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La tragédie grecque ne fait que se poursuivre


Le gouvernement grec a de nouveau du céder face aux exigences de ses créanciers. Les nouvelles mesures ne devraient pas changer grande chose dans un pays à l'économie moribonde.



La situation reste très confuse en Grèce (photo F.Dubessy)
La situation reste très confuse en Grèce (photo F.Dubessy)
GRÈCE. Nouvelle augmentation des impôts en 2020, treizième baisse des retraites en 2019, nouvel abaissement du seuil de non-imposition déjà fixè à 8 000 € par an, autorisation des licenciements groupés et libération du marche de l’énergie... après six  mois de négociations, Alexis Tsipras a cédé aux exigences de réformes des créanciers. Le premier ministre grec caresse ainsi l'espoir de recevoir la prochaine tranche de prêt. Elle lui permettrait d'éviter un défaut de paiement d’une part, et d’aborder la question de l’allègement de la dette, promise par les créanciers du pays en juillet 2015, d’autre part.
 
Pour autant, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, s’est gardé d’annoncer le versement de la prochaine tranche. Il s'est limité à déclarer : "La bonne nouvelle, c'est que nous avons résolu les gros problèmes concernant les réformes à faire et maintenant nous n'avons plus qu'à parcourir la dernière ligne droite."
 
Personne ne sait ce que cette dernière ligne droite réserve. Pour Christos Zerbilakis, économiste grec, la situation demeure sans espoir. "Elle dure depuis sept ans et il faut que ça cesse. Je ne sais si ces mesures seront finalement adoptées. Mais, pour nous, cela ne va rien changer. L’économie plonge totalement. Plus de 400 000 entreprises ont fermé, nous avons 28% de chômage. Un tiers de la population est sous le seuil de pauvreté. Nous devons nous débrouiller tout seuls."

Allègement de la dette d'ici l'été 2017

Les Grecs ont l’impression de voir jouer la même pièce de théâtre depuis sept ans. Promesses non tenues, nouvelles exigences des créanciers, négociations qui trainent et qui finissent toujours par une capitulation démoralisante. Pour Christos Zerbilakis, électeur de  gauche, l'arrivée du Syriza, parti de la gauche radicale au pouvoir, n’a rien changé. Au contraire. "Il tue l’espoir, c’est pire que tout !"
 
Le troisième plan d’aide à la Grèce, décidé en juillet 2015 et prévoyait un prêt de 86 mrds€, doit s'achever en Juillet 2018. La Grèce dégage un excédent budgétaire de 3,5%, hors service la dette, avant la date prévue. Elle a donc atteint ses objectifs. Mais, les créanciers ont voulu s’assurer que cette austérité continuera au-delà de cette date, quel que soit le gouvernement en place.

Le gouvernement grec s’est engagé de son coté à palier à cette nouvelle austérité par des mesures sociales et fait miroiter l’allègement de la dette estimée à 180% du PIB d'ici l’été 2017. "Nous serons prêts pour que toutes les pièces
du puzzle soient en place pour la discussion sur l'allègement de la dette ", a déclaré le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos.
 
En Grèce, plus personne n'y croit vraiment. D'autant que la question de savoir si le gouvernement pourra faire passer ces nouvelles réformes au Parlement - où il bénéficie d’une très faible majorité -, reste  entier.

Lire aussi :
Athènes accepte les réformes demandées par ses créanciers


Angélique Kourounis, à ATHÈNES


Lundi 10 Avril 2017



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