Le Grec Manolis Glezos entre en guerre contre les banques et demande des comptes à l'Allemagne
GRECE. Dans la rue, on le salut, avec un profond respect et un grand sourire. On vient spontanément à lui, lui serrer la main, le remercier d’être encore à 89 ans, celui qui montre la voie.
Manolis Glezos sourit remercie les gens d’être là; mais en aparté il regrette sans aucune fausse modestie, d’être encore celui dont les Grecs ont besoin pour réagir. « Les Grecs doivent avoir confiance en eux même, il faut qu’ils croient en eux pas en moi.» Manolis Glezos est la légende vivante du pays. Il avait à peine 18 ans lorsque dans la nuit du 30 mai 1941, il décide avec son ami Apostolos Santas de descendre sur un coup de tête le drapeau nazi qui flottait depuis trois jours sur l’Acropole. A l’époque son geste a donné du courage à tous les pays qui résistaient. Aujourd’hui Manolis Glezos, qui été torturé, emprisonné plusieurs fois et condamné à mort, reprend du service et entre en resistance contre les banques et le Fmi. Avec Mikis Theodorakis, grand résistant contre la dictature comme lui et ancien député et eurodéputé comme lui, il a fondé le mouvement ELADA dont l’acronyme veut dire Grèce « pour appeler les Grecs à résister contre les mesures du mémorandum qui sont des mesures mettant la Grèce dans la pire place de son histoire . On veut faire de nous un protectorat ! c’est inadmissible ! ». Pourquoi ELADA ? « parce que nous la génération de la résistance nous voulons aider les nouvelles générations à trouver l’assurance du droit à résister contre les mesures barbares qui s’attaquent à nos vies, au pays et à la constitution ». Manoli Glezos, comme beaucoup, est très inquiet : « les gens viennent vers moi et me disent, Manolis je ne vais pas laisser mon enfant mourir, je ne vais pas me suicider comme cette femme à Patras ( qui s’est jetée dans le vide) moi je vais tuer. » Et il est là le danger souligne Manolis Glezos « la grande majorité des Grecs ne veulent des ces mesures . ils sont désespérés prêt à tout, et nous voulons éviter le pire. Nous voulons éviter que leur rage et colère partent dans une direction hors de tout contrôle qui ne va pas résoudre le problème » Pour Manolis Glezos comme pour MikisTheodorakis cette colère et cette rage doivent se transformer en de vraies actions politiques avec des élections au bout de la chaine . Que l'Allemagne paie ce qu'elle nous doit !
Quant au dilemme « humiliation ou plus grande humiliation » Manolis Glézos le balaie d’un geste et hausse la voix « il y des possibilités pour sortir de cette impasse ; Déjà que l’Allemagne paye ce qu’elle nous doit .Elle l’a fait pour tous les pays qui se sont dressés contre elle, sauf la Grèce .Pourquoi ?" tonne t il ». Hitler avait obligé le trésor grec à prêter de l’argent au Troisième Reich, argent qui n’a jamais été remboursé et qui est estimé avec les réévaluations et les intérêts à environ 182 mrds €. Berlin persiste à ignorer la facture alors même que des voix en Allemagne commencent à se poser des question. « Pourquoi Frau Merkel ne veut pas nous rembourser ? Elle se venge de ce que les Grecs étaient les premiers à faire capoter la suprématie de l’Axe ? » se demande Manolis Glezos qui, en bon militant de la gauche radicale, n’a pas de mot assez durs pour cette Europe « qui se fait mener par le bout du nez par quelques banques et agence de notations et qui fait connaître à tous ses peuples une récession pire que celle de 1929 ». Il prône la redistribution des richesses, la baisse des commandes d’armement qui devraient être au niveau zéro pour au moins dix ans.
Enfin, il propose un prêt national « nous n’avons pas besoin des autres , un prêt obligatoire pour les riches et volontaire pour les plus pauvres, vous verrez nous nous en sortirons .» Lire aussi : L'Eurogroupe sauve la zone euro mais à quel prix pour les Grecs ? Thomas Iacobi, à ATHENES
Mardi 21 Février 2012
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