La réparation navale industrielle sur la sellette à MarseilleUn grand rassemblement des salariés de la filière portuaire se déroule ce mercredi 18 février 2009 au matin, sur le site d’Union Naval Marseille, la dernière grande entreprise de réparation navale du port.
Le 13 février dernier, les employés d'UNM avaient fermé l'accès à leur direction pour dénoncer les procédures de licenciement (Photo NBC)
FRANCE. Ouvriers, chaudronniers, sableurs d’Union Naval Marseille sont sur le pont ce mercredi 18 février 2009 à l’appel du syndicat CGT de la réparation navale. Les employés de cette entreprise, en grève toute la journée, ont été rejoints par les adhérents de l’Union des syndicats de la métallurgie, les dockers, les agents portuaires, marins et les employés de la douane.
Le cortège a prévu de quitter le port et se rendre en préfecture à Marseille, où ils entendent manifester et apporter leur soutien aux 42 salariés d’UNM accusés par leur direction d’entrave à la liberté du travail. "En janvier, sept personnes qui dénonçaient le recours par la direction à des sous-traitants ont été licenciées pour fait de grève. A l’issue d’une assemblée générale, le 6 février dernier, le personnel a lancé un mouvement pour mettre fin à la sous-traitance", explique Noël Kouici, secrétaire de la section syndicale CGT à l’UNM. 42 lettres adressées au personnel pour un entretien préalable
Les salariés s’opposent au recours aux sous-traitants locaux MPS (société spécialisée dans la sécurité et le gardiennage), et aux sociétés étrangères Pol Ship et Indesa. Le 13 février dernier, le ton est monté d’un cran, les salariés ayant décidé de bloquer l’accès au site d’UNM.
A l’issue de ce mouvement social, 42 lettres ont été adressées aux personnels pour un entretien préalable. " Nous avons rencontré le préfet de Région qui nous a annoncé qu’à l’heure actuelle se tient à Valence un conseil d’administration de la maison-mère d’UNM pour savoir si le groupe ne va pas retirer ses billes de Marseille", ajoute, inquiet, Noël Kouici qui se demande si ces procédures de licenciement ne sont pas un prétexte au désengagement du groupe espagnol de la place de Marseille. Malaise au sein de l'entreprise
Le ton grave, il ajoute que le droit d’alerte a été déclenché et que "des commissaires aux comptes et des émissaires du tribunal de commerce" examinent la situation financière de l’entreprise.
UNM, qui emploie 145 salariés et 15 apprentis, aurait fait les frais des grèves perlées des agents du Grand port Maritime de Marseille qui protestent contre la réforme portuaire et qui secoue l’activité globale des deux bassins. "On sait que la SNCM attend un retour à la normale pour faire entrer le Liamone en cale sèche, tout comme le paquebot Orient Queen et le Girolata de la CMN", lance M. Kouici qui refuse de voir son entreprise couler à pic. Ardent défenseur de la réparation navale industrielle lourde, le secrétaire général CGT de la branche, Patrick Castello estime que "la réaction de la direction d’UNM est démesurée au regard de trois heures de grève" et témoigne du malaise qui règne au sein de l’entreprise: "Tous les mois, des cadres démissionnent. Les jeunes qui sortent de l’école de la marine marchande restent deux à trois mois comme chef de bord et quittent rapidement l’entreprise". Lire aussi: Le site de Boluda à Marseille bloqué par les salariés La CGT et le groupe Boluda engagent un bras de fer sur le port de Marseille Nathalie Bureau du Colombier
Mercredi 18 Février 2009
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