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La logistique s'adapte au marché du vin



Malgré les inerties d'un secteur du vin où les traditions font souvent partie du métier, les viticulteurs se rendent à la réalité du marché : pour assurer la bonne commercialisation de la production, il faut un service de transport et de logistique adapté.



Dégustation au Salon Vinisud 2012 (photo: F.Matéo)
Dégustation au Salon Vinisud 2012 (photo: F.Matéo)
FRANCE. Les logisticiens ont su se mettre à la hauteur d'une production viticole qui n'a cessé de monter en gamme ces dernières années, privilégiant la qualité au dépens de la quantité.

Le vignoble du Languedoc-Roussillon, dont la superficie s'est réduite de 25% en une décennie, témoigne de cette évolution, avec des vins qui ont atteint une renommée internationale et qui continuent de gagner des parts de marché à l’export, grâce notamment à l'appui marketing de la marque Sud de France.

C'est dans cette région (qui reste la première zone de production de France par sa superficie), plus exactement à Rivesaltes, que Éric Nazon a inauguré il y a quelques années une structure de stockage et préparation de commandes exclusivement dédiée au vin. Cette filiale logistique des transports Raymondis, baptisée Vinôtel, propose 6 000 m² d'entrepôts sous température et hygrométrie contrôlées. La sécurité du site -à travers la vidéo-surveillance et la restriction des accès- est par ailleurs un atout pour des producteurs qui entreposent parfois des vins de grande valeur.

Au fil des ans, les professionnels de la vigne se sont laissés convaincre : « Les vignerons qui externalisent leur logistique ont compris que nous sommes des spécialistes de cette chaîne administrative et opérationnelle qui va du producteur au consommateur, et que nous allons donc leur apporter un service qui va les aider à mieux vendre », explique Éric Nazon.

Habillage des bouteilles

Les Transports Veynat, spécialistes du vin, ont mis en place une certification ISO 22 000 (photo : F. Matéo)
Les Transports Veynat, spécialistes du vin, ont mis en place une certification ISO 22 000 (photo : F. Matéo)
Vinôtel a fait école, comme en témoigne la prochaine ouverture, à Béziers, des entrepôts de la société Épigone, filiale des Transports Peyrot. La nouvelle structure de 12 000 m² permettra de stocker jusqu'à 30 000 palettes dans les meilleures conditions d'hygrométrie et de température.

Le directeur d’Épigone, Philippe Cahusac, rappelle l’évolution de la logistique du vin, qui est passée ces dernières années « de la simple location d'emplacements jusqu'à la préparation de commandes en carton, puis à la bouteille, et maintenant nous faisons même de l'habillage ». La société Épigone propose en effet à ses clients de faire leur propre mise en bouteilles sans étiquette (tiré-bouché), puis les vins sont stockés en Pal Box et étiquetés au moment de la préparation des commandes, selon la destination et les caractéristiques réglementaires du pays d'expédition.

Le plus étonnant sans doute, c'est de constater que ce qui vaut pour la bouteille s'applique désormais aussi au vrac. « À une certaine époque, personne ne faisait attention à l'oxygénation des vins par exemple, alors que nous avons aujourd'hui des contrôles beaucoup plus fréquents et pointilleux sur ce plan », confirme Jean-Baptiste Biron, dont l'entreprise basée sur le port de Sète assure le stockage et le transport maritime de vin en vrac. Autre opérateur de référence sur ce segment, les Transports Veynat ont même choisi de s'imposer la certification ISO 22 000 pour garantir toute leur chaîne logistique.

