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La réunification de Chypre reste à l'ordre du jour


Réunis à Genève, toutes les parties intéressées à la réunification de Chypre ont avancé sur le dossier. Si plusieurs points semblent acquis, reste la présence des militaires turcs sur l'île méditerranéenne à régler.



Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres entouré de Nicos Anastasiades, président de la République de Chypre et de Mustafa Akinci, chef de la communauté chypriote turque (photo : Onu/Jean-Marc Ferré)
Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres entouré de Nicos Anastasiades, président de la République de Chypre et de Mustafa Akinci, chef de la communauté chypriote turque (photo : Onu/Jean-Marc Ferré)
CHYPRE. Jamais la réunification de l'île de Chypre, divisée depuis l'invasion du nord de l île par l'armée turque en 1974, n'a semblé aussi proche depuis l’échec cuisant du référendum sur cette même réunification voici douze ans. Et, beaucoup plus récemment, la séparation sans solution des belligérants en novembre 2016 d'une réunion en Suisse.

A Genève, les discussions reprennent depuis jeudi 12 janvier 2017. Si tout le monde commence à y croire à nouveau, c’est que les communautés chypriotes turque et grecque se mettent à la place l'une de l'autre dans ces négociations comme l'explique Thanos Dokos président fondateur d’ Eliamep, la fondation grecque des relations européennes et étrangères du pays. "Ces deux hommes (ndlr : les deux responsables de chaque partie) ont montré durant toute leur carrière qu'ils veulent non pas à un solution dans l'intérêt de leur communauté mais aussi qu'ils sont prêt à discuter des inquiétudes de l'autre. Si nous loupons cette occasion, il sera difficile de trouver d'autres personnes du même gabarit" indique-t- il.  
 
Pour la première fois également les puissances garantes:  la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni sont conviées à remettre une feuille de route en vue de cette réunification. Les deux communautés ont même échangé des cartes de la future répartition géographique des deux entités.

Le conseiller spécial sur Chypre de l'Onu, Espen Barthe Eide, affirme que "les pourparlers sont sur la bonne voie" (photo : Onu/Violaine Martin)
Le conseiller spécial sur Chypre de l'Onu, Espen Barthe Eide, affirme que "les pourparlers sont sur la bonne voie" (photo : Onu/Violaine Martin)
En fait  si les points les plus  épineux, la répartition des pouvoirs, le retour des réfugiés, l'indemnisation des biens spoliés, peuvent trouver une solution, la question du départ des quelque 40 000 soldats turcs coince.
Athènes a martelé qu'il s'agit d'une condition sine qua non. D'autant qu'elle-même accepte, tout comme Londres, de lever sa tutelle  sur l'île. Mais, Ankara refuse catégoriquement pour des raisons de sécurité. " Toute la question se trouve là. Est-ce que la Turquie va accepter une solution sans garanties. Pour moi, c'est la ligne rouge. Je peux m'imaginer vivre avec des Chypriotes-Turcs, même si je n'ai jamais vécu avec eux, mais pas avec le soldat turc au-dessus de ma tête" , commente George Georgiou, chypriote-grec.
 
Nicosie et Athènes, pour qui l’armée turque est un armée d'occupation, demeurent fermes sur ce point. Les deux capitales estiment que le rattachement à l'Europe de tout le territoire de Chypre s'avèrent une garantie suffisante pour la sécurité des deux communautés. La réaction du président turc Recep Tayyip Erdogan ne s'est pas faite attendre. "Le retrait total des soldats turcs est hors de question", a-t-il affirmé.

Chypre, qui compte un million d'habitants, est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réponse à un coup d'Etat ourdi par les Colonels grecs en vue de rattacher l'île méditerranéenne à la Grèce. Cette invasion a provoqué d'importants déplacements de populations. La République de Chypre (dont l'autorité ne s'exerce que sur la partie sud de l'île) est membre de l'Union européenne depuis 2004.
Les Chypriotes turcs habitent eux dans la République turque de Chypre du Nord (RTCN), qui occupe actuellement entre 36 et 37% de l'île et n'est reconnue que par Ankara.

Afin de mettre un terme à ce conflit, le nouveau secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, est venu spécialement de New York pour présider, jeudi 12 janvier 2017, la première conférence multilatérale consacrée à Chypre, avec les trois "garants" de la sécurité de l'île: Grèce, Turquie et Grande-Bretagne. "Nous sommes très proches d'un règlement", a-t-il déclaré. Tout en appelant à la patience : "vous ne pouvez pas attendre des miracles ou à des solutions immédiates (...) Nous ne cherchons pas une solution rapide, nous cherchons une solution solide et durable pour la République de Chypre et pour les communautés de la République de Chypre."
Médiateur de l'ONU, le Norvégien Espen Barthe Eide - qui suit les négociations depuis mai 2015 - estime lui qu'il existait aujourd'hui "la 
meilleure chance" de régler le problème chypriote.  
 
Les ministres des Affaires étrangères grec Nikos Kotzias, turc Mevlut Cavusoglu et britannique Boris Johnson avaient de leur côté fait le déplacement pour participer à la conférence chargée de garantir la sécurité du futur Etat chypriote alors que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini se trouvaient également présents en tant qu'observateurs. 
 
La première session s'est achevée tôt vendredi 13 janvier 2017 au matin et les délégations vont poursuivre maintenant les travaux à un niveau "technique", après le départ des ministres et des hauts responsables.
Espen Barth Eide a précisé qu'un "groupe de travail" se réunirait mercredi 18 janvier 2017 pour formuler des "propositions" en vue d'une nouvelle session plénière de la conférence.


Thomas Iacobi, à ATHENES


Lundi 16 Janvier 2017



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