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Le Maroc, roi de la compétitivité en Afrique du Nord


Le rapport 2015 du Forum économique mondial sur la compétitivité des pays du continent africain place le Maroc à la quatrième place en Afrique. Le Royaume chérifien confirme de fait sa position de numéro un en Afrique du Nord.



AFRIQUE DU NORD. Le Maroc se positionne à la 72e place au niveau mondial sur 144 pays dans le dernier classement du WEF (Forum économique mondial) sur la compétitivité. Le Royaume chérifien gagne cinq places en un an. Cette position témoigne de  sa compétitivité, notamment au niveau continental, en se plaçant derrière l'Ile Maurice (39e place mondiale), l'Afrique du Sud (56e) et le Rwanda (62e). Déjà retenu à la quatrième place au niveau du continent lors des rapports de 2013 et 2014, le Maroc se trouve en tête au niveau régional, devançant l'Algérie (79e), la Tunisie (87e), l'Égypte (119e) et la Libye (126e).

Le rapport annuel du World Economic Forum (WEF), publié le 4 juin 2015 conjointement avec la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale et l'OCDE, fait état de situations disparates concernant la compétitivité des pays d'Afrique du Nord en se fondant sur différents critères comme le produit intérieur brut, la chaîne de valeur mondiale, ou encore l'évolution de différents "piliers" tels que les infrastructures ou l'éducation. Ainsi, l'Algérie a vu son rang mondial progresser, passant de la 100e place à la 79e. Contrairement à la Tunisie (83e en 2014), l'Égypte (118e en 2014) et la Libye (108e en 2014). La compétitivité des pays d'Afrique du Nord demeure de ce fait marquée par des déséquilibres propres à des situations particulières.

Hétérogénéité

Index comparatif global de la compétitivité selon les secteurs. Source : rapport 2015 sur la compétitivité d'Afrique ; WEF.
Index comparatif global de la compétitivité selon les secteurs. Source : rapport 2015 sur la compétitivité d'Afrique ; WEF.
Ce rapport 2015 du WEF met en avant le rang mondial (sur 144) et le score (sur 7) de chaque pays d'Afrique du Nord selon trois grands secteurs : les besoins basiques regroupent les institutions, les infrastructures, l'environnement macroéconomique, la santé et l'éducation ; le rendement concerne la qualité de l'éducation, l'efficacité et la taille du marché, le développement financier et la puissance technologique ; l'innovation et la sophistication enfin, porte sur la sophistication de l'entreprise et l'innovation en recherche et développement. 

Or, il apparaît nettement que l'Égypte obtient un score inférieur à la moyenne concernant les besoins de bases et que la Libye se retrouve marginalisée dans les trois secteurs. Ces disparités peuvent avoir pour origine les printemps arabes amorcés dès décembre 2010 dans plusieurs pays d'Afrique du Nord. Sur l'item des changements dans la performance des économies africaines entre 2006 et 2014, cet effet est notamment évoqué par les auteurs pour justifier la perte de vitesse de la Tunisie et de l'Égypte, qui voient leur score passer respectivement de 4,5 à 4,0 et de 4,0 à 3,6. 

Si le Maroc se maintient à la tête de la région nord-africaine, grâce à une maîtrise du déficit budgétaire au cours des deux dernières années (progression des exportations de 58,8% à fin avril 2015 contre 49,4% à la même période en 2014), il lui reste à faire des efforts en matière d'éducation notamment dans l'adaptation des cursus avec le monde du travail. 

Marche à suivre

Le rapport souligne de plus certaines particularités au sein des pays d'Afrique du Nord qui freinent ou accroissent le développement des États. L'étude dresse ainsi le lien entre l'augmentation de l'exportation de services -comme en Tunisie où les services représentent plus de 30% des exportations, mais aussi au Maroc et plus faiblement en Égypte - et le taux de développement. Cette corrélation reste toutefois à nuancer car, les pays ne développent pas de façon égale tous les services : l'Égypte se spécialise dans les transports, le commerce et la construction tandis que la Tunisie s'attache au commerce et à la distribution. 

Le rapport exhorte également à un renversement de la politique agricole actuellement menée. Dans les premières pages, un bref récapitulatif affirme "qu'il est urgent de prêter attention au développement de la chaîne de valeur agricole afin d'accroître les bénéfices des fermiers africains et de créer une agro-industrie compétente". L'idée d'une nécessaire "révolution verte" comme celle que l'Asie a opéré prévaut. L'agriculture reste en effet importante en Afrique du Nord mais certains facteurs comme l'augmentation de la population, des problèmes de sécurité, des institutions faibles et instables et des infrastructures pauvres n'ont pas permis une telle politique. Elle permettrait pourtant de tirer pleinement profit du potentiel agricole. 

Obstacles

Enfin, ce rapport met en lumière des facteurs plus problématiques rencontrées dans le commerce en les mettant en perspective par rapport à l'année 2012. Concernant les pays Nord-africains, la difficulté de l'accès au financement s'avère en augmentation. Il en va de même pour les problèmes liés aux infrastructures inadaptées même si leur moyenne reste inférieure à celle du continent africain. Toutefois, le WEF pointe que l'inefficacité gouvernementale des pays d'Afrique du Nord se trouve en nette amélioration tandis que la corruption et la faiblesse de l'éducation, elles, reculent très légèrement. 
 


Marie Maheux


Lundi 15 Juin 2015



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