partager partager

Le Maroc, nouveau verger de
l’Europe ?

Climat, proximité avec l’Europe, développement logistique terrestre et maritime, le Maroc dispose de sérieux atouts pour devenir le nouveau verger de l’Europe.


Conditionnement dans le Souss Massa draâ (photo Matysha)
Conditionnement dans le Souss Massa draâ (photo Matysha)
MAROC. « Nous sommes condamnés à être qualitatifs pour pouvoir produire en contre-saison », s’amuse Taquie-Dine Cherradi, exploitant agricole dans la région du Souss Massa draâ, à la tête de Matysha Maroc, société de production et d’export de fruits et légumes, et par ailleurs fondateur des domaines Cherradi.

« Il y a complémentarité, pas concurrence avec la production européenne, assure Taquie-Dine Cherradi. Nous produisons pour les marques européennes, lorsque l’Europe n’est pas en production et travaillons avec les producteurs néerlandais, français, espagnols pour achalander les marchés, afin que le consommateur européen ne soit pas lésé ».

Les domaines Cherradi produisent chaque année plus de 15 000 tonnes de tomates (toutes variétés confondues), 1 000 tonnes de melons et 3 000 tonnes de légumes variés (courgettes, petits pois, fèves).

Depuis peu, la société dispose d’un hub à Perpignan, Matysha France, pour faciliter la commercialisation.

A l’horizon 2012, le potentiel de conditionnement de Matysha devrait s’élever à 35 000 tonnes, indique Taquie-Dine Cherradi.

Développement des lignes maritimes

Le Maroc serait-il en train de devenir le nouveau verger de l’Europe ?

Plusieurs facteurs portent à le croire : climat, proximité avec l’Europe, expertise croissante des producteurs marocains grâce à l’installation de la production européenne dans le Souss Massa draâ, plan Maroc Vert, regroupement d’opérateurs exportateurs (Maroc Fruit Board, Fresh Fruit Board), développement logistique terrestre et maritime.

Au Maroc, près de 240 000 hectares sont consacrés aux cultures maraîchères. Les plantations fruitières occupent, elles, près de 460 000 hectares.

Selon l’ Association marocaine des producteurs exportateurs de fruits et légumes (Apefel), le Maroc produit en moyenne chaque année, près de 3 millions de tonnes de fruits et plus de 4 millions de tonnes de légumes.

Les cultures de primeurs constituant un des piliers de ce secteur. Avec une superficie moyenne de 30 000 hectares, les primeurs assurent une production totale de près de 1,5 million de fruits et légumes, dont plus de 600 000 tonnes sont exportées. Elles concernent environ 8 000 producteurs.

Avec 80% des exportations marocaines, la France et l’Espagne sont les deux principales destinations en Europe, loin devant l’Italie. La France notamment absorbe l’essentiel des exportations de tomates fraiches.

Premier client devant l’Union européenne, la Russie compte, elle, pour 40% environ des exportations d’agrumes marocains.

Des exportations qui continuent de transiter majoritairement par camion. Mais la réglementation européenne, plus sourcilleuse quant aux émissions de CO², ainsi que la hausse du coût du fret routier, incite au développement des lignes maritimes, notamment en partance du Souss, principale région de production de primeurs.

Aujourd’hui, six lignes maritimes sont opérées entre Agadir et l’Europe (Algesiras, Mer du Nord, Port-Vendres, Malte, iles Canaries, Saint-Pétersbourg), par Maersk, IMTC, CMA CGM, Pinillos et Africa Line


Christelle Marot, à CASABLANCA


Lundi 28 Mars 2011



Lu 2729 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.