Le Maroc se tourne vers la MéditerranéeLes travaux titanesques engagés en 2007 pour construire la route qui reliera Tanger à la frontière algérienne touchent au but. Sur le tracé, les projets touristiques sont déjà annoncés. Et d’autres développements sont prévus.
La rocade génère la construction de projets touristiques comme ici, à Tamrabet. (Photo CG)
MAROC. Sur les contreforts du Rif, la piste routière semble délicatement posée au-dessus de la Méditerranée. La « rocade; », en travaux depuis 2007, devrait relier l’an prochain Tanger à Saïdia, à la frontière algérienne, encore fermée.
Déjà, entre Tétouan et Al Hoceima, on croise de nombreux véhicules. Car même en travaux, la route demeure plus fiable et rapide que les réseaux secondaires. « Il s’agit d’un équipement structurant pour le pays », avance le directeur régional de l’Equipement Mohamed Allal. A voir les projets touristiques annoncés, on n’en doute pas : 80 000 lits devraient être inaugurés tout au long des 507km de la rocade, créant 50 000 emplois directs et 200 000 emplois indirects. Aujourd’hui c’est encore une côte vierge qui se dévoile à chaque virage. Et le mirage de la Costa Brava qui inquiète : « Nous avons la chance d’arriver en retard par rapport à nos voisins européens, ironise Mohamed Allal. Nous profitons de leur expérience, notamment de celle des Espagnols pour ne pas reproduire certaines erreurs d’urbanisme ». C’est vrai, les annonces de projets luxueux tout au long du parcours ne rappellent en rien les stations ibériques. « Il y a une véritable stratégie d’aménagement qui accompagne la construction de la rocade, assure le directeur régional. Les promoteurs ne pourront pas tout faire ! » Soit. Relier Tanger au Caire
La construction de la rocade a mobilisé les investissements internationaux. L’Union européenne y cofinance là son projet le plus important dans le pays. Il s’agit d’un tronçon entre Jebha et Al Hoceima (près de 150M€ dont 124M€ financés par Bruxelles) qui s’étire sur 105 km. A ses côtés, sur les autres tronçons, on trouve l’agence japonaise de coopération internationale, le fonds Abu Dhabi pour le développement ou le gouvernement italien.
Si le développement touristique est prioritaire, d’autres projets sont également envisagés. Les Marocains comptent notamment stimuler l’industrie sur cette ligne qui relie le port de Tanger Med au futur port pétrolier de Nador West. Et également profiter des ressources halieutiques de la Méditerranée, en créant de nouveaux abris côtiers. Andréa Vera, le gestionnaire du projet Rocade pour la Commission européenne, assure en outre que tous les pays du sud de la Méditerranée travaillent sur des projets similaires. « A terme, lorsque les questions politiques seront réglées, une route reliera Tanger au Caire, assure-t-il. Tous les pays concernés ont besoin de cette route côtière pour leur développement ! ». Lire aussi : Ouverture du tronçon autoroutier Al Hoceima-Jebha au Maroc Caroline Garcia
Lundi 18 Octobre 2010
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