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La question de l'emploi au coeur de la campagne des législatives tunisiennes


Les élections législatives se tiendront ce dimanche 26 octobre en Tunisie. Au centre des promesses de campagne : l’emploi. Un sujet toujours sensible quatre ans après la révolution.



Les élections législatives se tiendront le 26 octobre 2014 en Tunisie (photo F.Dubessy)
Les élections législatives se tiendront le 26 octobre 2014 en Tunisie (photo F.Dubessy)
TUNISIE. « Nous avons fait baisser le taux de chômage de 19% à 15,2% en trois ans », se vante Imed Rezgani, membre du bureau des études et de la planification d’Ennahda. Un bilan que le mouvement islamiste, vainqueur des précédentes élections de 2011, partage avec les deux formation centristes de sa coalition (Congrès pour la République et Ettakatol), et le gouvernement de technocrates à qui il a laissé la place fin janvier 2014.
 
Ce bilan ne fait pourtant pas rêver Hassan, la vingtaine : « je n’y crois pas à leurs statistiques », s’exclame-t-il, « le problème ici, c’est qu’elles sont imaginaires, gonflées, les partis n’ont pas de projets réalistes et clairs. » 

Aujourd’hui en campagne, Ennahda promet de réduire le taux de chômage à moins de 10% en créant 500 000 postes d’emploi d’ici cinq ans. Nidaa Tounes (l’Appel de Tunisie), son principal rival dans cette course, s’engage lui à créer des postes par palliers :  70 000 dès 2015, et 10 000 de plus chaque année, pour arriver à 110 000 nouveaux emplois en 2019. Tandis que le Front populaire, coalition de gauche, opte de son côté pour une vision encore plus graduelle. « On ne peut créer plus de 45 000 emplois par an dans les deux années à venir, mais dès 2017 on passera à plus de 60 000 pour arriver à 100 000 créations en 2019 », assure Houcine khili son expert en développement. 

Réformer l'enseignement supérieur

Les partis multiplient les promesses pour l'emploi (photo F.Dubessy)
Les partis multiplient les promesses pour l'emploi (photo F.Dubessy)
Cette bataille de chiffres n’inspire pas les électeurs. Mahmoud, diplôme de mécanique générale en poche depuis sept ans n’a jamais travaillé, et il ne sait pas encore pour qui voter. « Les programmes c’est des idéaux, des généralités, ils se ressemblent tous, mais comment les partis vont-ils créer tous ces postes ? », s’interroge-t-il. 
 
Pour Jean-Luc Berlasconi économiste principal à la Banque Mondiale, ces chiffres sont pourtant réalistes : « La Tunisie pourrait créer un million d’emplois en dix ans, soit 100 000 nouveaux postes par an, mais cela nécessite des réformes profondes. L’ouverture du marché pourrait ainsi en apporter 50 000, la reforme bancaire 30 à 40 000. » 

Parmi les grandes recettes avancées par les partis,  la réforme de l’enseignement supérieur. Tous font le même constat : les formations ne sont plus en adéquation avec le marché de l’emploi. Résultat, le taux de diplômés chômeurs devient particulièrement alarmant. Il s’élève actuellement à 31,4% selon l’Institut national de la statistique. 

Encourager l’initiative personnelle

« La jeunesse a qui on a promis qu’elle trouverait un travail en étudiant a été trompée », déplore Saïd Aïdi, Ministre de l’emploi au sein d’un gouvernement d’Union nationale de janvier à décembre 2011, aujourd’hui membre du bureau exécutif de Nidaa Tounes et candidat dans la capitale. « En dix ans les effectifs ont doublé, le nombre de diplômés a été multiplié mais le modèle de développement du pays n’a pas suivi », précise-t-il. 
 
Ennahda promet de réduire de moitié le chômage des diplômés, en faisant notamment participer le secteur privé dans les grandes orientations du système scolaire. Nidaa Tounes et le Front populaire insistent eux aussi sur une réforme profonde des systèmes d’enseignement mais aussi de formation professionnelle.

« Il faut créer des postes d’emploi mais aussi encourager les Tunisiens à s’établir à leur compte pour réduire sensiblement le chômage », assure Houssem Taabouri, autre expert d’Ennahda. Pour les aider, le mouvement propose d’ encourager les groupements d’intérêt économique pour petites entreprises. L’encouragement à l’entrepreneuriat fait aussi partie des priorités de Nidaa Tounes, qui insiste sur une plus large prise en charge par l’Etat. 

« Le tissu économique est basé principalement sur des micro entreprises, 84% ne recrutent personne et n’ont qu’un seul employé, il faut promouvoir leur évolution », regrette Mohamed Haddar, président de l’association des économistes tunisiens. Mais il appelle à la patience : « Les préalables à toute relance sont la stabilité politique et sociale et la sécurité. Les années à venir seront difficiles,  j’ai l’impression que beaucoup ne réalisent pas cela, malheureusement tous les partis nous promettent beaucoup de choses mais il faudra se serrer la ceinture. »




Mercredi 22 Octobre 2014



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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au groupe d’analyse
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