La filière du gaz azéri pour approvisionner l'Europe se met en placeTrès convoité pour diversifier l’approvisionnement de l’Europe, le gaz de l’Azerbaïdjan ira bien en Italie, via la Turquie et de préférence dans les tuyaux du gazoduc ITGI. En revanche le projet Nabucco peine toujours à finaliser ses approvisionnements.
Les nombreux projets de gazoduc pour diversifier l'approvisionnement de l'Europe auront du mal à tous se réaliser (photo Botas)
GRECE/ ITALIE/ TURQUIE. En quelques jours, un certain nombre d’interrogations sur la fourniture de gaz par l’Azerbaïdjan à l’Europe ont été levées. Jeudi 17 juin 2010, la compagnie nationale turque du gaz Botas a signé un protocole d'accord avec l'italien Edison et la compagnie nationale grecque Depa pour le transit du gaz dans le gazoduc ITGI («Interconnector Turkey-Greece-Italy), destiné à relier l’Italie à la mer Caspienne via la Turquie et la Grèce.
Dix jours plus tôt, les gouvernements de Bakou et Ankara avaient signé une série d’accords sur l’acheminement du gaz de ce même gisement, avec la fourniture de 11 mds de m3 de gaz naturel chaque année à partir de 2012. Les deux pays étaient en négociation depuis deux ans pour déterminer le prix du gaz azerbaïdjanais, le volume des livraisons et les conditions de leur transit vers l’Europe, via la Turquie. Menace pour Nabucco
Ces sujets sensibles sont des préalables indispensables à la réalisation de plusieurs projets de gazoduc. L’ITGI donc, qui représente un investissement de 1,2 md€ pour une capacité de 10 milliards de mètres cubes de gaz. Il permettra d’interconnecter les réseaux existants des pays intéressés et de construire en Grèce un tronçon de 600 km supplémentaire ainsi qu’un branchement sous-marin de 200 km entre la côte ionienne et le sud de l’Italie. Pour Umberto Quadrino, directeur général d’Edison, la signature de l’accord du 17 juin, va « accélérer la finalisation des contrats d'achat de gaz avec l'Azerbaïdjan ».
C’est bien pour cela que cette signature est perçue comme une menace pour un autre gazoduc, Nabucco, inscrit depuis longtemps dans les projets de l’Union européenne, mais qui peine à se finaliser faute d’argent et de certitude sur son approvisionnement. D’une capacité de 31 milliards de m3 de gaz par an, Nabucco (1), convoite lui aussi le gaz azéri du gisement de Shakh Deniz. Mais il table aussi sur des ressources du Kazakhstan, voire de Turkménie ou de l’Iran. Le casse tête des contrats d'approvisionnement gazier
Long de 3.300 km et représentant un investissement de près de 8 mds€, il bénéficie d’un soutien de 200 M€, confirmé en mars 2010 par la Commission européenne, mais à condition que des contrats d’approvisionnement gazier soient signés avant l’automne 2010. Ce qui est loin d’être le cas.
Enfin le gaz caspien doit aussi alimenter le futur gazoduc Trans Adriatic Pipeline (TAP), porté par le norvégien Statoil, le groupe énergétique allemand EON et le courtier en énergie suisse EGL. TAP doit acheminer du gaz vers l’Italie du sud-est via la Grèce et l’Albanie, avec une capacité annuelle de 10 milliards de m3 qui doit ensuite être doublée. Très décrié, un contrat de fourniture de 5,5 milliards de m3 par an a été signé début mai 2010 avec l’Iran. (1) Le consortium Nabucco regroupe les groupes allemand RWE et autrichien OMV, ainsi que les sociétés publiques Botas (Turquie), Bulgargaz (Bulgarie), MOL (Hongrie) et Transgaz (Roumanie). Lire aussi : La Turquie et l'Azerbaïdjan signent un accord gazier Brigitte Challiol
Vendredi 18 Juin 2010
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