La grogne des agriculteurs marocains contre les hésitations du Parlement européen ne cesse de s'accroître
MAROC. Le Parlement européen tarde à faire approuver l'accord agricole entre l'Union européenne et le Maroc, ratifié par l’ensemble des États membres de l'UE en décembre 2010 et négocié depuis 2006.
L'accord est perçu pour les agriculteurs marocains comme une résultante du "statut avancé" du Maroc auprès de l’Union européenne depuis octobre 2008 qui prenait acte du caractère stratégique de leur partenariat. La libéralisation des échanges illustrait cette nouvelle étape. Mais l'accord agricole traîne des pieds, les professionnels marocains attribuent cette lenteur à l'existence de lobbies européens qui craingnent une déstabilisation du marché agricole par l'importation massive de produits marocains. « De nouvelles pressions et attaques injustifiées polluent encore le processus de ratification de l’accord », constate un collectif d’associations professionnelles agricoles et agro-industrielles. Les fédérations des agriculteurs marocains assurent que la quantité totale des exportations de fruits et légumes du Maroc vers l’UE représente moins de 0,05% de l’ensemble des volumes échangés en Europe. Le marché de fruits et légumes représente, selon les statistiques européennes, « tout au plus 2,5% des importations intra et extra communautaires » de l'Union européenne envers le Maroc. Les fédérations relèvent également que le nouvel accord ne serait qu'une simple modification d'un accord déjà existant depuis 2013. Le débat, en plénière du Parlement européen, qui était programmé pour octobre prochain, vient d’être différé au mois de janvier 2012. « Ce dossier a trop duré », dénonce pour sa part Younès Zrikem, président de l’Association marocaine des exportateurs (Asmex). Astrid Jousset
Mercredi 21 Septembre 2011
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