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La semaine de tous les dangers pour l'Egypte


L’Égypte se prépare à voter lors du référendum pour approuver ou non la future constitution. Les résultats des urnes devraient ne livrer rien de moins que l'avenir du pays.



La violence a gagné les rues des villes égyptiennes (photo F.Dubessy)
La violence a gagné les rues des villes égyptiennes (photo F.Dubessy)
ÉGYPTE. Les 15 et 22 décembre 2012, 83 millions d’Égyptiens votent pour ou contre une constitution qui va engager leur avenir. Le texte, très controversé, a déjà donné lieu à de nombreux affrontements soldés par huit morts et des centaines de blessés. En dépit des 120 000 militaires et 6 000 chars déployés pour protéger les bureaux de vote, cette semaine s'annonce comme celle de tous les dangers.

 

Le pays traverse la plus grave crise politique depuis le renversement d'Hosni Moubarak, en février 2011 provoquant l'inquiétude de ses voisins et des grandes puissances.

 

Les députés européens ont appelé, lors de leur dernière assemblée plénière (10 au 13 décembre 2012), l’Égypte à ne pas « succomber aux réflexes autoritaires » et à « protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales de tous ses citoyens." Les parlementaires demandent aux partisans et aux opposants du président Morsi « de poursuivre la voie de la démocratie dans un esprit de conciliation. » Ils critiquent « les efforts visant à faire adopter la constitution, sans véritable consultation et implication des citoyens. »

 

La nouvelle constitution a été rédigée par une assemblée constituante largement dominée par les Frères musulmans et les salafistes. La quasi-totalité des non islamistes membres de l'assemblée constituante a démissionné pendant les travaux pour protester contre la nature religieuse du texte.

Sauf surprise, la nouvelle constitution devrait être adoptée, car les Frères musulmans restent le seul parti réellement organisé et bénéficient d'une forte assise dans les campagnes et les milieux populaires.


La religion prime sur la démocratie

Le président Morsi a largement inspiré la nouvelle constitution. Photo EEAS, licence CC
Le président Morsi a largement inspiré la nouvelle constitution. Photo EEAS, licence CC
L'opposition accuse la nouvelle constitution d'instaurer la prééminence de la religion sur la démocratie. Les minorités, dont les 10% d’Égyptiens catholiques, craignent de devoir vivre sous le joug d'islamistes.

 

Le texte fait référence dès ses premiers articles à la Charia comme principale source du droit. Il institutionnalise la jurisprudence religieuse et fait de l'université religieuse d'al-Azhar, chargée de « prêcher l'Islam en Égypte et dans le monde entier», un interlocuteur obligé pour tous les sujets relatifs à la Charia. De fait, il donne donc à une autorité religieuse non-élue le pouvoir de dire le droit.

 

La constitution multiplie les zones d'ombre et imprécisions qui ouvrent la porte à tous les abus. Les peines pourraient ainsi être décidées en fonction de Charia alors que la police devrait faire respecter la «morale publique». Les médias devront obéir à un Conseil national chargé de la préservation des «valeurs et des principes de la société». Ils ne pourront critiquer les messages religieux. La loi religieuse primera sur le respect des droits civiques.



Gérard Tur


Vendredi 14 Décembre 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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