La tension monte à l'égard de la SyrieAlors que l'Union européenne vient d'élargir les mesures restrictives à l'égard de la Syrie, la ligue arabe maintient la pression sur Bachar el-Assad et les pays de la région prennent des positions divergentes.
La Ligue arabe s'impose dans le dossier syrien (logo Ligue arabe)
SYRIE / MONDE ARABE / UNION EUROPÉENNE. Alors que la Ligue arabe vient de suspendre la Syrie de ses activités, l'Union européenne annonce pour sa part de nouvelles sanctions. Mais à Damas, on estime que la crise touche à sa fin.
La tension monte inexorablement entre la Syrie et la communauté internationale. La Ligue arabe qui s'est réunie encore une fois le 12 novembre 2011 au Caire, a décidé d'accroître la pression sur Damas en suspendant la participation de la Syrie de ses activités et en la menaçant de sanctions. La Ligue souhaite ainsi pousser le régime de Bachar el-Assad à appliquer la feuille de route arabe proposée par ses soins et adoptée pleinement par les Syriens le 2 novembre 2011. Ce plan prévoyait notamment l'arrêt des violences dans le pays, alors que des dizaines de morts sont toujours enregistrées chaque jour. À noter que la Ligue arabe, qui est actuellement présidée par le Qatar, n'aura pas attendu le délai de quinze jours donné lors de la feuille de route, pour se réunir à nouveau. Déterminée, la Ligue arabe doit d'ailleurs se réunir à nouveau mercredi 16 novembre à Rabat, cette fois. En préalable, le secrétaire général de l'organisation, Nabil el-Arabi a rencontré lundi 14 novembre 2011 au Caire, des opposants syriens au régime. Le Liban se prononce contre la suspension de la Syrie
La Syrie a fortement réagi à la décision de la Ligue arabe, la qualifiant "d'un pas dangereux". Le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid Mouallem, a par ailleurs affirmé que son pays "ne fléchira pas". Selon lui, la Syrie "paie le prix de ses positions fermes", mais elle "en sortira plus forte". "Les complots ourdis contre (elle) échoueront".
Lundi 14 novembre 2011, les autorités syriennes annonçaient leur intention de boycotter les Jeux arabes qui se tiendront en décembre 2011 à Doha, au Qatar, pour protester contre cette suspension. Mis au ban par les pays membres de la Ligue arabe, à l'exception du Liban qui s'est prononcé contre la suspension de la Syrie et de l'Irak qui s'est abstenu, Damas peut pour l'instant encore compter sur le soutien de ses alliés russes et chinois. Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a ainsi condamné le 14 novembre 2011, la décision de la Ligue arabe, la jugeant "incorrecte". La Chine a encouragé de son côté la Syrie à mettre en œuvre la feuille de route arabe, sans soutenir d'éventuelles sanctions. Le gouvernement libanais, qui a été attaqué par l'opposition pour sa position prise à la Ligue arabe, s'est justifié par la voix de son chef de la diplomatie, Adnane Mansour. « Si Beyrouth avait approuvé la décision de la Ligue, qui prévoit des sanctions économiques contre la Syrie, ou même s’il s’était, à l’instar de l’Irak, abstenu de voter, Damas aurait réagi immédiatement en fermant la frontière avec le Liban ou du moins en entravant le mouvement de transit », a-t-il affirmé, selon L'Orient-le-Jour. La fin de la crise est proche, selon les officiels syriens
La Turquie a jugé de son côté que l'on "ne pouvait plus faire confiance aux autorités syriennes", selon une déclaration du ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu devant le Parlement turc, affirmant aussi "se tenir aux côtés du peuple syrien dans sa lutte légitime".
Le roi Abdallah II de Jordanie, touché lui aussi dans son pays par des manifestations depuis plusieurs mois, a exhorté, dans une interview accordée à la BBC, le président Assad à "quitter le pouvoir". "Il devrait démissionner, mais il devrait aussi créer les conditions nécessaires pour une nouvelle phase de la vie politique syrienne", a-t-il déclaré. Face à ce déluge de critiques, la Syrie reste droite dans ses bottes. Walid Mouallem a ainsi affirmé lundi 14 novembre 2011 que son pays "se dirige vers la fin de la crise". Il a également exclu, lors d'une conférence de presse, toute intervention militaire étrangère en Syrie. "La Syrie n'est pas la Libye. (...) Je suis sûr que la Russie veut jouer un rôle efficace dans le dialogue qui va se tenir (entre le pouvoir syrien et les opposants) et ceci est une chose positive", a-t-il martelé. Mouallem s'est toutefois excusé au nom de son pays pour les attaques contre les ambassades saoudiennes, qataries et turques à Damas et celles des consulats français et turcs à Lattaquié et Alep samedi 12 novembre 2011 au soir par des manifestants pro-régime. La BEI interdite de traiter les prêts en cours avec la Syrie
Côté occidental, l'Union européenne a salué la décision de la Ligue arabe et annoncé de nouvelles sanctions.
Dans un communiqué du 14 novembre 2011 émanant de Bruxelles, le Conseil de l'Union européenne a dit "renforcer les mesures restrictives à l'égard de la Syrie". Et pas des moindres. En effet, à compter de ce jour, la Banque européenne d'investissement a interdiction "d'effectuer des décaissements liés à des accords de prêts existants conclus entre la Syrie et la BEI". Également visés, "les contrats d'assistance technique de la BEI destinés à des projets souverains en Syrie" sont suspendus. Par ailleurs, le Conseil de l'UE a inscrit dix-huit personnes supplémentaires, responsables selon lui de violations de droits de l'homme, sur la liste des personnes faisant l'objet d'un gel des avoirs et de restrictions concernant l'entrée sur le territoire de l'Union européenne. Jenny Saleh, à BEYROUTH
Lundi 14 Novembre 2011
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