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Le Maroc entre en zone de turbulences


Croissance revue à la baisse, tourisme en panne, campagne agricole décevante, dégradation du solde commercial : les mauvaises nouvelles se succèdent au Maroc. Dans ce contexte, les syndicats appellent à la vigilance.



Casablanca (photo Christelle Marot)
Casablanca (photo Christelle Marot)
MAROC. Au Maroc, les prévisions de croissance n’en finissent pas d’être revues à la baisse. Le ministère de l’Économie et des Finances  table désormais sur une croissance de 3,4% en 2012.

Le gouvernement du Parti de la Justice et du Développement  (PJD) avait annoncé 5,5% en début d’année, puis retenu une croissance de 4,2% en mars lors du vote de la loi de finances 2012.

« Le Maroc est au bord de la faillite ! », s’est alarmé, il y a quelques jours, Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur, selon Reuters. Cet économiste, membre du PJD, a même comparé cette situation à l’époque où le Maroc avait adopté une politique d’ajustement structurel dans les années 80.

La balance commerciale se dégrade, accusant un déficit de 64 milliards de MAD (environ 5,8 mrds €) à fin avril 2012, selon l’Office des changes. Entre avril 2011 et 2012, les investissements et prêts privés étrangers sont en baisse de 3,7%. Le secteur touristique est toujours à la peine.

La campagne agricole 2011-2012 s’annonce mauvaise : le rendement du blé et de l’orge, les principales céréales cultivées, devrait baisser presque de moitié, indique le ministère de l’Agriculture. Au Maroc, le secteur agricole représente près de 15% du PIB et emploie encore près de 40% de la main-d'œuvre.

Sous pression, le Maroc « envisage de réformer son coûteux système de subventions d’ici la fin du mois de juin », a annoncé Najib Boulif, ministre de la Gouvernance et des Affaires générales, en marge d’une conférence sur la compétitivité tenue à Casablanca. Ce système, largement critiqué, ne profiterait pas aux plus défavorisés et encouragerait les monopoles, notamment dans le secteur du sucre. En 2011, le gouvernement marocain a déboursé 50 milliards de MAD (4,5 mrds €) en subventions. Malgré la situation économique difficile, il espère ramener ce montant à 42 milliards de MAD (3,7 mrds €) en 2012. Un vœu pieux.

Les syndicats dans la rue

Dans ce contexte, les syndicats proches de l’opposition de gauche, la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT), entendent maintenir la pression. Le 27 mai 2012, plus de 50 000 personnes ont manifesté dans les rues de Casablanca à l’appel des deux centrales.

« Nous sommes conscients de la difficulté de la situation économique. Même si, au Maroc, le grand problème n’est pas une question de croissance, mais d’abord et surtout un problème de répartition des richesses », indique Abdelkrim El Aziz, membre du bureau exécutif de la CDT.

« Seuls 20% des travailleurs ont accès à la sécurité sociale, 20% des entreprises respectent le Code du travail (…) Plutôt que de s’attaquer aux problèmes sociaux, aux problèmes de pauvreté, à la précarité des travailleurs, ce gouvernement commence par ouvrir des discussions avec la Confédération générale des entreprises du Maroc, le patronat, pour faire passer une loi restreignant le droit de grève ! C’est pour cela que nous sommes descendus dans la rue », explique le responsable CDT.

En 2011, le nombre de grèves a quasiment doublé au Maroc, notamment du fait du secteur public.

« Dans le secteur privé, 10% seulement des travailleurs sont syndiqués. Il y a peu de grèves. Dans 90% des entreprises, la loi ne s’applique pas. L’État ne joue pas son rôle. Ce gouvernement a très mal commencé. On vient lui dire, attention, vous prenez la mauvaise direction. Au moins, respectez la dignité des travailleurs », lance le syndicaliste.




Jeudi 31 Mai 2012



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Commentaires

1.Posté par lassoued le 01/06/2012 10:22
Le Maroc demeure un pays qui a besoin de développer une classe moyenne, donc d'un certain nivellement de la société. Les grèves , les revendications, bref une certaine "lutte des classes" , chère aux CGTistes de tout bord et de tout pays, sont strictement contre-indiqué, aussi bien chez eux que chez nous en Tunisie. Nous ne sommes pas l'Europe, et ces conflits ramenés dans nos pays respectifs risquent de mettre nos économies irréversiblement "à plat". Le mot clé, dans ce genre de situation, au bord de la catastrophe, c'est le "consensus", loin de toutes les tendances partisanes! De Gaulle , en 45, avait bien trouvé cette solution de mettre tout le monde d'accord et de ne considérer que l'intérêt général du pays, en faisant appel à des technocrates de tout bord ....

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