ne s’agissait pas de sa priorité. Dans le cas d’un échouage de navire plusieurs garanties interviennent, les garanties corps et machine pour le navire et les garanties en responsabilité via les P&I Clubs qui généralement prennent en charge les frais de sauvetage et de renflouement. Selon le nouvelobs.com, le Costa Concordia serait assuré pour 30 millions de dollars, plus 10 millions pour la couverture des dommages aux tiers. Un ou plusieurs experts devraient être désignés dans les jours qui viennent. Outre les dommages pour les pertes en la vie humaine, Costa va devoir accuser les pertes d’exploitations dues à l’inexploitation du navire. Elle accuse également des pertes financières, l’action de la compagnie ayant brutalement chuté lundi de 23%. La compagnie filiale du leader mondial Carnival a estimé l’impact immédiat de ce naufrage à 95 M€, selon nos confrères des Échos. Ecouter la conversation entre Francesco Schettino, commandant du Costa Concordia, et Gregorio De Falco, de la capitainerie de Livourne Lire aussi : Le Costa Concordia victime de la folie des grandeurs Fin de la funeste croisière Cinq morts dans l’échouement du Costa Concordia Nathalie Bureau du Colombier
Lundi 16 Janvier 2012
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