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"La production automobile algérienne n'existe pas"


Suite aux nouvelles mesures de la loi de Finance complémentaire 2009, les concessionnaires algériens réfléchissent à la nécessité de faire émerger une production locale, reconnait Mohamed Bairi, le président de l'AC2A. A l'occasion de la 13e édition du Salon international de l'automobile (SIA), il décrypte un marché algérien toujours aussi acheteur de véhicules neufs en pleine crise mondiale.



Mohamed Bairi, président de l'AC2A  (photo DR)
Mohamed Bairi, président de l'AC2A (photo DR)
ALGERIE. Mohamed Bairi est le directeur général d’Ival, la société qui commercialise les marques Fiat, Iveco et Mazda. Il est par ailleurs président de l’AC2A, l’Association des concessionnaires automobiles d'Algérie qui regroupe les principales marques à travers 30 adhérents. En 2008, le secteur automobile a payé 5 mds DZD (48 M€) en impôts et taxes. Il emploie 10 000 personnes et génère 30 000 emplois indirects.

Econostrum.info : La décision des autorités de délocaliser le débarquement des véhicules transportés par car-carries vient d'entrer en application. Qu’en pensez-vous et quelles en sont les conséquences les plus notables ?

Mohamed Bairi : Nous ne sommes pas opposés à cette décision qui permettra de désengorger le port d’Alger .

Nous aurions seulement souhaité son report pour avoir suffisamment de temps pour nous préparer. La décision d’interdire l’accostage au port d’Alger à tous les navires transportant des véhicules et de les orienter sur les ports de Djejdjen (à l’Est), Ghazaouet  et Mostaganem (à l’Ouest) a été prise le 17 juillet 2009 pour être appliquée le 1er octobre. Avec les vacances et le ramadan, le laps de temps a été trop court.

Au niveau des nouveaux ports, il existe une disponibilité et une volonté, mais il reste à voir comment cela va se traduire concrètement.

Nos zones sous douanes se trouvent à Alger. Tous les véhicules devront rejoindre ces zones pour être dédouanés. Le trafic sur le port d’Alger a certes diminué de moitié, mais celui sur les routes a grandement augmenté.

Avant cette décision, 40% des véhicules qui étaient débarqués à Alger étaient destinés à l’Algérois. 30% à l’Est et 30% à l’Ouest du pays. Il aurait était plus simple de laisser les 40% arriver à Alger et d’envoyer le reste en direction des autres ports. D’autant qu’il existe peu de transporteurs spécialisés.

Acharnement ou régulation ?

L'AC2A est présente au SIA qui se tient à Alger jusqu'au 10 octobre (photo AB)
L'AC2A est présente au SIA qui se tient à Alger jusqu'au 10 octobre (photo AB)
Econostrum.info : Certains concessionnaires qualifient ces mesures d’acharnement contre les concessionnaires automobiles. Quel est votre avis ?

Mohamed Bairi : Le gouvernement considère la situation de l’ensemble du pays, et non pas du seul secteur automobile. Sa priorité est de réduire les importations en général et celles des véhicules en particulier.

Il faut admettre que si les importations sont aussi importantes, c’est parce que la production locale n’existe pas.

Cela nous a donné, en tant que représentants de marques, à réfléchir et à nous poser les bonnes questions.

Econostrum.info : Comment aller vers la création d’un tissu industriel local ?

Mohamed Bairi : Nous avons des contacts avec les entreprises présentes dans la sous-traitance en général et celles produisant des pièces automobiles en particulier. Plusieurs d’entre elles sont prêtes à investir ce créneau en créant un tissu industriel.

Cela permettra, entre autres, de venir à bout du problème des pièces de rechange contrefaites.

Entre voitures normées ou accessibles

Econostrum.info : Comment expliquez-vous que la demande d’achat de véhicules neufs soit toujours aussi importante ?

Mohamed Bairi : De nombreux citoyens se tournent vers l’automobile à cause de l’insuffisance des transports publics. Les offres de véhicules low cost foisonnent et les homologations ne constituent pas un obstacle.

Econostrum.info : La question lancinante des normes revient toujours…

Mohamed Bairi : Les normes sont un outil de régulation. Les normes laxistes permettent "l’existence" de véhicules à bas prix, mais de médiocre qualité et, plus grave encore, de véhicules dangereux sur les routes.

Des normes fortes signifient moins de morts sur les routes, mais les petites bourses seront exclues du marché. Reste le choix d’un compromis politique en la matière.

Lire aussi :
Le port d’Alger ne reçoit plus de marchandise non conteneurisée
Le port d’Alger cherche à se désengorger


A. Belkessam, à ALGER


Vendredi 2 Octobre 2009



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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