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Le FMI joue la "Pythie" face aux pays de la Méditerranée


Le Fonds monétaire international révise avec force ses prévisions de croissance pour 2012 pour la plus grande déconvenue des pays du pourtour méditerranéen dans ses prévisions du World Economic Outlook de janvier 2012.



Les perspectives de l'économie mondiale révisée en janvier 2012
Les perspectives de l'économie mondiale révisée en janvier 2012
EUROPE / MÉDITERRANÉE. Le Fonds monétaire international révise avec force ses prévisions de croissance pour 2012 pour la plus grande déconvenue des pays du pourtour méditerranéen, dans ses prévisions du World Economic Outlook de janvier 2012.

Désormais, le FMI table sur une croissance mondiale de 3.3% en 2012, contre 4% lors de ses précédentes prévisions. Pour 2013, le Fonds espère tout de même un renforcement de la croissance mondiale à 3,9%.

Trois facteurs expliqueraient ce scénario de récession, particulièrement en zone euro, selon Olivier Blanchard du département économique du FMI: "la montée des taux d'intérêt sur les dettes souveraines, les réductions de crédits bancaires dans l'économie réelle et l'impact des programmes supplémentaires d'assainissement budgétaire".

La zone euro devrait subir selon le FMI une "légère récession" soit un recul du PIB de 0.5%. Par rapport aux prévisions de septembre 2011, le FMI réduit de 1,6 point son pronostic de croissance. En France, le PIB ne progresserait que de 0,2% en 2012. Le fonds prédit une récession sérieuse en Italie avec un recul du PIB de 2,2% en 2012 et en Espagne, avec une contraction de 1,7% de l'activité économique pour 2012.

En 2012 et 2013, la croissance des économies émergentes et en développement se situerait en moyenne à 5,45 %, soit un net repli par rapport aux 6,45% enregistrés en 2011, et environ 0,5 point en dessous des projections de septembre 2011. Mais la croissance des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord devrait s'accélérer.

L'Europe, "en pleine zone de danger"

La zone euro vacillerait, selon l'organisation, au coeur de courants violents dangereux pour sa stabilité.

Malgré les mesures entreprises pour améliorer "l'état d'esprit des marchés", le financement des États constituerait un des problèmes majeurs : "si les problèmes de financement entraînent une série d’inversions du levier financier de la part des banques, cela pourrait provoquer une chaîne de réactions négatives dans les pays de la zone euro". La vulnérabilité de certains pays de la zone euro sensibiliserait davantage les pays aux risques financiers et compliquerait alors le rééquilibrage budgétaire.

Le FMI note une augmentation sensible des rendements des obligations souveraines particulièrement sur les échéances courtes et moyennes "signalant des craintes accrues concernant les risques de financement et de défaillance". Les mesures prises par les pouvoirs publics s'avèrent donc insuffisantes pour "contenir les interactions négatives" plongeant certains pays "dans une situation de mauvais équilibre avec le désengagement des investisseurs étrangers à long terme". Le rôle de la BCE, venu compléter les établissements locaux pour combler le déficit de financement, s'avère primordial avec son programme de rachat d'obligations (SMP) en périphérie de la zone euro.

Dans le système bancaire, l'onde de choc de la crise de la dette se propage, les écarts interbancaires se creusent et l'accès des banques au financement à long terme se réduit. Déjà, certaines banques annoncent des "plans d’allégement important de leur bilan, qui consistent à délester des actifs de la zone euro ainsi que des pays émergents" pouvant "avoir des répercussions sur un large éventail d’activités économiques, du financement des échanges et des projets, en passant par l’arbitrage international".

"Contagion" de la crise en zone euro ?

Le FMI met à jour ses prévisions de croissance pour 2012 et 2013 (fmi)
Le FMI met à jour ses prévisions de croissance pour 2012 et 2013 (fmi)
La crise en zone euro contagieuse ?

