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La récession s’accentue au Portugal


La récession s'installe au Portugal, et atteint 3,3 % du PIB en glissement annuel.



le quartier d'Alfama à Lisbonne (photo Marie-line Darcy)
le quartier d'Alfama à Lisbonne (photo Marie-line Darcy)

PORTUGAL.  La récession s’installe au Portugal. Selon les résultats publiés par l’INE, l’Institut national de la statistique, en ce mois d’août 2012, le  PIB s’est contracté de 1,2 % au second trimestre de l’année par rapport au premier. Un recul de l’activité économique pour le septième mois consécutif et qui établit la récession à -3,3% en glissement annuel.

Ce résultat bien qu’attendu surprend, les économistes pronostiquant un léger mieux, après le bon comportement relatif des exportations sur les six premiers mois de l’année. Mais force est de constater que la demande interne subit un nouveau tassement, sous le double effet de la crise et de l’austérité pour y remédier : le recul de la consommation observé à la fin de 2011 et au début de 2012 s'avère une conséquence directe de la levée de l’impôt spécial sur la prime de fin d’année de l’ensemble des travailleurs.  Quant à la contraction du milieu d’année, elle se vérifie après une série d’augmentations des biens et services conjuguées à la remise de la feuille d’impôts sur laquelle est entérinée la fin des avantages fiscaux et des déductions fiscales.

Au premier trimestre de 2012, le bon comportement des exportations permet au Portugal de rester jusqu’à présent dans les limites imposées pour son redressement économique (une récession de -3 % est prévue sur la feuille de route du redressement économique fixée par le FMI et l’Union européenne, contre un prêt de 78 mrds€).  

Ces exportations de biens et services apportaient 11,2 % du PIB portugais au premier trimestre, mais les trois mois suivants - d’avril à juin - elles ne représentaient plus que 6,8 % du PIB. La décélération des exportations s'explique en partie par les difficultés des partenaires traditionnels de l’économie portugaise. En premier lieu, se trouve l’Espagne rattrapée par la crise, et qui pèse 30% des échanges commerciaux portugais.

Dans ce contexte de fragilité internationale, dépendre des exportations pour relancer l’économie risque vite de se transformer en modèle dépassé. L’augmentation globale de 9,1 % des exportations sur les six premiers mois de l’année est présentée comme un beau succès par les autorités. Mais dans la réalité, deux phénomènes contribuent de manière quasi artificielle au boum des exportations : la vente d’or et de combustibles. Les exportations du métal précieux ont augmenté de 83 % au premier semestre de 2012 (383 M€), tandis que les ventes à l'extérieur de combustibles et lubrifiants effectuaient un bond de 49% ( 1,85 mrd €).

Dans les deux cas, il s’agit d’un reflet du désarroi des consommateurs : ils se débarrassent de leurs bijoux pour obtenir quelques liquidités, et ils réduisent considérablement l’usage de leurs véhicules, contribuant à l’augmentation des stocks disponibles.


Une rentrée préoccupante

« J’ai confiance que malgré les difficultés externes, nous réunissons les conditions pour que 2013 soit une année de stabilité pour notre pays et de préparation à la récupération économique du Portugal ». Les déclarations du Premier ministre Pedro Passos Coelho au cours du meeting de rentrée de son parti, le parti social-démocrate, le 13 août 2012, ont révélé un glissement sémantique : jusqu'à présent le chef du gouvernement avait fixé à 2013 la sortie de crise, mais désormais il évoque plutôt une inversion de tendance à partir de 2013. Les mauvais résultats du Portugal pourraient conduire le gouvernement à faire adopter un nouveau budget rectificatif avant la fin de 2012.

Le chômage atteint 15 % de la population - le double de 2007-2008, avant la crise - les Portugais redoutent l’annonce de nouvelles ponctions, et en particulier la répétition de la levée exceptionnelle de la prime de fin d’année.

Alors que l’entrée en vigueur du nouveau Code du travail le 1er août 2012 a déjà provoqué des grèves sectorielles pour protester contre le tarif des heures supplémentaires, désormais payées 25 % supplémentaires et non plus 50 %, des remous sont à prévoir dans l’éducation et la santé à la rentrée. La CGTP - la grande centrale syndicale proche des communistes - affûte sa riposte et organisera une « marche pour l’emploi » en octobre 2012.





Mercredi 22 Août 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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