La stratégie conquérante du Port de BarceloneEn proie à la crise et à la concurrence des ports de Valence et d'Algésiras, le Port de Barcelone contre-attaque en affichant une stratégie nationale et internationale ambitieuse.
ESPAGNE. Concurrencé par les autres grands ports espagnols, le Port de Barcelone subit la crise de plein fouet, enregistrant un recul de 20,16% du trafic entre janvier et octobre 2009, selon les chiffres de l'Autorité des ports de l'Etat.
La diminution du trafic portuaire est bien moindre chez ses rivaux, Valence, dont le trafic n’a reculé que de 5,5% sur la même période, ou Algésiras (-7,93%). Ils ont bénéficié, ces dernières années, de lourds investissements pour le premier, et d’une position stratégique pour le second. Mais l'Autorité portuaire de Barcelone fourbit ses armes en vue d’une riposte. Après avoir annoncé la baisse de 1% des taxes sur les navires, les marchandises et le transit dès 2010, puis la signature avec Banco Europeo de Inversiones d'un contrat de financement de 150 M€ pour l’agrandissement de ses infrastructures, qui fera passer sa capacité annuelle de trafic de 51 millions à 130 millions de tonnes de marchandises, le Port de Barcelone a lancé une large campagne de communication. Objectif : s’octroyer une part du marché intérieur plus significative et voir plus loin à l’international. A la recherche d’un nouveau marché intérieur
Doté de 112 lignes maritimes régulières et du plus grand nombre de connexions de courte distance (Short Sea Shipping ou SSS) en Espagne, le port de Barcelone est aussi un puissant hub et a notamment doublé le nombre de tonnes transportées entre 1998 et 2008.
Premier port d’import-export ibérique, il cherche aujourd'hui à offrir des services multimodaux à ses clients. « Notre force est de croire que le transport ne s'arrête pas au port, mais doit se prolonger par les axes routiers et ferroviaires », a souligné Jordi Valls, président de l’Autorité portuaire de Barcelone lors d’une conférence le 23 novembre 2009 à Madrid, destinée à séduire les chefs d'entreprises de la région. Ainsi, le port catalan mise en priorité sur l'axe de chemins de fer Lisbonne-Madrid-Barcelone, qui lui permettrait de bénéficier du dynamisme de la capitale. La Corogne-Burgos-Barcelone est le second axe ferroviaire sur lequel il s'appuie et qui dessert les régions industrielles de la péninsule d'est en ouest. Le défi de l’internationalisation
La stratégie de développement est aussi internationale. Ainsi, l’entreprise veut offrir un service de transport reliant la capitale catalane à la zone industrielle de Milan, dès avril 2010, et mettra en place, en janvier 2010, un axe logistique Toulouse-Barcelone.
La grande préoccupation du port reste toutefois les flux de marchandises asiatiques. « Nous ne comprenons pas pourquoi 75% des marchandises provenant d’Asie parviennent en Europe par les ports du Nord du continent », s’est indigné Jordi Valls. Une réalité que ce dernier considère comme « une aberration du point de vue écologique car cela suppose plus de temps de transport entre le producteur et le consommateur, et économique puisque cela entraine des détours pour les marchandises ». Le port de Barcelone entend miser sur sa situation géographique pour s’imposer comme un hub incontournable. « Nous cherchons, dès 2010, à attirer ce trafic asiatique pour devenir le carrefour de trois continents : l’Asie, l’Afrique et l’Europe », conclut la directrice commerciale Rosa Puig. Lire aussi: L'Espagne présente son projet ferroviaire de la Méditerranée à la mer Cantabrique Le Port de Barcelone accélère les contrôles Ports espagnols : Valence progresse mieux qu’Algésiras et Barcelone Le port de Barcelone s’amarre à Béziers Anna Casal, à BARCELONE
Lundi 7 Décembre 2009
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