La tripartite algérienne à caractère social profite au patronatLa 14e tripartite qui rassemblait le gouvernement algérien et les partenaires sociaux – organisations patronales et confédération syndicale – était officiellement placée sous le signe du «social». Au final pourtant, elle risque fort de décevoir les millions de travailleurs qui attendaient une substantielle amélioration de leur pouvoir d’achat.
ALGERIE. Près de deux cents mesures économiques en faveur de l’entreprise ont été entérinées lors de la tripartite gouvernement, patronat et syndicat progouvernemental qui s’est tenu les 29 et 30 septembre 2011 à Alger.
Une augmentation de 20% du Salaire national minimum garanti (SNMG) a été annoncée lors de cette tripartite faisant passer le SNMG de 150 à 180 € à partir de janvier 2012. Cette augmentation coûtera 75 mrds de dinars (750 M€), au budget de l’État. Certains syndicalistes et observateurs avaient préconisé un salaire minimum de 300 € afin de sortir les petites bourses de leur précarité, mais le patronat a estimé que cela sonnerait le glas de la plupart des PME qui se trouvent dans une situation financière difficile. La tripartite devait être dominée par les questions sociales, mais il semble que la montagne ait accouché d’une souris. Hormis la faible augmentation du SNMG qui ne permettra pas aux petits salariés de faire face à l’inflation, les principales revendications sociales comme la revalorisation des retraites ou la baisse de l’impôt sur le revenu global (IRG) ont été reportées aux calendes grecques. Le secrétaire général de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Mohamed Sidi Said a estimé que "la victoire de cette tripartite, c'est la victoire des salariés et des gestionnaires". Euphorie chez le patronat
Sur le plan social, cette rencontre a déçu les salariés, par contre sur le plan économique, c’est l’euphorie chez le patronat.
À l’unisson, les sept organisations patronales se sont dites satisfaites de cette rencontre. Des incitations à l'exportation hors hydrocarbures ont été accordées alors que des allègements et simplifications fiscales pour les entreprises ainsi que le rééchelonnement des dettes fiscales étaient également octroyés. Le montant de la dette des entreprises en difficulté financière qui sera rééchelonné va atteindre 2 mrds €. Autres mesures annoncées : le délai de rapatriement des recettes des exportations hors hydrocarbures passe de 120 à 180 jours et le niveau de rétrocession des devises aux exportateurs hors hydrocarbures est porté à 20%. Par ailleurs, le gouvernement a annoncé qu’il généraliserait, avant la fin de l’année 2011, le couloir vert au niveau des douanes au profit des exportateurqs hors hydrocarbures. Il allégera aussi les procédures de remboursement de la TVA à l’exportation et prendra en charge les frais de labellisation des produits agricoles exportés. L’un des présidents d’association patronale privée, Habib Yousfi de la Confédération générale des opérateurs économiques algériens (CGOEA), a déclaré que "le patronat a obtenu ce qu'il attendait depuis dix ans". Huit points étaient à l'ordre du jour de cette rencontre qui a regroupé le chef du gouvernement, accompagné de cinq de ses ministres, sept organisations patronales et l’UGTA. Les syndicats autonomes, majoritaires dans la fonction publique, mais qui n’avaient pas été conviés à cette rencontre contestent la représentativité de l’UGTA. Amal Belkessam, à ALGER
Vendredi 30 Septembre 2011
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