La relance annoncée de l’Union du Maghreb Arabe.Par Michel Roche, consultant expert du monde arabe et des questions méditerranéennes
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union du Maghreb arabe se réuniront les 17 et 18 février prochains à Rabat. Evoquée à partir d’Alger dans les premiers jours de janvier, la tenue de cette réunion a été confirmée lors de la visite du ministre des Affaires étrangères marocain, M. El Othmani, à Alger, le 24 janvier. Normalisation des relations entre Rabat et Alger La multiplication de ces consultations et le niveau auquel elles se tiennent montrent qu’il faut s’attendre à une relance de l’Organisation et non à une simple reprise des travaux après les printemps arabes. Dans les capitales cet objectif a d’ailleurs été clairement affiché : « il est urgent de réunir le conseil des affaires étrangères pour dégager les perspectives de la coopération intermaghrébine» selon les déclarations officielles publiées lors de la rencontre entre MM. Médelci et Fassi Fihri en novembre 2011 ; cette position a été confirmée lors de la visite de M. El Othmani à Alger, le 24 janvier. Quant au président tunisien, il a lui-même placé son prochain déplacement à Alger et Rabat sous le signe de la « dynamisation du projet de l’UMA » dans son discours du 2 janvier, devant des journalistes algériens, il a également envisagé la possibilité d’organiser un nouveau sommet et exprimé le souhait que celui-ci puisse se tenir en Tunisie. Le message est le même pour Tripoli : s’exprimant à Tunis le 14 janvier, le président du CNT a évoqué la convergence de vues avec ses partenaires sur la réactivation de l’UMA. Le Président mauritanien a tenu le même langage. Renforcement de l'intégration économique
L’Algérie a joué un rôle déterminant dans une évolution qui représente pour elle un choix stratégique. Alger a ainsi multiplié les messages sur la relance de l’UMA comme pour montrer qu’il ne s’agissait pas seulement de l’adhésion à un objectif commun, mais que le pays avait pris l’initiative.
M. Bouteflika a fait savoir qu’il avait lui-même demandé à M. Medelci de se rendre en mission à Rabat en novembre 2011, et le Président algérien a reçu de manière ostensible M. El Othmani lors de son récent déplacement à Alger. En s’engageant sur cette voie l’Algérie qui a réussi à se tenir à l’écart des printemps arabes, souhaite éviter de se trouver isolée au sein d’un Maghreb marqué par une nouvelle donne politique. Il est d’autant plus important pour elle d’établir une relation constructive avec les nouveaux pouvoirs islamistes en place chez ses voisins que des élections auront lieu au mois de mai ; même si la situation est différente de celle qui prévaut au Maroc, en Tunisie ou en Libye, il est plus que probable que les islamistes pèseront à l’avenir dans le paysage politique algérien. Le contenu de ce que pourrait être une relance de l’UMA n’a pas été précisé, mais on peut essayer d’esquisser le contenu de la discussion qui s’engagera au mois de février. La réforme des institutions et le renforcement de l’intégration économique, avec notamment l’instauration d’une zone de libre-échange, sont régulièrement évoqués depuis plusieurs années; il est vraisemblable que ces questions seront reprises. Un bilan des travaux dans les différents champs d’activité de l’UMA et surtout une réflexion sur les développements souhaitables, éventuellement avec des objectifs, sont également à prévoir. Renforcer le contenu des échanges avec les autres organisations Les résultats auxquels l’UMA est jusqu’à présent parvenue sont certes modestes, mais les structures de l’organisation offrent un cadre pour travailler avec efficacité, dès lors que les pays membres en auront la volonté politique. Mardi 31 Janvier 2012
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