La voie de l'attractivité se dessine en Méditerranée
A la tribune, les représentants du nord et du sud tentent de rassembler autour des atouts de la zone Méditerranée. photo CG
MEDITERRANEE. Le salut de l’UPM viendra des entreprises. Réunis autour de Philippe de Fontaine Vive, le vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), des représentants du monde économique sont venus affirmer leur confiance en une union de projets, nécessaire pour les économies européennes comme pour celles du sud de la Méditerranée.
Depuis 2008 et la crise de l’économie mondiale, le regard sur le Maroc, la Jordanie ou l’Egypte a bien changé. Philippe de Fontaine Vive avance ce qui a fait évoluer les rapports de force. « En 2009, l’Union européenne a connu une récession de 4,3 % alors que les pays méditerranéens enregistraient de leur côté une croissance de 2,3 points, observe-t-il. Jamais un tel différentiel de croissance n’avait été observé ! » Pragmatiques, les entrepreneurs européens voient désormais des opportunités réelles de marché au sud. Et demandent que les échanges soient facilités. Un souhait entendu par les organisations professionnelles comme par les acteurs publics qui vantent leurs efforts en termes de formation ou de création d’outils financiers facilitant les relations entre les entreprises. Echanges sud-sud trop faibles, mais si l'Algérie et le Maroc voulaient...
Le mouvement des entreprises de France ; (Medef) évoque également les craintes de ses adhérents qui déplorent un climat politique instable et un cadre réglementaire peu sécurisé pour les affaires au sud.
Sa représentante, Julie Benoît, rappelle pourtant que des progrès importants ont été accomplis : « Des pays comme le Maroc, la Jordanie ou l’Egypte prennent désormais les bonnes places dans les classements mondiaux d’évaluation de leurs performances en termes d’audit ou de sécurisation des transactions. Les risques soulevés par les PME françaises sont donc largement surévalués ». De son côté, Moulay Abdelamalek Alaoui, a pointé la déficience des échanges sud-sud. Le gérant du cabinet marocain d’intelligence économique Global Intelligence partners insiste notamment sur le véritable problème posé par la fermeture des frontières entre l’Algérie et le Maroc. « Les deux pays qui pourraient être complémentaires ne communiquent plus et déploient des stratégies économiques différentes qui les pénalisent ». « Un problème qui ne trouve pas de solution simple », selon Anne-Marie Idrac, la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur. « Nous ne tentons pas d'approche trop politique, mais essayons de traiter les questions de façon bilatérale, à l'image de la mission mise en place avec les responsables de Provence-Alpes-Côte d'Azur pour trouver des solutions aux changements législatifs en Algérie qui pénalisent les entreprises du sud de la France et le port de Marseille ». Valoriser la formation pour agir sur le continent africain
Evoquant les apports de la croissance verte pour le développement économique de la Méditerranée, Philippe de Fontaine Vive a notamment fait référence à la relance des infrastructures ferroviaires, particulièrement en Jordanie et au Maroc. Un signe, pour lui, du retour à une économie durable.
Enfin, la nécessité de s'appuyer sur le capital humain pour avancer a été soulignée par tous les intervenants, mettant en avant les efforts engagés, en termes de formation notamment. Et Anne-Marie Idrac de voir plus loin : « Le codéveloppement des pays méditerranéens s'impose en concurrence de l'Asie ou de l'Amérique du sud. Il faut désormais voir plus loin, et envisager une action de tous ces Etats vers le sud de l'Afrique ». Lire aussi: Les chefs d'entreprises lancent l'appel d'Hammamet pour la création d'une Union économique méditerranéenne L'UpM peut devenir le quotidien, le projet des entreprises et des sociétés civiles Le fonds d'infrastructure InfraMed se dote de 386 M€ Le rapport Milhaud sur la création d’une banque méditerranéenne sera présenté le 1er juin 2010 au président de la BEI Caroline Garcia
Jeudi 27 Mai 2010
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