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Le Forum de Marseille pour une coopération économique au Maghreb


Institutionnels et chefs d'entreprises européens et de la région Mena se sont réunis à Marseille pour évoquer les nouveaux courants d'affaires envisageables après les révolutions arabes, mais aussi renouveler les vœux pour un rapprochement entre les pays du Maghreb, notamment pour le couple algéro-marocain.



Le premier forum d'affaires Europe-Mena s'est déroulé à Marseille (photo F.Dubessy)
Le premier forum d'affaires Europe-Mena s'est déroulé à Marseille (photo F.Dubessy)
MÉDITERRANÉE. "Une vision commune pour une prospérité partagée" tel était le crédo du Forum de Marseille, premier forum d'affaire Europe-Mena, organisé à Marseille les 13 et 14 octobre 2011 par le think tank CAPmena (Centre of Analysis and Prospective for Middle East and North Africa) et Euromed Management, dans le cadre de la Semaine économique de la Méditerranée. 

Les orateurs, institutionnels et dirigeants des pays du pourtour méditerranéen et du golfe se sont succédé pour affirmer la nécessité du développement d'une zone économique méditerranéenne. "Nous avons besoin d'une stabilité juridique, réglementaire et institutionnelle. Plus rapidement cela arrivera, et plus facilement nous pourrons nous développer dans cette zone" commente Jean-Laurent Granier, CEO MedLA du groupe Axa.

"On parle beaucoup du printemps arabe, mais c'est surtout actuellement la région des quatre saisons avec les inquiétudes et les incertitudes. Nous sommes passés de l'étatisation de la société à une privatisation de l'état. Il faut redéfinir le rôle distributif de l'État " souligne Nassif Hitti, ambassadeur des États de la ligue arabe en France. "L'intégration régionale à géométrie variable commence à être possible avec l'ouverture et la création d'un état de droit"  poursuit-il. Reste à savoir quelle voie emprunter.

Rada Hamiani, ancien ministre et président du Forum des chefs d'entreprises algériens, se dit "séduit parle modèle turc. Nous avons, avec beaucoup de plaisir, abandonné l'économie de type soviétique, mais le libéralisme proposé par la Banque mondiale et le FMI ne nous convient pas. Nous recherchons une solution de synthèse, une troisième voie comme on dit en France." Comment la trouver ? "Nous souhaitons que nos amis européens nous aident. Mais il ne faut pas que cette aide sente le pétrole ! Et qu'ils viennent avec leurs idées pour nous les imposer ! Dans le monde existe un problème de liquidité. Chez nous, nous avons un problème de sur-liquidité. il faut se placer ensemble dans des logiques gagnantes-gagnantes. Nos attentes constituent autant d'opportunités pour les Européens " prévient Rada Hamiani.

"Les gouvernements de l'ère Ben Ali ont poursuivi un modèle de développement qui servait leurs intérêts. Il s'agissait d'un régime libéral avec une intervention minimale de l'Etat mais sans aucun respect de la concurrence, dans un système corporatiste" rappelle Elyès Jouini, ancien ministre tunisien et vice-président de Paris Dauphine. "Ce système a été dans l'incapacité de distribuer la croissance économique et donc de répondre aux vrais problèmes économiques et sociaux. La croissance de 5% par an a été insuffisante" poursuit-t-il en évoquant "la nécessité d'une réforme de la gouvernance, de lever les freins à l'entrepreunariat avec des règles claires en matière d'investissement et de concurrence."
La Tunisie affronte deux défis : le chômage et particulièrement celui jeunes diplômés qui représente 200 000 personnes sur un total de chômeurs de 700 000. Un chiffre à rapprocher de celui de la population active : 3,5 millions. Et le fossé creusé entre la côte tunisienne et le centre du pays. "Une course est entamée avec des échances et des choix politiques" affirme Elyès Jouini.

La conférence des arrières pensées

La question de l'entente entre les pays du Maghreb reste le gros noeud gordien à dénouer avant de parler de prospérité dans les pays du Maghreb, d'une zone de libre-échange avec l'Europe. C'est ce que constate l'ensemble des intervenants. Ainsi pour Abdelmalek Alaoui, managing partner de Gobal Intelligence Partners au Maroc, "la croissance est interdite à l'est et donc le Maroc va la chercher au sud. Maroc Telecom a ainsi cinq licences GSM en Afrique."

Rada Hamiani reconnait aussi "regretter ce non-Maghreb qui pèse sur la région. Nous perdons de 1 à 2 points de croissance à cause de cela." Selon Abdelmalek Alaoui, "pour créer l'étincelle susceptible de créer le couple maroco-algérien, il faut arrêter les procès en sorcellerie, savoir qu'aucun conflit ne saurait être dépassé, et que la société civile et la presse aient le souci de construire un respect mutuel."

"Je pense que la prochaine rencontre méditerranéenne doit se dérouler autour du couple algéro-marocain. La société civile doit prendre le leadership" explique Abdelmalek Alaoui. Il propose même de nommer cette réunion, "la conférence des arrières pensée ". "Il existe une complémentarité parfaite entre le Maroc et l'Algérie. Les hommes de bonne volonté doivent se regrouper. Il en va de notre avenir et de celui de l'Europe. Mais, nous n'avons pas besoin de tuteur pour passer un coup de fil de Rabat à Alger" poursuit-il.
 

Politique plus sélectives pour les marchés

Se pose également l'ouverture de nouveaux marchés issus des printemps arabes. "Le retard d'infrastructure existait avant les révolutions et a même été estimé à 300 mrds€. Il est juste dans une nouvelle dimension, car il se trouve au coeur de l'aspiration des populations pour une nouvelle gouvernance" a tenu a rappeler Henry Marty Gauquié, directeur des relations internationales à la Banque européenne d'investissement (BEI). Et de prévenir : "les pays du sud et de l'est de la Méditerranée vont passer à une politique plus sélective dans leurs marchés."

Une affirmation à rapprocher de celle d'Ahmed Tibaoui, ancien ministre algérien et directeur général du World Trade Center d'Alger, pour qui, "les entreprises européennes sont plus chères. Les Chinois vont plus vite pour des coûts moindres et une qualité identique." Pour Eric Francoz, managing director d'InfraMed Management, "la concurrence, on n'a jamais trouvé rien de mieux pour faire baisser les prix ! La région s'est ouverte à d'autres marchés, il est normal que se fasse un rééquilibre. Le transfert qui se fait sur les PPP (NDLR Partenariats publics privés) est une grande chance pour les entreprises européennes."

"Notre rôle est de renforcer les États pour qu'ils aient un dialogue d'équilibre avec Vinci, Bouygues... Pour les associer sur le long terme au développement socio-économique de ces pays" souligne Henry Marty Gauquié.
 




Vendredi 14 Octobre 2011



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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