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Le Femise fait valoir son expertise économique pour résoudre la crise en Méditerranée


Alors que l’avenir du forum apparaît incertain, une centaine de chercheurs issus de toute la Méditerranée s’est réunie à Marseille pour tirer le bilan des quinze ans de travaux, présenter leurs dernières études et envisager leur rôle à l’avenir.



L'Union européenne, l'OCEMO, la BEI ou l'OCDE à la tribune. (photo : CG)
L'Union européenne, l'OCEMO, la BEI ou l'OCDE à la tribune. (photo : CG)
MEDITERRANEE. Un an après le début du printemps arabe, les membres du Forum euroméditerranéen des instituts de sciences économiques (Femise) se sont réunis à Marseille, les 15 et 16 décembre 2011, pour leur conférence annuelle. Les économistes soutiennent que l’éveil des peuples reposait bien sur une quête de liberté, de dignité :  « Pour beaucoup, la situation économique de la Tunisie et de l’Égypte a motivé les manifestants, mais ce n’est pas juste ! assure le président du Femise, Ahmed Gallal, membre du Economic Research Forum du Caire, en Égypte. Nous assistons à la fin de l’exception arabe qui conduira comme dans d’autres régions du monde à la disparition des dictatures au profit de démocraties ».

Un besoin de liberté toutefois modéré par une participante qui rappelle que les révoltes ont été conduites par de jeunes urbains diplômés et sans emploi, remettant ainsi le besoin de liberté au cœur des problématiques économiques. D’autant que comme l'explique Lahcen Achy, membre de l'Institut national de statistique et d'économie appliquée (INSEA) de Rabat (Maroc) et du Carnegie Middle East Center de Beyrouth, le modèle autoritaire en vigueur dans la plupart des pays arabes a tenu notamment en compensant les frustrations du peuple par la dépense publique.

Le président du comité scientifique du Femise, Jean-Louis Reiffers, voit en ces changements un défi pour le réseau de chercheurs qui doit renouveler ses propres méthodes, réévaluer ses modèles pour accompagner les futures politiques économiques. Il identifie cinq enjeux majeurs à prendre en considération pour gérer la transition : garantir le panier de la ménagère, mettre en œuvre un système démocratique non corrompu, donner de l’emploi aux diplômés, développer les PME et assurer l’équilibre régional entre les territoires urbains et ruraux.


Réduire la part des Etats dans les économies

Pierre Deusy, responsable des affaires économiques et commerciales du partenariat euroméditerranéen au sein de l'Union pour la Méditerranée. Photo CG
Pierre Deusy, responsable des affaires économiques et commerciales du partenariat euroméditerranéen au sein de l'Union pour la Méditerranée. Photo CG
Matts Karlson estime de son côté que l’Europe doit accompagner la transition en fixant un cadre clair, avec des objectifs, aux États du sud. « L’Europe a soutenu la démocratisation des pays de l’Est de cette façon, assure le directeur du Centre de Marseille pour l'intégration en Méditerranée (CMI). Personne ne proposera au Maroc ou à la Tunisie d’intégrer l’Union européenne. Mais les indicateurs économiques  de ces pays apparaissent bien meilleurs que ceux de l’Estonie ou de la Pologne au moment de leur transition ».

Ils sont même parfois meilleurs que ceux de certains États européens : Pierre Deusy, responsable des affaires économiques et commerciales du partenariat euroméditerranéen au sein de l'Union pour la Méditerranée (UpM), constate que l’Italie s’endette aujourd’hui à des taux plus élevés que le Maroc, ce qui lui parait significatif. Pour autant, il regrette que le changement démocratique n’ait pas donné lieu automatiquement à une rupture avec certaines pratiques : « Les économies de rente gangrènent les pays arabes, soutient-il. Les règles de la gouvernance doivent être au cœur des réformes pour travailler sereinement ».

Dans ce contexte, Pierre Deusy souligne l’importance du travail du Femise pour produire des études sérieuses et indépendantes. Un point de vue partagé par Henry Marty-Gauquié, directeur représentant la Banque européenne d’investissement (BEI) à Paris, comme par les autres membres du panel invités pour expliquer le rôle de la communauté internationale dans l’accompagnement de la transition. Raed Safadi, directeur adjoint de la division commerce et agriculture de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), se montre convaincu que les États doivent passer la main : « Ils créent aujourd’hui 70% du PIB, mesure-t-il. Cette proportion doit diminuer de moitié pour laisser éclore des économies dynamiques ».

Entre le terrain et la recherche

En marge des plénières, plusieurs études ont été présentées évoquant le développement durable, la croissance verte, la finance, l’emploi, l’impact des migrations ou de la libéralisation des échanges. Le réseau mené depuis sa création à la fin des années 2 000 125 études, associant plus de 300 chercheurs différents. Le Femise compte désormais 93 membres, qui se répartissent équitablement entre le nord et le sud de la Méditerranée. Le positionnement du réseau, entre la recherche académique - difficilement lisible pour les décideurs - et les études de terrain, revêt un intérêt indéniable comme le prouvent les sollicitations récentes : surprise par les évènements du début de l’année, la communauté internationale s’est tournée vers le Femise pour disposer de données macroéconomiques et adapter sa réponse aux problématiques spécifiques qui se posent sur la zone Méditerranée.


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Jeudi 29 Décembre 2011



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