Une logistique globale

Une des tables rondes organisée lors de Vinisud par Sud de France Développement, Translog Sud de France et econostrum.info. De gauche à droite, Richard Arditi, transitaire (Eurofret) et président du syndicat des transitaires de Marseille-Fos, Guillaume Briola, responsable activités Short Sea Shipping au sein de la direction développement du Port de Marseille Fos, Frédéric Dubessy, rédacteur en chef d'econostrum.info, Marc Chevalier, président du Port de Sète, Nordine Taha, responsable service international d'Hillebrand Group, et Jean-Baptiste Biron, PDG de Biron SA (photo F.Matéo)
Une des tables rondes organisée lors de Vinisud par Sud de France Développement, Translog Sud de France et econostrum.info. De gauche à droite, Richard Arditi, transitaire (Eurofret) et président du syndicat des transitaires de Marseille-Fos, Guillaume Briola, responsable activités Short Sea Shipping au sein de la direction développement du Port de Marseille Fos, Frédéric Dubessy, rédacteur en chef d'econostrum.info, Marc Chevalier, président du Port de Sète, Nordine Taha, responsable service international d'Hillebrand Group, et Jean-Baptiste Biron, PDG de Biron SA (photo F.Matéo)
Sur un marché du vin qui reste soutenu, notamment à l'exportation, les coûts générés par ces nouveaux services logistiques sont généralement intégrés au prix de vente de la bouteille. D’autant qu'ils restent relativement faibles par rapport aux tarifs de commercialisation des vins de grands domaines et autres productions viticoles haut-de-gamme.

En moyenne, le service logistique proposé dans un entrepôt comme Vinôtel coûte huit euros par mois pour une palette de 600 bouteilles, uniquement pour le stockage, car il faut ajouter le prix des services concernant la préparation de commandes. Mais il faut également considérer les économies d'échelle qui sont générées par cette externalisation de la logistique du vin, puisque le regroupement des bouteilles permet de « massifier » le transport, et par conséquent de réduire les coûts de « ramasse » et de livraison.

Pour les producteurs qui vendent leur vin à l'export, cette exigence de maîtrise de la logistique est même quasiment devenue une obligation, car le service s’intègre dans une chaîne où tous les outils existent pour maîtriser notamment les températures afin de maintenir constamment le vin à 15°, de la sortie du domaine jusqu'à l'acheteur : dans le transport en amont, dans les entrepôts des ports d'expédition, sur les bateaux,où les containers sont connectés à la passerelle pour un contrôle permanent, puis branchés au port d'arrivée sur leur prise frigo (reefer) en attendant leur dédouanement. « À Marseille et Fos, nous disposons au total de 750 prises reefer », précise. Guillaume Briola, responsable des activités Short Sea Shipping au sein de la direction du développement du port de Marseille-Fos.

Marseille : porte de l'Asie

Chargement de vin en vrac sur le port de Sète (photo : DR)
Chargement de vin en vrac sur le port de Sète (photo : DR)
Car le vin est devenu l'un des axes de développement du port de Marseille, où le trafic des Vins et Spiritueux a représenté un tonnage de 270 000 tonnes en 2011 ; la part des exportations est prépondérante, avec un total de 235 000 tonnes l'an dernier, soit 25 000 EVP (+ 18% par rapport à l'année précédente).

Les volumes expédiés vers l'Asie enregistrent une croissance sensible entre 2007 à 2011, puisque les exportations augmentent de 543% vers la Chine et de 175% vers Hong-Kong. « Le démarrage des terminaux à conteneurs Fos 2XL dans leur configuration définitive en mars 2012 nous permettra d’accompagner le marché en pleine croissance des exportations de vins et spiritueux français vers l’Asie », ajoute Guillaume Briola.

Un bilan qui montre l'enjeu du marché du vin pour l'ensemble des ports de la Méditerranée, où Sète entend également jouer un rôle. La plateforme portuaire, par où transite 1 million d'hectolitres de vin par an, mise sur son positionnement méditerranéen historique (notamment pour les vins en provenance d'Algérie). Mais surtout : le port de « Sète-Sud de France » profite des investissements de la Région Languedoc-Roussillon pour développer ses infrastructures et son savoir-faire, notamment pour le transport et le stockage des vins en vrac.

Le port de Sète reste ainsi le premier destinataire en Méditerranée des vins en vrac en provenance de Tunisie. La plateforme veut enfin profiter de sa situation géographique, au plus près de la production viticole du sud de la France, pour développer les tonnages à l'export.





Jeudi 1 Mars 2012



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