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Le Liban doit monter dans le train des réformes selon l'UE


UNION EUROPÉENNE / LIBAN. La Commission européenne dresse un bilan de la Politique européenne de voisinage initiée en 2004. Pour l'UE et ses partenaires, les résultats les plus importants ont été obtenus dans le domaine économique. Mais la situation varie suivant les pays. Au Liban les blocages politiques retardent les dossiers.




L'ambassadeur Patrick Laurent. (crédit Délégation de l'UE au LIban)
L'ambassadeur Patrick Laurent. (crédit Délégation de l'UE au LIban)
UNION EUROPÉENNE / LIBAN. La publication du rapport d'avancement de la Politique européenne de voisinage, le 12 mai 2009, a permis à l'ambassadeur de la Délégation de l'Union européenne au Liban, Patrick Laurent, de faire le point sur les réformes conseillées par l'UE au Liban pour l'année 2009.

Patrick Laurent a rappelé l'importance de la PEV qui vise à créer "une zone de stabilité et de sécurité sur le front sud et est de l'UE". D'ailleurs, l'Europe prévoit d'investir pas moins de 12mds€ sur la période 2007-2013, au titre de la Politique européenne de voisinage.

Globalement, l'ambassadeur a souligné que la transformation des relations entre l'Union européenne et les pays voisins était considérable depuis 2004, notamment au niveau commercial. "Les échanges commerciaux ont progressé à une vitesse à deux chiffres en cinq ans". Les exportations ont augmenté  de 63% sur les cinq dernières années alors que les importations sont en hausse de 91%, montrant bien que l'ouverture bénéficie autant à l'UE qu'à ses voisins.
Ce qui explique d'ailleurs pourquoi les moyens financiers, accordés à l'UE pour la mise en oeuvre de la PEV, ont augmenté de 32% par rapport à la période précédente.

Le Maroc et la Jordanie, bons élèves

Malgré ces points positifs, Patrick Laurent a expliqué que des progrès allaient devoir être faits en matière de mobilité sur le  flanc sud de l'UE : "Des accords sont en cours pour faciliter l'accès aux visas pour les personnes dites de bonne foi (businessmen, étudiants, touristes). Mais ils dépendent beaucoup des progrès effectués par les pays du Sud dans la gestion des flux migratoires".

Ce rapport d'étape de la Politique européenne de voisinage a permis également de remarquer quels pays tirent le mieux leur épingle du jeu sur la rive sud de la Méditerranée.

Pour la mise en oeuvre des réformes, le Maroc et la Jordanie figurent sans conteste parmi les meilleurs élèves de la PEV.
Le programme TAIEX, qui propose une assistance technique sur mesure et sur demande aux voisins de l'UE, en est un indicateur intéressant. Le Maroc a affiché 735 participants à des événements organisés dans ce cadre entre 2006 et 2009, la Jordanie, 576, sur la même période.

2009, une période creuse pour le Liban

Côté Liban, en revanche, les réformes ont avancé à pas de tortue en 2009.  Patrick Laurent explique que "la formation du nouveau gouvernement, qui a pris six mois, a eu un impact substantiel sur le rythme des réformes à tout niveau".

Selon l'ambassadeur au Liban, "l'agenda des réformes en 2009 a marqué le pas". Il souligne qu'un "paquet de 69 actes législatifs, adoptés entre novembre 2006 et mai 2008 par les gouvernements Siniora I et II, est toujours bloqué au Parlement libanais".
Et cela devient problématique, puisque dans ce paquet législatif figure, entre autres, les projets relatifs à l'adhésion du Liban à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Patrick Laurent note d'ailleurs que cette "adhésion à l'OMC est une priorité car elle permettrait, entre autres, une hausse des IDE (investissements directs étrangers, ndlr) en direction du Liban".

Autre constat du rapport pour 2009, "la très bonne résistance du Liban à la crise financière internationale, et une croissance de l'ordre de 7%, assortie de l'arrivée massive de liquidités étrangères". Patrick Laurent souligne que "le Liban a été le seul pays au monde à avoir réagi positivement à la crise". Ce qui devrait, selon lui, "encourager le Liban à profiter de cet environnement pour mettre ses réformes à jour".

Malgré cette bonne résistance, le pays est toujours confronté à une dette brute colossale qui représentait pas moins de 156% du PIB fin 2009, sans prendre en compte les arriérés de paiements. Par ailleurs, le déficit public s'est encore creusé, pour atteindre 12,3% du PIB en 2009 contre 9,9% en 2008.

Autant de problèmes que le pays pourrait résoudre par l'adoption de toute une batterie de réformes, comme suggéré dans le cadre de la Politique européenne de voisinage.

D'ores et déjà, Patrick Laurent a estimé que des progrès étaient en cours depuis début 2010 et que la Déclaration ministérielle élaborée par le gouvernement Hariri en décembre 2009 était "prometteuse et soutenue entièrement par l'UE". "Il faut que le Liban monte dans le train des réformes", a-t-il lancé. Ce qui devrait, peut-être, favoriser la mise en oeuvre du Plan d'action UE-Liban dans les années à venir.

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Jenny Saleh, à BEYROUTH


Mercredi 12 Mai 2010



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