Le FMI globalement satisfait des performances de l’économie algérienneL’institution présidée par Dominique Strauss-Kahn s’inquiète de la persistance d’un fort taux de chômage juvénile (25%), d’un retour de l’inflation (5,8%) et de certaines mesures de la LFC 2009.
Le FMI plaide pour une diversification de l’économie algérienne (photo DR)
ALGERIE. Une mission du FMI a séjourné en Algérie du 21 octobre au 3 novembre 2009, pour y mener des discussions avec les autorités algériennes dans le cadre des consultations annuelles au titre de l’article IV des statuts du Fonds.
Chef de division au département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Joël Toujas-Bernaté qui dirigeait cette mission livre son analyse. En 2009, le Produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie se situera à 2% seulement. Cette modeste croissance s'explique par la baisse importante de la production d’hydrocarbures (6 à 7%) qui découle de la contraction de la demande mondiale ainsi que de problèmes techniques rencontrés sur le gazoduc reliant l’Algérie à l’Italie. Le PIB hors hydrocarbures devrait en revanche atteindre les 9% grâce à l’agriculture et aux investissements publics (bâtiment et travaux publics en particulier). L’agriculture algérienne a réalisé pour sa part des performances exceptionnelles avec une production céréalière record. Enfin, les réserves internationales de l’Algérie devrait atteindre 149 mds$(100,15mds€) à la fin de l’année en cours. Les résultats macro-économiques du pays sont donc globalement positifs aux yeux du FMI. Inquiétudes sur le chômage des jeunes
Le taux de chômage de 11% en 2008 contre 25% en 2003 constitue un autre motif de satisfaction pour l’institution de Bretton Woods.
Mais elle tire la sonnette d’alarme devant le taux de chômage chez les jeunes qui atteint les 25%. Joël Toujas-Bernaté qualifie d'"inquiétant" ce taux, qui n’a pas varié depuis deux ans. « Rien n’a été fait pour réduire le chômage juvénile » poursuit-t-il. Cette donnée reste pourtant un défi majeur pour le pays. Selon le FMI, l’Algérie connaîtra cette année son premier déficit budgétaire de la décennie (8,4% du PIB) alors qu’elle avait connu un surplus de 8,1% en 2008. L’inflation se situera pour sa part autour de 5,8% en 2009 en raison, notamment, d’une forte augmentation des prix des produits alimentaires frais. En 2010, le FMI prévoit une croissance du PIB de l’ordre de 4 à 5%. Cette amélioration s'explique par la reprise économique mondiale qui devrait booster le marché des hydrocarbures. Les réserves internationales pourraient quant à elles atteindre les 159,7 mds$ (107,4 mds€) à la fin 2010. Le FMI recommande plus de secteur privé et plus d'IDE
Le FMI plaide pour une diversification de l’économie algérienne afin de ne plus dépendre des seules ressources tirées des hydrocarbures et de développer le secteur privé en tant que relais de la dépense publique.
Les ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR) devraient être utilisées en vue de financer l’ambitieux Programme d’investissements publics (PIP). L’institution basée à Washington recommande également de favoriser l’émergence d’un secteur privé dynamique et de favoriser l’investissement direct étranger (IDE). Affirmant ne pas vouloir se prononcer sur l’impact des mesures contenues dans la LFC 2009, Joël Toujas-Bernaté n’en déclare pas moins que l’imposition d’une majorité algérienne de 51% dans les projets d’investissements ne vat pas dans le bon sens et que l’Etat n’est « pas toujours le partenaire naturel pour les investisseurs étrangers ». Il loue en revanche l’instauration du crédit documentaire « qui permet d’établir toutes les informations." Enfin, à propos d’un éventuel achat d'obligations du FMI par l'Algérie, il indique qu’elle est possible, du fait du confortable matelas de 146 mds$ (98,2mds€) dont dispose le pays. Rappelons que le FMI a besoin d'augmenter ses ressources à 750 mds$ (504,13mds€).. Lire aussi: Une nouvelle politique économique algérienne Amal Belkessam, à ALGER
Vendredi 6 Novembre 2009
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