Le Maroc s’engage vers un rapprochement irréversible avec l’Union européenneSeuls quatorze kilomètres séparent Tanger des côtes espagnoles via le détroit de Gibraltar et le rapprochement entre le Maroc et l'Europe se construit patiemment avec comme ligne d'horizon le statut avancé.
Le Maroc progresse rapidement dans le vaste chantier sur le rapprochement avec l'Union européenne (photo F.Dubessy)
MAROC / UNION EUROPÉENNE. « Le Maroc est un arbre dont les racines plongent vers l’Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe. » La citation de feu Hassan II plane sur les relations de plus en plus actives entre les représentants du royaume chérifien et l’Union européenne. « Nous nous sommes engagés dans un processus irréversible : celui d’un arrimage plus fort du Maroc à l’Union Européenne ! » résume Omar Amghar, conseiller à la Mission du Maroc auprès de l’UE à Bruxelles. « Le pays est un vaste chantier à tous les niveaux, c’est un pays en mouvement qui s’ouvre chaque jour d’avantage. Le leitmotiv dans les relations avec l’Union européenne est le toujours plus ! Nous voulons pousser le Maroc dans un cercle concentrique des pays voisins de l’Europe » lance en écho de l’autre côté de la Méditerranée Nabil Adghoughi, directeur des affaires européennes au ministère marocain des affaires étrangères et de la coopération. Vaste chantier certes mais que de chemin parcouru depuis la signature en février 1996 de l’accord d’association qui entrera en vigueur en 2000 suivi des plans d’actions de voisinage dès juillet 2005. Seuls quatorze kilomètres séparent Tanger des côtes espagnoles via le détroit de Gibraltar et le rapprochement se construit patiemment mais sûrement. Le Maroc premier pays du Maghreb à négocier son statut avancé
Nabil Adghoughi attend du statut avancé un facteur d’accompagnement du développement endogène marocain (photo F.Dubessy)
Pour Manfredo Fanti, chef d’unité de la direction générale des relations extérieures de la Commission européenne et en charge des relations bilatérales avec les pays du Maghreb, l’« objectif est d’entretenir d’excellentes relations avec un voisinage pacifique, stable, développé et en qui on peut faire confiance. » Le Maroc est le premier pays du Maghreb à négocier son statut avancé avec l’UE. Une longueur d’avance saluée dans le dernier rapport sur la Politique Européenne de Voisinage (PEV) paru en mai 2010. Le relais est déjà pris. « Le statut avancé est un voyage et une destination : un partenariat privilégié. Nous avons épuisé touts les ressorts de l’accord d’association » affirme Nabil Adghoughi. Les entreprises marocaines très intéressées par les opportunités offertes par l'Europe
Pour Mohammed Tamer, le Maghreb peut apporter une solution à l'essouflement de l'Europe (Photo F.Dubessy)
Du côté du patronat marocain, Younès Zrikem, président de la Commission commerce extérieur de la CGEM, reconnaît « un très fort intérêt des entreprises marocaines pour le statut avancé qui représente la convergence de l’économie marocaine vers l’acquis communautaire et donc des opportunités pour les entreprises européennes qui peuvent venir investir au Maroc. Quand les règles sont les mêmes, l’incitation à investir devient plus facile. » Pour son vice-président Mohammed Tamer, « face à l’essoufflement de l’économie européenne, le Maghreb peut apporter une nouvelle dynamique. L’offshoring ce n’est pas enlever des emplois en Europe, c’est au contraire une façon pour certaines entreprise de sauver des emplois. Ceci fait 4 000 ans que les peuples se délocalisent pour améliorer leur niveau de vie. Il faut faire du commerce ! » Eneko Landaburu, chef de la Délégation de l’Union européenne au Maroc, ne dit pas mieux : « les acquis communautaires c’est 70 000 pages ! Le statut avancé vise un certain nombre d’objectifs non traduits dans un calendrier. C’est au Maroc de fixer ses niveaux d’ambition dans le temps. Le plan d’action doit détecter et fixer des éléments de convergence, qui peuvent permettre certaines avancées.» La convergence en bonne voie
Eneko Landaburu juge qu'il appartient au Maroc de fixer ses niveaux d'ambitions dans le temps (photo F.Dubessy)
Trois marchés tests pour la convergence ont déjà été décidés : les marchés publics, les services financiers et la normalisation industrielle.
Abderrahim Taïbi, chef de la division de la normalisation au Ministère de l’industrie, du commerce et des nouvelles technologies, précise qu’un Institut marocain de normalisation verra le jour début 2011. « Il prendra le nom d’Imanor et s’appuiera sur neuf centres techniques industriels couvrant l’ensemble des secteurs industriels. Les essais pourront être réalisés sur place et non plus à l’étranger. Ceci assurera une meilleure compétitivité des entreprises. » Le responsable de la normalisation marocain confie que « quatre secteurs sont prioritaires : la sécurité des jouets, la sécurité des machines, le matériel de construction et la basse tension. Nous pourrions être le premier pays non-européen à apposer le label CE sur nos produits. Parallèlement, la norme NM pour Norme Marocaine (identique à la norme NF en France donc plus exigeante que la NE Norme européenne) sera également mise en place dès 2011. Le producteur pourra choisir CE s’il destine ses produits au marché européen et ce sans faire de nouveaux essais. Pour le marché local, il utilisera la NM. » Lire aussi : Les problèmes migratoires marocains se heurtent au concept de réadmission Les droits de l’homme restent le principal frein au rapprochement entre le Maroc et l’Union européenne Frédéric Dubessy, à BRUXELLES et à RABAT
Lundi 28 Juin 2010
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