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La rencontre gouvernement algérien, patronat et syndicat ne débouche pas sur des décisions majeures


La tripartite gouvernement-syndicat-organisations patronales tenue à Alger le 10 octobre 2013 n’a pas débouché sur des décisions spectaculaires, même si tous les participants ont publiquement affiché leur satisfaction.



ALGÉRIE. La 15e tripartite rassemblant le gouvernement, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), les organisations patronales publiques et privées, le Conseil national économique et social (CNES), des associations et des experts invités à titre individuel a clos ses travaux après une journée seulement.

 

Le crédit documentaire (Credoc) comme mode de paiement des opérations d’importation et la règle des 51/49% relative aux investissements étrangers qui accorde la majorité aux partenaires algériens ont été maintenus.

L’Agence nationale pour le développement de l’investissement (ANDI) devrait voir son statut changer a déclaré le Premier ministre sans préciser dans quel sens irait cette révision qui est encore en cours de discussion.

 

L’épineuse question de l’accès au foncier industriel devrait également faire l’objet de mesures de facilitation.

La rencontre a débouché sur la mise en place de cinq groupes de travail chargés de faire des propositions dans un délai de trois mois.

 

Le premier groupe élaborera le pacte économique et social de croissance. L’UGTA demande quant à elle l’adoption d’un pacte national de croissance économique et sociale.

 

Un second groupe définira les modalités de contribution du Fonds national d’investissement (FNI) au financement de l’investissement public et privé.

 

Le troisième groupe se penchera sur les mesures d’encouragement à la production  nationale. Il est proposé, entre autres, d’autoriser à nouveau le recours au crédit à la consommation au profit exclusif des produits locaux…

 

Le quatrième groupe se focalisera sur la question de l’encadrement des actes de gestion. Le Premier ministre a annoncé la création dans un mois ou deux d’un comité chargé d’étudier cette question. Abdelmalek Sellal a estimé que « la dépénalisation de l’acte de gestion est une mauvaise solution pour un problème réel », sans indiquer de piste précise.

 

Enfin, le 5e groupe cherchera à faciliter l’intervention des entreprises nationales du BTPH dans la réalisation du programme d’équipement.


Une « économie saine et solide »

La rencontre gouvernement algérien, patronat et syndicat ne débouche pas sur des décisions majeures

Dans ses différentes interventions, le Premier ministre a brossé un tableau contrasté de la situation.

Il s’est félicité du caractère sain et solide de l’économie algérienne qui repose sur une bonne situation financière : dette publique quasi nulle, croissance hors-hydrocarbure de 7,1%, épargne publique de 40 à 50% du PIB.

 

Abdelmalek Sellal n’a pas manqué de souligner le rôle des entreprises publiques qui ont enregistré une croissance de 10,8% de leur valeur ajoutée au cours des huit premiers mois de l’année 2013.

 

Le Premier ministre a rappelé que le président Bouteflika avait déclaré que les infrastructures bâties depuis une décennie étaient dignes des pays développés.

 

Le ministre chargé du Budget, Mohamed Djellab, a souligné de son côté que l'Algérie occupe la première place du pourtour méditerranéen en matière de pression fiscale. Le taux de celle-ci s’élève à 20% alors qu'il est de 23% au Maroc, 22 % en Tunisie et de 24 à 44% dans le reste des pays de la région.


« Cela ne peut plus continuer »

Le Premier ministre n’a en revanche pas occulté les limites actuelles de l’économie algérienne. L'Algérie « ne crée pas suffisamment de richesse et d'emplois », a-t-il reconnu. Ceux qui existent "sont créés surtout par la dépense publique», ce qui «ne peut plus continuer ».

 

Le gouvernement a donc choisi d’axer sur la relance de l’industrie. La part de l’industrie dans le PIB doit être portée à 10% contre à peine 4% aujourd’hui.

 

Un autre axe prioritaire réside dans la lutte contre la bureaucratie qui provoque la corruption. Abdelmalek Sellal a rappelé que le remaniement ministériel de septembre 2013 avait donné lieu à la création d’un ministère de la réforme du service public.

 

Le gouvernement compte par ailleurs redynamiser le secteur de la finance par l’introduction prochaine en Bourse d’entreprises et de banques publiques.


Ni « économie autocentrée » ni « libéralisme sauvage »

En économie comme en politique, le gouvernement prône une politique du « juste milieu ».

Abdelmalek Sellal considère ainsi qu’« une économie autocentrée n'est pas du tout viable dans le contexte actuel ». Aussi plaide-t-il pour une rupture avec « la focalisation sur le marché local ». Pour le Premier ministre, il faut « disposer d'une économie nationale diversifiée qui répond à la demande intérieure et [qui s’insère] dans les échanges internationaux ».

 

Le gouvernement encouragera l'émergence « de champions économiques » qui constitueront les fers de lance des exportations algériennes dans certaines filières. Pour lui, ce développement industriel peut se réaliser par le partenariat avec les firmes étrangères. De même proclame-t-il que l’entreprise privée constitue une chance pour l’Algérie.

 

Le gouvernement refuse à l’inverse le « libéralisme sauvage » afin de préserver les intérêts du pays et des citoyens. Il plaide en faveur d’une économie d’« équilibre entre les nécessités de la performance et de la rentabilité et celles d’une politique sociale visant à consolider les droits des travailleurs et atténuer les inégalités ».

 

Sellal affirme qu’il est « illusoire » de fonder la compétitivité sur le coût bas de la main-d’œuvre et de l’énergie.

Le nouveau modèle économique gouvernemental entend ainsi se placer à équidistance du libéralisme sauvage et d’un développement autocentré. Il prône un « libéralisme à visage humain ». Nombre d’observateurs s’interrogent sur la viabilité d’une telle démarche.



A. Belkessam, à ALGER


Vendredi 11 Octobre 2013



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