C'est ce qu'en croit l'organisation internationale. Selon le FMI, ladite situation "menacerait aussi les pays émergents européens et pourrait déborder sur d’autres pays émergents". Pour résister à ces défis, certains de ces pays constituent "d’importants volants de liquidités et de fonds propres pour parer aux chocs" et élargissent "leur marge de manœuvre pour mener des politiques économiques anticycliques, encore que la situation varie d’un pays ou d’une région à l’autre". Les pays émergents d'Europe restent, selon l'organisation, les plus vulnérables "compte tenu de la concentration de prêts de banques européennes et de la dépendance à l’égard des marchés d’exportation européens".

Dans la plupart des pays importateurs de brut de la région, "l'environnement extérieur défavorable et les transitions politiques plus lentes que prévues" impacte les perspectives de croissances devenues faibles. Les prix des matières premières baissent en 2011, en raison du recul de la demande mondiale. Malgré l'intensification des risques géopolitiques liés au pétrole, les cours du pétrole devraient "se maintenir pendant un certain temps et enregistrer un timide repli en 2012". Le prix du brut reste globalement inchangé par rapport à septembre 2011 (99 dollars le baril). S’agissant des autres matières premières, la crise en zone euro impacte la demande mondiale et devrait pousser les cours à la baisse (chute prévue de 14% en 2012 des produits de base hors pétrole).

Malgré tout, l'activité économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord reste moins impactée par la crise en zone euro que les pays émergents d'Europe. Elle devrait s’accélérer en 2012 et 2013, principalement "sous l’impulsion de la reprise en Libye et des bons résultats que continuent d’enregistrer des autres exportateurs de pétrole".

Créer un pare-feu pour le financement des États

"L’Europe doit accroître sa compétitivité et doper sa croissance à long terme" selon Christine Lagarde
"L’Europe doit accroître sa compétitivité et doper sa croissance à long terme" selon Christine Lagarde
"L’Europe doit accroître sa compétitivité et doper sa croissance à long terme" selon Christine Lagarde
"L’Europe doit accroître sa compétitivité et doper sa croissance à long terme" selon Christine Lagarde
Le FMI prône la mise en place "de nouvelles mesures pour rétablir la confiance des marchés" notamment la mise en place de " garanties plus importantes pour le financement des États, veiller à ce que les banques disposent d’un financement et de fonds propres adéquats et maintenir un flux de crédit suffisant vers l’économie".

S'agissant du FESF (Fonds européen de stabilité financière) "compte tenu de sa taille et de sa structure" il apparaît insuffisant pour financer à des coûts raisonnable et le FMI avise les décideurs du renforcement de la taille et de la flexibilité du fonds. La BCE devrait, selon l'organisation compléter le fonds et injecter "des liquidités de façon substantielle et soutenue pour stabiliser les marchés des titres d’État et du financement bancaire". La mise en place d'un nouveau mécanisme dans la zone euro "doté de moyens lui permettant de prendre des participations directes dans les banques" apparaît nécessaire selon le fonds.

Quant aux pays, le FMI recommande de surveiller et de limiter l’inversion du levier financier de leurs banques chez eux mais aussi à l’étranger, en coopération avec les instances réglementaires du pays d’accueil. De plus, l'"augmentation crédible des volants de fonds propres des banques" s'avérerait nécessaire "pour rétablir la confiance des marchés". Enfin l'organisation prône la nécessite de restructurer, recapitaliser ou liquider "les établissements faibles, sous-capitalisés, peu rentables et vulnérables aux chocs de financement, qui pèsent encore sur la reprise". La politique monétaire doit enfin "être suffisamment accommodante et, lorsque cela est nécessaire, des politiques structurelles devraient être engagées pour promouvoir la croissance, notamment en rétablissant la compétitivité du secteur privé".

Voir le rapport du FMI

Lire aussi : La crise financière : quelles conséquences sur le Maghreb et quelles perspectives ?




Mercredi 25 Janvier 2012



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