Le Liban se dote d'un gouvernement après cinq mois de crise
Le premier ministre libanais Nagib Mikati dispose enfin d'un gouvernement (photo DR)
LIBAN. Il aura fallu cinq mois de discussions ardues et de crises politiques pour que le pays du Cèdre parvienne à se doter d'un gouvernement. Le Premier ministre Nagib Mikati a annoncé, lundi 13 juin 2011, la formation d'un cabinet de trente ministres dominé par l'ex-opposition.
Les Libanais n'y croyaient plus. Après cinq mois de vacance gouvernementale et surtout de crises politiques, le Premier ministre désigné Nagib Mikati est parvenu à constituer un gouvernement. 140 jours après sa désignation par l'ex-opposition — dont les ministres avaient démissionné du précédent gouvernement de Saad Hariri le 12 janvier 2011, Nagib Mikati a annoncé la formation d'un cabinet de trente ministres. Ce nouveau cabinet compte dix-neuf ministres appartenant à la nouvelle majorité constituée du Hezbollah de Sayyed Hassan Nasrallah, du parti Amal de Nabih Berri, du Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun. Le reste des portefeuilles a été réparti à des personnalités proches du président libanais Michel Sleimane, du druze Walid Joumblatt et du Premier ministre.
Pendant cinq mois, les discussions sont allées bon train. Le camp du 14 mars, mené par Saad Hariri refusant de facto de participer à ce gouvernement, tandis que la nouvelle majorité dite du 8 mars se disputait les portefeuilles régaliens comme l'Intérieur. Des discussions d'autant plus vives que le gouvernement est aussi tributaire, dans sa composition, des confessions religieuses. Nagib Mikati de son côté, souhaitait se détacher d'une nomination trop marquée comme étant voulue par le Hezbollah.
Finalement, le Hezbollah détient deux ministères, l'Agriculture où Hussein Hajj Hassan est reconduit, ainsi qu'un ministère d'Etat confié à Mohammad Fneich. Les dix-sept autres portefeuilles reviennent aux partis Amal et CPL. Mohammad Safadi, qui était dans le précédent cabinet Hariri, à l'Economie et au Commerce, obtient le ministère des Finances, tandis que Nicolas Nahas, le conseiller de Nagib Mikati, prend en charge l'Economie et le Commerce. Pas de changement en revanche pour le ministère de l'Energie et de l'Eau, où Gebran Bassil est maintenu, tout comme aux Travaux publics que Ghazi Aridi conserve. Fadi Abboud est également reconduit au ministère du Tourisme. Charbel Nahhas passe des Télécoms au ministère du Travail, les Télécoms étant pris en charge par Nicolas Sehnaoui. Une bonne nouvelle pour l'économie
Après l'annonce de la formation de son gouvernement, Nagib Mikati s'est voulu rassurant, soulignant que le Liban ne basculerait pas dans le camp radical.
Quant à la Syrie, le plus proche voisin du Liban et surtout l'alliée du Hezbollah, elle aura été le premier pays à se féliciter de la formation du gouvernement. Les Etats-Unis ont eux annoncé prudemment qu'ils jugeraient le nouveau gouvernement "sur ses actes". La formation du gouvernement devrait en tout cas réjouir les commerçants et industriels à la veille de la saison estivale. Nombre d'entre eux s'étaient en effet plaint de la paralysie économique et du mauvais climat d'affaires provoqués par la vacance gouvernementale. Lire aussi: La rue sunnite libanaise mécontente de la nomination du nouveau Premier ministre
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